Depuis quelques jours, les trottinettes électriques sont interdites de circulation dans les parcs de Nancy et ne peuvent plus circuler en journée dans le centre de Mulhouse. Ainsi, alors que plusieurs communes sévissent contre les incivilités en adoptant soit des interdictions totales ou partielles, qu’en est-il de la capitale de la Moselle ? Interrogé par Tout-Metz, le maire François GROSDIDIER s’exprime.

Depuis le 27 août 2026, les trottinettes électriques et tous les autres Engins de Déplacement Personnel Motorisés (EDPM), à l’image des fatbikes, des hoverboards et des gyropodes, ont l’interdiction de circuler dans les parcs et jardins de la ville de Nancy. Ces véhicules sont toujours acceptés dans les zones piétonnes, mais doivent circuler à 6 km/h maximum, comme le stipule le nouveau règlement présenté par la municipalité.
« Les parcs, jardins publics et aires piétonnes de Nancy sont particulièrement fréquentés notamment par des familles accompagnées d’enfants, des personnes âgées, des personnes à mobilité réduite, ainsi que des usagers pratiquant des activités physiques, de promenade, de repos, détente ou de loisirs. Dans ces espaces, des contrôles spécifiques et une signalisation plus importante vont se déployer pour rappeler à chacun ce qu’il peut faire ou non », explique sur ses réseaux Mathieu KLEIN, maire de Nancy.
Nancy n’est pas la première ville de la région Grand Est à sévir contre ces nouveaux modes de déplacement de plus en plus populaires. À Mulhouse, la circulation des trottinettes électriques et des EDPM est interdite dans l’hyper-centre et les rues piétonnes tous les jours de 11h00 à 20h00.
« Depuis plusieurs années, à Mulhouse comme ailleurs, chacun et chacune constate les excès et la dangerosité de la cohabitation entre ces engins motorisés et les piétons au centre-ville. Le dispositif pourra évoluer mais à ce stade, nous appliquons ce qui paraît le plus lisible et adapté à la réalité de ce qui est constaté depuis trop longtemps pour retrouver la tranquillité de la déambulation piétonne dans notre centre-ville », détaille le maire de la commune, Frédéric MARQUET, dans un post.
« Éviter l’interdiction » à Metz
Pour François GROSDIDIER, maire de Metz, le problème se pose moins dans les jardins et squares fermés de la commune, dont plusieurs disposent déjà de dispositifs pour bloquer l’accès aux vélos. Concernant les grands espaces verts, dont le Plan d’eau et le parc de la Seille, il n’est pas question de fermer la porte aux usagers du vélo ou de la trottinette. « Là où le sujet se pose, c’est plutôt sur l’hyper-centre », estime-t-il.
Si la vitesse maximale autorisée pour les vélos et trottinettes sur le plateau piétonnier de Metz est limitée à 10 km/h, des interdictions similaires à celles appliquées à Nancy et Mulhouse ne sont pour le moment pas envisagées :
« Pour l’instant, je veux éviter l’interdiction, notamment des vélos dont on encourage la pratique. […] On est à la fois dans beaucoup de pédagogie, de prévention mais on fait aussi de la répression. On contrôle, on fait attention à ce qu’il n’y ait pas de véhicules débridés et la police municipale sanctionne la conduite dangereuse, c’est-à-dire ceux qui vont très vite en zigzaguant parmi les piétons. »
affirme François GROSDIDIER
À Metz, le développement des livreurs à vélos a pris un coup d’accélérateur depuis la crise du Covid-19. Les livreurs, désirant aller au plus vite, passent bien souvent à deux pas des piétons sur les places Saint-Louis, Saint-Jacques ou rue Taison. « Ils sont de toute origine, donc on a fait des flyers dans différentes langues pour les sensibiliser aux bons comportements », indique François GROSDIDIER, qui précise qu’il « y a aussi une action répressive » quand la police municipale constate des comportements dangereux.
Le maire explique également qu’il s’oppose à l’ouverture d’un service de trottinettes éléctriques en libre-service qui pourrait créer de nouvelles tensions au centre. « Quand beaucoup de sociétés me proposaient de les installer, j’ai toujours refusé à Metz », confie-t-il. Ainsi, si les vélos Graoulib’ rencontrent un franc succès, l’ajout de trottinettes à la location serait susceptible de nouveaux conflits d’usages dans les rues historiques de la cité messine.
Pour rappel, l’Euro-Métropole de Metz a publié un guide de bonne conduite « Se déplacer, c’est partager ». Le document est à retrouver en ligne en cliquant ici.