Economie & emploi

Moselle : le préfet autorise l’ouverture des commerces le Vendredi Saint, les syndicats s’y opposent

Le préfet Pascal BOLOT a, par un arrêté datant du lundi 23 mars, autorisé l’ouverture de tous les commerces du département à l’occasion du Vendredi Saint, soit le vendredi 3 avril 2026. Une situation rarissime en Moselle où ce jour est normalement férié en raison du droit local. 

Les commerces ne pourront faire appel qu’à des personnes volontaires pour la journée et la durée hebdomadaire du travail reste plafonnée au maximum de 48 heures, comme le précise le Code du travail.

Photo du centre-ville de Metz (2026).

À l’origine, les commerces fermaient uniquement leurs portes pour le Vendredi Saint dans les communes comptant un temple protestant ou une église mixte. Depuis l’amendement Masson (31 décembre 1989), le préfet peut autoriser ou interdire l’ouverture des commerces, de manière uniforme, dans le département, dans une logique d’égalité entre concurrents. Reste que la décision a provoqué une vive réaction localement.

Dans un communiqué commun, les organisations FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC dénoncent l’attitude du préfet « qui démontre une nouvelle fois son hostilité manifeste au droit local », selon eux. Après avoir déjà mis en place des dérogations à l’occasion des soldes d’hiver, ou à l’approche des fêtes de fin d’année, où il avait autorisé l’ouverture des commerces 5 dimanches avant Noël contre 4 selon la tradition, le préfet continue en effet sur sa lancée.

À l’exception de l’année 2021 où les commerces avaient été autorisés à ouvrir après la pandémie du Covid-19, les préfets publiaient systématiquement des arrêtés interdisant, sauf exceptions, l’ouverture des commerces le Vendredi Saint, comme c’était par exemple le cas l’année dernière

« Le préfet de Moselle vient donc de mettre fin, de manière idéologique (et de manière tardive pour éviter tout recours), à 36 ans de tradition et de consensus local sur la question », explique le communiqué des syndicats. Ces derniers craignent également d’autres conséquences. 

Le préfet va contribuer également à une rupture d’égalité entre les salariés des commerces qui travaillent dans des communes dans lesquelles il y a un temple protestant et les autres. Dans le premier cas, les salariés bénéficieront automatiquement d’une majoration de salaire et les autres seront rémunérés normalement.

extrait du communiqué des syndicats

Les syndicats annoncent déposer un recours auprès du tribunal administratif et demandent à être reçus par le préfet. 

L’évêque prend position

Monseigneur Philippe BALLOT, archevêque-évêque de Metz, indique dans un communiqué avoir pris connaissance de l’ouverture des commerces pour le Vendredi saint depuis Lourdes, où il assistait à l’Assemblée plénière des évêques de France. Il s’est dit surpris par l’arrêté du préfet :

Il partage l’émotion de nombreux Messins et Mosellans, dont des commerçants. Cet arrêté déroge à ce qui est considéré, depuis de nombreuses années, comme une pratique profondément ancrée dans notre histoire locale.

indique le diocèse dans un communiqué (28 mars 2026)

Il ajoute souhaiter « vivement que cet arrêté ne crée pas de précédent » et ne vienne pas casser la tradition locale.

Mise à jour le 30/03/2026 à 16h20 (ajout de la réaction de Monseigneur Philippe BALLOT)

Personnalité(s) :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page