L’évêché de Metz au moyen âge central

Metz, cité épiscopale et monastique (925-1234).

A la fin du haut moyen-âge au Xème siècle, Metz qui fut la capitale de l’Austrasie puis de la Lotharingie, se replie sur elle-même à cause des crises.

Aidé par le prestige de sa fonction, l’évêque va prendre peu à peu le pouvoir, jusqu’à devenir le véritable maître dans la ville. Il fera de Metz, une ville riche et puissante, prestigieuse. Mais au final, les bourgeois gagneront à leur tour de plus en plus de pouvoir, et finiront par instaurer leur propre régime au XIIIème siècle.

Au Xème siècle, pour mieux la contrôler, la Lotharingie est coupée en deux, entre basse-lorraine et haute lorraine, cette dernière correspond au territoire lorrain d’aujourd’hui, étendu alors jusqu’à Trèves.

Metz devient le chef-lieu d’un évêché puissant, et l’évêque rassemble entre ses mains quasiment toutes les terres autour de la ville, ainsi que les abbayes comme celle de Gorze ou de Saint-Arnoul de Metz.

Puissance territoriale, puissance militaire également : ses vassaux, qui lui doivent le service militaire avec leurs soldats sont par exemple les grands seigneurs de Sarrebruck, de Commercy…

L’évêque résidait alors dans palais à la place de que nous connaissons aujourd’hui comme étant le marché couvert à côté de la cathédrale (ce bâtiment a été reconstruit depuis).

Au départ, le roi est représenté par un comte dans la ville, mais il est de plus en plus remplacé par l’évêque, et fini par disparaître.

Il règne alors en véritable maitre absolu dans sa ville, en vrai prince : il dirige la guerre, les finances…

Une taxe particulière de l’évêque a d’ailleurs été instaurée à cette époque, et à laissé son nom au Pont des Morts (entre le camping de Metz et le lycée Cormontaigne).

Lors d’un décès, les hommes de l’évêque prélevaient comme taxe l’habit le plus riche du défunt, sa revente permettant de réunir un trésor pour l’entretien des ponts en pierre de la ville…

La richesse de Metz sera ce qui la symbolisera par rapport aux autres villes alentours : on décrit alors « le Riche de Metz », « le Saint de Toul », et « le Noble de Verdun ».

Metz est également un lieu de pèlerinage, et la ville peut se vanter par exemple, de pouvoir prononcer la messe dans 67 lieux religieux différents, tous bâtis dans la ville.

Carrefour fluvial et routier, déjà riche, la ville va toujours vers de plus en plus d’abondance. Elle développe par exemple le revenu important du sel et du vin.

Les foires et les marchés s’y réunissent, et sont de plus en plus internationaux.

Pour résoudre les problèmes de monnaies différentes, une corporation du change s’installe place St Louis (sous les arcades), dirigée d’abord par les Juifs d’abords, puis par les Lombards Italiens.

Une bourgeoisie d’affaires se crée, ils sont propriétaires fonciers, font de nombreuses donations aux églises. Avec ce soutien religieux et ses richesses, cette bourgeoisie veut participer au pouvoir, elle entre au conseil de l’évêque.

Entre l’évêque et la bourgeoisie, c’est une vraie puissance qui s’affirme.

Mais entre le XIème et le XIIème siècle, on peut assister à une lutte très grave entre l’Empereur du Saint-Empire Germanique (maître théorique de la ville), et le Pape (maitre théorique de l’évêque) : la « Querelle des Investitures ».

L’ évêque de Metz sera alors déchiré entre ses deux autorités, et son pouvoir s’en affaiblira énormément.

Pour finir, après bien des péripéties, les bourgeois de la ville finissent par le mettre dehors, il s’exile.

De nouveaux évêques arrivent et essaient de s’imposer, on use de violence.

Enfin, les Messins lancent et répondent à des batailles contre leurs voisins qui essaient de profiter du moment pour annexer la ville, et montrer ainsi leur force.

L’ évêque finit par se retirer définitivement à Vic-Sur-Seille, où il construit son château.

Les conseillers bourgeois qui s’étaient imposés sous les évêques et qui s’étaient appelés les échevins sont de plus en plus représenté par leur chef, le maître-échevin.

Avec le départ de l’évêque, le maître-échevin prend le pouvoir. Les nouvelles institutions vont vite se former :

  • le maître-échevin, qui représente la cité,
  • le comité des Treize, les autres échevins qui vont l’aider,
  • le Grand Conseil, assemblée des bourgeois qui donnera son avis.

Toute cette évolution ne s’est pas faite en un jour, et sans crises, mais les échevins finissent par disposer de tous les pouvoirs. Et avec une dernière guerre qui montre leur capacité à contrôler la ville, ils deviennent indépendants totalement.

La cité épiscopale indépendante devient alors une vraie république oligarchique libre, prochaine étape de l’histoire de Metz.

Navigation rapide dans le dossier « Histoire de Metz » :

 

Sommaire principal
Frise chronologique
Préhistoire
Époque Celte
Époque gallo-romaine
Haut Moyen âge
Moyen âge central
Bas Moyen âge
Début de l’époque moderne
Fin de l’époque moderne
Début du XIXème siècle
XIXème siècle
Début du XXème siècle
XXème siècle
Vers le XXIème siècle

 


Crédits illustrations : Kings ; Fleury Édouard – BNF

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