Les représentants du collectif « Metz en Commun » étaient réunis ce mercredi 5 novembre 2025 au club de la presse pour faire le point sur la non-union de la gauche à l’occasion des municipales 2026, et présenter les premières mesures de leur programme.
« Je veux donner un message d’espoir : il n’y a pas péril dans la demeure, l’union est toujours possible », affirme l’ex-députée LFI Charlotte LEDUC. Mais cette alliance ne se fera qu’autour d’un « programme de rupture », précise-t-elle.

Trois listes de gauche sont actuellement en lice pour les municipales 2026 à Metz. L’ancien maire de Thionville Bertrand MERTZ (PS) mène avec le soutien des Radicaux de Gauche une liste ouverte sur le centre « et toutes les bonnes volontés ». Jérémy ROQUES, président du groupe d’opposition Unis est candidat sous l’étiquette « Maintenant pour Metz » et représente Les Écologistes, le Parti Communiste Français, le Parti Animaliste et le mouvement l’Après.
Le duo Charlotte LEDUC et Jean-François SECONDÉ, chefs de file de La France insoumise et du collectif « Metz en Commun », se positionne comme la force de gauche la plus radicale dans cette campagne, revendiquant une affiliation assumée avec Le Nouveau Front Populaire.
Cette division profite aujourd’hui au maire sortant François GROSDIDIER, qui devrait s’annoncer officiellement en janvier prochain, et au candidat du Rassemblement National, Étienne ANSTETT, nouvellement investi, mais elle laisse les électeurs de gauche dans le plus grand désarroi.
D’une union de la gauche à une union de la « gauche de rupture » ?
Tous s’étaient réunis avant la campagne afin de trouver des solutions pour présenter une gauche unie aux élections. 14 groupes de travail formés de militants et de citoyens travaillaient alors de concert pour élaborer un programme commun.
L’union semblait tout d’abord en bonne voie, mais la situation s’est enlisée au fil des semaines. Pour Charlotte LEDUC, cet échec incombe tout d’abord au Parti socialiste. « Au printemps, le PS a choisi de faire campagne au centre contre l’avis de toutes les autres forces de gauche », explique-t-elle.
Le travail commun a continué un temps sans le PS, mais les échanges ont ensuite bloqué sur la méthode : certains voulaient à tout prix trancher la question de la tête de liste tandis que d’autres souhaitent avant tout boucler un programme solide, avant de se décider sur celui qui l’incarnera devant les électeurs. Les tensions se sont exacerbées devant l’impasse, jusqu’à la rupture. « Nous avons été contraints de quitter la table des négociations », indique la cheffe de file de LFI.
Pour autant, elle ne ferme pas totalement la porte à une entente avec les autres forces de gauche. « On est prêt à discuter, mais la condition sine qua non, c’est un vrai programme de rupture », ajoute-t-elle. La main semble ainsi tendue à Jérémy ROQUES plus qu’à Bertrand MERTZ.
Une proposition a d’ailleurs été envoyée le 4 octobre dernier au mouvement Maintenant pour Metz autour d’un projet d’union électorale, qui verrait Charlotte LEDUC tête de liste d’un programme d’une gauche assumant un caractère radical. La liste serait composée à 25 % de LFI tandis que 75 % seraient destinés aux autres mouvements politiques, militants et citoyens.
Aucune contre-proposition n’est pour l’instant venue de la part de Jérémy ROQUES. Un manque de dialogue difficilement compréhensible du côté de Metz en Commun.
Jérémy ROQUES répond
Contacté par Tout-Metz, Jérémy ROQUES déclare que LFI n’est pas sans responsabilité dans la situation actuelle : « Oui, le PS a quitté la table des négociations en premier, mais LFI a pris la même décision. Personne ne les a forcés à faire ce choix alors que les groupes de travail continuaient à fonctionner. »
Il affirme que les forces de Maintenant pour Metz étudient actuellement la proposition de Charlotte LEDUC, tout en continuant à échanger avec le PS. « Moi ce qui m’intéresse, c’est de battre François Grosdidier. Je ne suis pas là pour jouer les présidentielles 2027 avant l’heure », affirme-t-il.
Charlotte LEDUC fait le point sur l’échec des premières négociations, la proposition pour une « union de rupture », son positionnement dans la campagne, l’existence ou non d’un « épouvantail LFI » à Metz et la situation politique de la ville :
« Nos militants ont envie que cette union se fasse. Le Nouveau Front populaire s’est monté en quelques jours. C’est aussi possible à Metz, mais pour cela il faut des actes et pas des slogans », déclare Jean-François SECONDÉ, le co-chef de file, siégeant par ailleurs dans le même groupe que Jérémy ROQUES au conseil municipal.
Les premières mesures portées de Metz en Commun
Si l’union fait du sur place, la campagne des municipales à déjà commencé. Il faut donc pour Metz en Commun, comme pour ses concurrents, présenter un programme et le faire connaître. Parmi les mesures phares présentées lors de la conférence, le mouvement fait sienne la proposition de gratuité des transports en commun. Bernard BECKRICH, militant de l’Association pour la Gratuité et le Développement des Transports publics en Moselle, s’est rallié à Charlotte LEDUC qui défend « cette mesure sociale et d’extrême urgence climatique »

La promesse faite est de remettre le citoyen au cœur de la vie de la cité par un « Référendum d’initiative citoyenne municipal » et une consultation des habitants lors de projets structurants. Les habitants pourraient alors voter des mesures sans que le maire intervienne, si le quorum est suffisant.
Un plan « zéro personne à la rue » est également en cours d’élaboration, tandis que le mouvement s’engage à promouvoir la création de logements sociaux pour faire face à la demande.
Une autre proposition est de créer un centre municipal de santé pluridisciplinaire avec des praticiens salariés, une idée partagée par Jérémy ROQUES et les soutiens de Maintenant pour Metz.
Le programme est encore en cours d’élaboration et sera abordé lors d’une nouvelle Agora le 18 novembre prochain. Reste qu’en cas d’union entre deux listes de gauche, ou plus, il faudra affiner celui-ci pour tenir compte des différences entre les propositions des uns et des autres.