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Graoulib’ à Metz : plus d’un million de kilomètres au compteur pour les vélos en libre-service

À l’approche du premier anniversaire du Graoulib’, la rédaction de Tout-Metz s’est intéressée au bilan des vélos en libre-service inaugurés en août dernier. Joy HENDRIX, vice-présidente de l’Euro-Métropole de Metz en charge des mobilités, assure que malgré la fin de la période de gratuité, la fréquentation ne faiblit pas. Les compteurs semblent toujours au vert.

La station Porte des Allemands est parfois prise d’assaut en raison de la proximité des Frigos.

Depuis son lancement, le service a dépassé le million de kilomètres parcourus. Au 14 juillet, le compteur affichait précisément 1 045 287 kilomètres pour 350 000 trajets et 21 850 utilisateurs uniques. « C’était un chiffre qu’on souhaitait atteindre à partir de la première année d’utilisation. Nous avons vraiment anticipé ce passage de cap », précise l’élue.

6 semaines après la fin de la période de gratuité qui s’est terminée au 1er juin 2026, le service ne connaît pas la déroute. « Nous ne sommes pas du tout freinés par la fin de la gratuité. Nous n’avons pas perdu d’utilisateurs. Le bilan est positif », témoigne Joy Hendrix.

La moyenne est passée de 6 trajets par vélo et par jour en mai à 6,7 trajets par jour depuis la fin de la gratuité, une statistique jugée plus que rassurante. « On a connu des pics à 8 ou 9 trajets avec les beaux jours. Quand le soleil est là, on voit la différence », assure Joy HENDRIX.

La métropole recense 1 236 utilisateurs actifs abonnés, soit une hausse de près de 11 % depuis le début du mois de juin. « Les gens ont profité jusqu’au dernier moment de cette gratuité, puis nous avons eu une bascule. Nous n’avons pas perdu d’utilisateurs », explique la vice-présidente.

Pour Joy HENDRIX, la formule d’abonnement, à 10 € par mois ou 100 € par an en tarif classique, répond aux besoins de la majorité des usagers. Pour rappel, les abonnés disposent de 30 minutes sans frais par trajet avant de passer au tarif classique de 8 centimes d’euro la minute. « Cela suffit normalement pour aller d’un point A à un point B. Nous avons très peu d’utilisateurs qui dépassent cette durée », détaille l’élue, qui ajoute que le « Graoulib’ coûte moins cher qu’une plateforme de streaming si on essaie de mettre ça en parallèle ».

Victime de son succès ?

Si le bilan du Graoulib’ est jugé plus que satisfaisant, le service n’est pas exempt de problèmes, en particulier sur la gestion des stations. Aux heures de pointe, les déplacements en vagues vers le centre-ville créent des déséquilibres, laissant certaines stations sans vélos tandis que les utilisateurs s’agglutinent sur les plus fréquentées. En fin de journée, c’est souvent le phénomène inverse qui est à noter. 

Difficile de trouver un vélo au centre-ville au soir du 14 juillet 2026.

La vice-présidente l’assure, un suivi est fait jour par jour, heure par heure. « Nos services voient en temps réel le nombre de vélos disponibles. En général, dans la demi-heure qui suit, nous sommes en capacité de remplir tout ou partie d’une station », affirme Joy HENDRIX. Deux agents ont été récemment recrutés pour améliorer le processus, en partenariat avec la société Fifteen, opération du Graoulib’.

Du côté des vélos, l’usure mécanique représente la majeure partie des interventions. « C’est surtout de l’usure de pièces, des gens qui vont passer du trottoir à la route vont peut-être plier des roues, des choses comme ça ». D’autres vélos sortent aussi du circuit lorsque la batterie est basse et qu’il leur faut prendre le temps de se recharger sur une borne de maintenance avant de retourner dans le circuit.

Les bornes de maintenances accueillent de nombreux vélos, sortant momentanément du flux.

Interrogée sur le nombre de vélos indisponibles, l’élue assure que « sur les 400 vélos, nous avons au maximum une centaine de véhicules en maintenance », avant d’ajouter que le « service est assuré quoi qu’il arrive ».

La facilité d’accès du Graoulib’ attire aussi de nouveaux usagers moins formés à la pratique du vélo. « On se rend compte qu’il y a des utilisateurs occasionnels qui ne connaissent pas les règles, qui vont justement rouler sur le trottoir, passer au feu rouge, traverser sur un passage piéton. On est plus sûr du pédagogique que du punitif mais la police peut être amenée à verbaliser les comportements dangereux », déclare-t-elle. Joy HENDRIX rappelle d’ailleurs que le « Savoir rouler » est enseigné dans les écoles du territoire avec le soutien de l’association Metz à Vélo.

Des nouvelles stations ?

Si beaucoup d’utilisateurs réclament de nouvelles stations, seuls quelques nouveaux équipements sont pour l’instant annoncés, dont un renforcement de l’offre au Saulcy, une station au Jardin Botanique et une autre station à la piscine métropolitaine de Woippy. « Notre priorité pour la fin d’année, c’est de renforcer le maillage là où la demande est la plus forte », indique la vice-présidente.

Il faudra attendre l’adoption du nouveau schéma directeur cyclable avant de nouvelles annonces. Plusieurs communes de la métropole désirent avoir une station, cela s’accompagnera généralement de la réalisation d’équipements, à l’image de la station inaugurée à Peltre en même temps que la nouvelle piste cyclable vers le CHR.

« Avant de développer le Graoulib, il faut s’assurer que les gens puissent être utilisateurs en toute sécurité. Une voie vélo permet d’inciter à la pratique et de protéger l’ensemble des usagers », confie Joy HENDRIX. Les usagers devront donc se montrer patients et s’attendre à un développement progressif du service, plutôt qu’à une arrivée massive de nouvelles stations.

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