Metz à l’époque du Haut Moyen-âge

Après la chute de l’empire romain, Metz est donc occupée par les troupes barbares, et notamment les Francs. Les royaumes se forment et se transforment, et Metz devient capitale de l’Austrasie au VIème siècle, puis de la Lotharingie au IXème siècle.

Entre constructions et art, la ville sera le berceau des Carolingiens, et gagnera en indépendance sous le pouvoir de l’évêque, qui sera seul maître de Metz au Xème siècle.

Après les invasions barbares, et les formations de petits royaumes, Clovis unifie tous les francs, et ses fils se partagent la gaule en 511.

Théodoric, appelé aussi Thierry, reçoit la région nord : l’Austrasie : le royaume de Reims et l’Auvergne.

A la tête d’un grand territoire peuplé de gallo-romains et de barbares, il installe donc sa capitale d’abord à Reims, puis à Metz surtout.

Les Francs relèvent alors la ville de ses ruines, restaurent les murs romains, le roi et sa cour s’installent dans un palais de la colline Sainte-Croix : la Cour d’ Or (aujourd’hui le musée).

Les rois se succéderont, entre indépendances glorieuses, et semi-autonomies dans un grand royaume franc unifié.

On ne peut éviter de parler de l’époque de la reine Brunehaut, qui symbolise parfaitement l’époque. Fille de la roi des Wisigoths (Barbares installées en Espagne), le roi d’Austrasie l’épouse.

Le mariage est somptueux, et elle amène avec elle d’Espagne encore plus de luxe et d’élégance.


Une fois sa soeur assassinée, elle se lance dans une lutte sans fin contre la belle-soeur de son mari, Frédégonde.

Son mari Sigebert finira assassiné, comme tant d’autres, et ces deux reines éclaboussent de sangs tous les nobles des royaumes.

Brunehaut dirigera l’Austrasie pour son fils, puis pour son petit-fils d’une main extrêmement ferme et autoritaire, dure.

Les grands nobles se retournent contre elle, et la livrent au fils de Frédégonde, qui la torturent et la mettent à mort en l’attachant à la queue d’un cheval indompté. Nous sommes au 7ème siècle.

L’Austrasie rejoindra un grand pays franc, mais avec une certaine autonomie, sous Dagobert (celui qui as mis sa culotte à l’envers) et son fils.

Un Dagobert qui se rapprochera d’ailleurs d’une des grande famille de Metz : celle d’Arnoul.


Très riche, Arnoul contrôle une multitude de territoires entre Metz et Verdun, et sera fait évêque de Metz.

Principal conseiller du roi, il s’associera avec l’autre grande famille, celle de Pépin l’Ancien. Leurs enfants s’uniront dans le mariage, et créeront la dynastie des Carolingiens.

Arnoul se retirera ensuite comme ermite à Remiremont, et sera enterré à Metz.

Entre intrigues politiques, assassinats, crimes, exils, l’Austrasie finit par s’affaiblir.

Puis, elle regagne son pouvoir sous les « rois fainéants » en choisissant les principaux chefs du gouvernement, avant de renverser plus simplement les rois avec Charles Martel, puis Pépin le Bref.

Les Mérovingiens de Clovis disparaissent, les Carolingiens de Metz vont diriger tous les Francs.

Metz se place alors en plein centre du grand royaume complètement réunifié, l’ Austrasie devient la Francia Media.

L’abbaye de Metz accueille la nécropole de la famille royale. Charlemagne, puis son fiston Louis le pieux, admirent la ville.

Après ce dernier, plus de paix.

Les fils de Louis le pieux se partagent le grand empire de Charlemagne  au IXème siècle : Metz revient à Lothaire, pays de la Lotharingie donc, qui formera le mot « Lorraine ».

Les attaques vikings se multiplient, tous les rois se battent pour avoir Metz, intriguent, s’allient et se trahissent. C’est une époque mouvementée…

Au final, la Lotharingie n’a plus de roi. Il lui faut choisir entre rejoindre les francs de l’ouest, ou les germains de l’est.

Ses habitants hésitent, choisissent l’ouest, mais se font envahir et rattacher aux germains en 925.

Le commerce à Metz devient surtout de luxe. La Fournirue par exemple prend son nom parce qu’elle est la rue des fourneaux, des forges, des ateliers d’artistes en or, argent et pierreries.

A noter, le chancel (barrière de décor des églises) de la basilique Saint Pierre-Aux-Nonnains.

Cet ensemble est aujourd’hui une pièce unique et rarissime de la sculpture mérovingienne, connue dans le monde entier, et conservée au musée de Metz.

Entrelacs, animaux, dessins religieux sont gravés dans la pierre.


De magnifiques enluminures et sculpture sur ivoires ont aussi traversé les siècles, ou également une petite statuette équestre de Charlemagne incrustée d’or et de pierres précieuses, aujourd’hui au Louvre.

Les évêques prennent une place de plus en plus importante. Avec l’évêque Chrodegang, Metz se pose comme cité en avance, et modèle pour tous les Chrétiens.

Il réglera par exemple la vie des chanoines (entre les moines et les prêtres), l’applique dans la grande abbaye de Gorze, invente le chant grégorien

L’Eglise de Metz s’enrichit énormément, elle gagne des possessions à Strasbourg, à Liège, à Luxeuil et Besançon, en Aquitaine même !

Entre Immunités et privilèges, la ville de Metz devient un nouvel état politique, une cité dirigée par un évêque de plus en plus fort. Elle devient une véritable cité autonome, dirigé par lui.

Metz avait les atouts pour rester une grande capitale, mais de plus en plus ballottée entre les politiques des souverains, elle renforce petit à petit son indépendance, sous la direction des évêques.

Nous sommes au Xème siècle, étape suivante dans l’histoire de Metz : le temps du Moyen âge central et de la cité indépendante de l’évêque est arrivé.

Navigation rapide dans le dossier « Histoire de Metz » :

 

Sommaire principal
Frise chronologique
Préhistoire
Époque Celte
Époque gallo-romaine
Haut Moyen âge
Moyen âge central
Bas Moyen âge
Début de l’époque moderne
Fin de l’époque moderne
Début du XIXème siècle
XIXème siècle
Début du XXème siècle
XXème siècle
Vers le XXIème siècle

 


Crédits illustrations : www.rennes-le-chateau-archive.com ; Graoully ; Erich Lessing – Art Resource, NY ; lionelcoutinot.club.fr ; lotharingie.com ; Jean Munin – Musées de Metz

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