Politique & social

Ré-animation du centre ville : la municipalité sort l’artillerie lourde

La municipalité a présenté, ce vendredi 16 avril 2021, son plan pluriannuel pour réanimer le centre ville de Metz et le redynamiser. Le Maire avait réuni en conférence de presse les adjoints dont les délégations seront mobilisées pour la mise en œuvre de cette stratégie, qui embarque notamment avec elle Inspire Metz (agence d’attractivité et office de tourisme de la Métropole), et la fédération des commerçants.

François GROSDIDIER et son équipe municipale se savent attendus de toute part sur un sujet brûlant, touchant à la fois à l’économie, à la vie et au visage de la ville, mais aussi aux promesses électorales d’avant-covid. Metz Métropole sera également de la partie dans un second temps pour coordonner l’action au niveau des autres communes.

« Metz doit se montrer désirable » et il va falloir le prouver de façon visible et indubitable, autant que le faire savoir aux habitants comme aux touristes, que leur provenance soit régionale, nationale ou étrangère.

Végétalisation, culture et animation, adaptation au commerce d’aujourd’hui, l’objectif est de globaliser l’approche et de mettre en cohérence les différents budgets de la ville, pour produire de concert des effets à court, moyen et long termes, tout en tenant compte du cadre sanitaire et des contraintes d’un centre ville historique protégé, entre autres, par l’architecte des bâtiments de France (ABF).

Végétaliser, rafraîchir et améliorer la qualité de l’espace public en centre ville

Tant pour des visées écologiques que pour le dynamisme des artères commerçantes, le verdissement du centre ville de Metz fait partie du programme. Après avoir planté 3000 arbres dans la première partie du mandat, l’heure est donc venue de s’attaquer « à un quartier qui est celui de l’ensemble des habitants de la Métropole » selon l’expression de Cédric GOUTH, le président d’Inspire Metz. Mais le plan dépasse largement les aspects liés à la végétalisation.

Béatrice AGAMENNONE, déléguée en charge de la coordination de la politique municipale en matière d’espaces publics, de mobilité et d’espaces verts, a donc présenté « de quoi réenchanter le centre ville« .

Par la nature tout d’abord, avec la mise en place dès la fin mai 2021, de grands bacs dans les rues du centre ville portant des bananiers, des palmiers et autres espèces qui placeront sous l’ombre de leurs branche les passants, mais aussi le sol afin de créer des îlots de fraîcheur. A terme, certaines de ces plantations pourraient directement intégrées dans les voiries, après accord avec l’ABF et travaux en lien avec les réseaux souterrains. De quoi changer considérablement l’aspect de l’hypercentre.

On notera en complément que Béatrice AGAMENNONE souhaite également multiplier les fontaines dans la ville, ajouter des bancs partout où l’ABF l’y autorisera, et revisiter l’éclairage public sur plusieurs années.

Maintenir l’animation culturelle dans un contexte sanitaire incertain

Dans le champ de compétences de Patrick THIL, adjoint à la culture de la ville, c’est sur le programme culturel possible que l’on s’appuiera pour faire venir habitants et touristes dans les rues du centre historique de Metz.

Avec un peu d’espoir courant Mai 2021, et plus de certitudes en juin pour les événements se déroulant en extérieur, la municipalité cherchera à maintenir les rendez-vous culturels de l’été, ainsi que les parcours de Constellations 2021, en espérant que le couvre-feu ne vienne pas limiter l’opération aux deux parcours diurnes (art et jardins, street art), le parcours numérique étant plutôt nocturne.

Musiques, théâtre, festivals (film subversif, Livres à Metz, Hop Hop Hop, Passages, musique classique), Metz Pride Day, fête de la musique, 14 juillet, fêtes de la mirabelle le tout clôturé par les montgolfiades début septembre… Voici ce qui rassemble fort à un été « normal », même si il faudra peut-être faire face à des impératifs de jauge et de distanciation.

C’est ici tout le paradoxe d’un été que Patrick THIL souhaite voir animé afin de faire venir les gens en ville, et qui pourrait impliquer la nécessité de limiter cette affluence.

Modifier la configuration des commerces vides, et abaisser les loyers « de force »

A la présidence de l’agence d’attractivité de Metz Métropole, Cédric GOUTH est en première ligne pour tenter de faire repartir le centre ville vers l’avant. Il peaufine actuellement avec son équipe d’inspire Metz, une Opération de Redynamisation du Territoire (ORT) qui sera présentée dans les semaines à venir (lire plus bas).

Son objectif : donner l’envie aux acteurs économiques de revenir au centre ville, à l’heure ou les grandes surfaces extérieures ne sont pas non-plus dans leur meilleure forme.

Pour autant Cédric GOUTH ne dépeint pas un tableau aussi sombre que l’on pourrait croire. Ainsi, avec 23 installations d’enseignes d’ici à la fin 2021, et 45 autres ayant indiqué leur intérêt pour l’hypercentre historique de Metz, on peut s’attendre à presque 3 inaugurations de commerces par mois d’ici à Noël.

Du côté des commerces de centre ville, les chiffres avancés permettent d’expliquer les choix à venir. Les 14% de taux de vacance au niveau des surfaces des cellules commerciales en hypercentre (en 2018), ne sont pas représentatifs d’une autre réalité : le nombre de petites surfaces commerciales disponibles est en baisse, et celui des grandes surfaces en hausse.

C’est donc sur la requalification de ces grandes cellules commerciales qu’il faut se pencher, notamment via le rachat du foncier vacant au centre ville par une foncière afin de modifier la structure de ces vitrines, et les adapter aux souhaits des nouvelles enseignes nationales prêtes pour les nouvelles formes de commerce, qu’un prospecteur d’Inspire Metz sera chargé d’aller appâter. Un dossier suivi également par Anne DAUSSAN-WEIMAN, élue en charge de l’attractivité et du commerce à la ville de Metz.

En complément Cédric GOUTH travaille avec la préfecture sur l’arrêt du développement de toute surface commerciale sur le ban des autres EPCI en périphérie de Metz, et à un plan de cohérence du commerce qui concernera toutes les communes de la métropole.

De son côté, François GROSDIDIER jouera la carte du rapport de force avec les bailleurs qui ne feront pas mouvement pour améliorer la situation. Il a ainsi annoncé qu’une taxe sur le bâti non loué serait mise en place à compter du 1er janvier 2022. Une taxe qui augmenterait progressivement d’année en année, et qui pourrait être complétée par un autre levier fiscal du côté de la Métropole, que François GROSDIDIER préside.

Adapter le commerce aux nouveaux modes de consommation

Anne DAUSSAN-WEIZMAN travaille sur ce dossier du côté de la municipalité, et présentera d’ailleurs la place de marché numérique (« marketplace« ) le 23 avril prochain.

Le monde du commerce a changé, et ce depuis longtemps. Les habitudes des acheteurs ont évolué en parallèle, au fil du développement des technologies numériques (on se rappelle le hackathon numérique pour imaginer le commerce de demain organisé en 2015 par l’association Grand Est Numérique, alors si faiblement suivi par les commerçants pourtant les premiers concernés). Mais les commerces eux, n’ont pas forcément évolué au même rythme, quand ils ont évolué.

La crise sanitaire n’a pas fait autre chose que mettre en lumière une réalité que certains commerçants se plaignaient déjà de constater dans leur tiroirs-caisse. En 2021, trente ans après l’avènement d’internet, c’est donc un virus qui n’a rien d’informatique, qui aura poussé les commerces à se mobiliser pour survivre dans le monde du téléphone mobile et de ce que les experts appellent « l’expérience client », s’adapter aux clients, à leurs nouvelles envies de consommer.

Blaise TAFFNER, lui aussi élu délégué à l’attractivité et l’animation du centre-ville, le sait : la mutation commerciale des centres-ville n’est pas une nouveauté, celle des nouveaux modes de consommation non-plus.

La place est au commerce « innovant », aux showrooms sans stock sur place, à l’achat sans caisses à la sortie, à la livraison à domicile ou en point de passage.

Si le client a quitté le centre ville de Metz et de bien d’autres villes partout en France, c’est bien parce qu’il n’y trouvait plus ce qui l’y faisait se déplacer. Stagner, en matière de commerce comme pour beaucoup d’autres applications, c’est reculer… jusqu’au vide trop flagrant des vitrines de la Rue Serpenoise qui met tout le système en péril.

C’est donc une remise en mouvement tous azimuts qui est souhaitée par l’équipe municipale. Si, au terme du mandat en cours, la ville aura su intéresser ces nouvelles enseignes de commerce qui font se déplacer les foules, les cellules commerciales disponibles redeviendront rares à trouver.

Comme la plupart des villes de France font le même constat, il faudra donc se montrer plus attractive que les villes concurrentes pour ramener au même endroit et au même moment, les enseignes d’un côté, et les acheteurs de l’autre.

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