Politique & social

Gare TGV-TER de Vandières : les lorrains voteront. Mais est-ce bien utile ?

Les Lorrains pourront exprimer leur avis, le dimanche 1er février 2015, au sujet du projet de construction de la gare de Vandières, via une inédite consultation citoyenne.

C’est le résultat du vote prononcé le 28 novembre 2014 au cours d’une plénière au Conseil Régional de Lorraine où seul ce point a été abordé. L’opposition a interpellé le président Masseret au sujet de l’utilité réelle de cet appel à l’avis des lorrains.

hemicycle region lorraine novembre 2014

La question qui sera posée aux citoyens lorrains sera la suivante :

« La gare d’interconnexion TGV-TER de Vandières, dont la construction a été reconnue d’utilité publique en 2011 par décret, peut être réalisée sans être supportée par une contribution nouvelle des collectivités publiques.

Compte tenu de cette possibilité sur le plan financier, pensez-vous que le Conseil Régional puisse s’engager dans sa réalisation et dans la transformation de Louvigny en gare de fret TGV. »

Dans cette question quelque peu alambiquée, deux points en un :

  • la création de la gare de Vandières
  • la transformation de la gare intérimaire de Louvigny, en une gare permanente dédiée au fret à grande vitesse

A la disposition des lorrains, deux réponses : « oui » ou « non », pour les deux points confondus.

Si la consultation démocratique « du peuple » repose sur des principes républicains évidents, la nécessité de cette consultation a interpellé l’opposition au Conseil Régional, car ce faux-référendum (voir plus bas) intervient à propos d’un projet prévu et entériné de longue date.

Une gare utile et nécessaire

L’utilité de la gare d’interconnexion de Vandières semble évidente : permettre les liaisons des villes de la région avec les autres grandes villes de France, par le biais d’un lien direct entre TGV et TER, et ce bien sûr, dans les deux sens.

En connectant directement les réseaux ferrés, Vandières rejoindra (le long de la LGV*) le peloton des autres régions également équipées en interconnexion, à savoir l’Alsace et la Champagne.

La gare d’interconnexion de Vandières était prévue dès l’origine, et la nécessité de sa réalisation a été validée tout au long du parcours d’élaboration de la LGV*. Elle a fait l’objet d’une DUP**, et son financement (120 millions d’euros) est dores et déjà acté, ce dernier a même été confirmé il y a quelques semaines par le gouvernement, sans impact sur la pression fiscale des ménages selon Jean Pierre Masseret.

Dans ce contexte, les débats ont tourné autour de la nécessité de prévoir une nouvelle phase de validation, via une consultation des citoyens lorrains, qui pourront donner leur avis.

[note color= »#80ffff »]

Le fret à grande vitesse, l’avenir de la gare de Louvigny ?

La gare de Louvigny a dès l’origine été conçue pour être temporaire, en attendant Vandières.

photo : Ketounette (Own work) [GFDL or CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0], via Wikimedia Commons
photo : Ketounette (Own work) [GFDL or CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0], via Wikimedia Commons
Alors que Vandières deviendrait prochainement réalité, le sort de Louvigny (et des 20,1 millions d’euros dépensés pour construire l’accueil des voyageurs) est le suivant : réorienter son utilisation où devenir totalement inutile.

L’hypothèse de la réorientation a été étudiée. L’idée est de transformer Louvigny en gare de fret à grande vitesse : une plateforme dédiée au transport des marchandises sur une ligne à grande vitesse. Il n’y aurait donc pas deux gares TGV en Lorraine.

Belle idée, qui ne rencontre cependant pas encore de marché, ce dernier ayant lui même a besoin de gares de ce genre pour se développer…
[/note]

Alors pourquoi une consultation des lorrains ?

Au terme d’un long discours expliquant la nécessité de faire Vandières, la justification du Président Masseret tombe :

« Parce qu’il est décevant de constater que certains veulent refaire ou défaire l’Histoire, alors le seul moyen de dépasser les impostures et les postures est bien la consultation populaire ».

En résumé : la remise en cause du bien fondé de cette construction, et le délai passé depuis sa phase initiale (et bien que des phases récentes aient validé le principe), nécessite que les Lorrains puissent exprimer leur compréhension du dossier, et leur adhésion au projet pour sa réalisation aujourd’hui.

[note color= »#80ffff »]

Une consultation, pas un référendum

Il existe une différence entre une consultation citoyenne et un référendum : les deux n’ont pas les mêmes contraintes.

Ainsi, en cas de référendum (accrochez-vous), les conditions permettant l’exécution de l’avis exprimé par les votant sont plus difficiles à obtenir, permettant dans certains cas que le « non » l’emporte techniquement, même si le « oui » a gagné sur le pourcentage exprimé. De son côté, la consultation citoyenne n’engage pas l’institution à suivre l’avis qui ressortira des urnes.

C’est donc cette deuxième solution qui a été retenue, et elle a été vivement critiquée par l’opposition car en cas de victoire du non, mais que la réalisation de Vandières se ferait tout de même, cela générerait de l’incompréhension, et aggraverait la fracture entre citoyens et politiques.
[/note]

Le CESEL***, lui, s’est exprimé le matin même sur le sujet : il n’est pas favorable à cette consultation publique, qui n’est pas opportune à son avis.

Comme arguments, il avance le fait que les décisions sont prises depuis longtemps, que le contexte guidera les lorrains vers une réponse négative, que le lien entre Vandières et Louvigny (projets à deux stades différents) risque de conduire à un débat caricatural autour de deux gares (ndlr : sans discernement sur leur spécialisation), et enfin que tout ceci risque de diviser les acteurs publics lorrains.

Résultat des courses

Si l’on souhaitait résumer les 3 heures de débat de la plénière du Conseil Régional du 28 novembre, on pourrait dire ceci : tous les élus ou presque s’accordent autour du fait de construire cette gare, mais par contre tous ne voient pas l’utilité de consulter les lorrains au sujet d’un dossier déjà bouclé.

Pour le vote sur l’opportunité de réaliser la consultation, le groupe UMP, centre et apparentés à voté contre, Europe Ecologie Les Verts s’est abstenu, Le Front National a voté contre, le groupe communiste et la majorité PS ont voté pour.

L’assemblée à adopté le point avec 36 voix pour, 23 contre, et 11 élus se sont abstenus.

Le coût de l’organisation de la consultation citoyenne dépasserait les 300.000 €, d’après les estimations exprimées par Nadine Morano.


(* Ligne à grande Vitesse)
(** Déclaration d’Utilité Publique)
(*** Conseil Economique, Social et Environnemental de Lorraine)

Rubriques

Sur le même thème

5 commentaires

  1. Vandières est une HERESIE TOTALE.
    Seuls les gentils bobos sont assez naifs pour croire que les gens vont s’emmerder a prendre le TER pour descendre à Vandières…ils prendront leur voiture sauf que les infrastructures routières sont dignes de clochemerle les bains et qu’il n’y a pas de parking.
    Bref cela va être le foutoir et pour rien…pour faire plaisir à qq intégristes du tout rail qui vont contribuer à supprimer les arrets TGV ST DIE et autres.

    De ce temps là on n’investit pas sur des projets économiques…..pauvre France

  2. Une autre Gare, étaler que des avantages cela me parrait suspect…Ce n’est pas une Gare qu’il faut réaliser, mais une usine à sous des euros si possible.J’étais contre je reste contre.

  3. Une gare construite Louvigny suffit. Pas besoin de dilapider l’argent du contribuable pour faire plaisir, ou se faire plaisir; ce n’est pas le moment. Quelle imposture que de jeter des millions par la fenêtre alors que nous tirons le diable par la queue que nous n’avons pas de travail et n’avons plus d’argent pour partir et prendre le train. Quelle aberration! Créez plutôt une usine. Merci

  4. Pourquoi ce projet a-t-il mis si longtemps à aboutir?
    Pourquoi ne résonne-t-on qu’en mode local? Cette gare TGV dessert aussi avantageusement de longues destinations (Est-Ouest), sans passer par Paris. Qu’en sera-t-il pour ceux et celles qui retenaient cette solution comme un relatif gain de temps pour rejoindre Nancy ou bien Metz?
    Je ne vois, pour ma part, qu’un grand manque de cohésion qui ne laisse à voir qu’une guerre politique lassante à mille lieues des intérêts des voyageurs.
    Lorrains, votez! (même si cela n’inversera pas la décision, nous ne sommes pas des moutons).

  5. Riri
    Nous avons un aéroport qui ne sert strictement à rien sinon à utiliser comme piste de planche à roulettes, une gare TGV perdue en rase campagne, mais à quoi serve nos têtes pensantes ???? la grossière erreur était d’installer cette gare à Louvigny, bravo Monsieur le décideur, cette gare avait sa place à Vandières évidemment les querelles de clochers ont décidé autrement, triste France

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

En partenariat avec lemet.fr

Fermer
X