Un an jour pour jour après l’inauguration en fanfare de la Serpentine, la structure composée d’îlots végétalisés, recouverts d’arches métalliques, qui traverse la rue Serpenoise, l’heure est au premier bilan. Tout-Metz est allé à la rencontre des commerçants et du maire de Metz, François GROSDIDIER, pour faire le point sur ce qui a changé depuis la fin des travaux de rénovation.

Pour Christophe, opticien chez Optique Moïse, le chantier a été difficile à supporter, mais le bilan est positif. « Ça fait plaisir de revoir du monde parce que ça faisait un long moment qu’on était en travaux et la fréquentation avait bien chuté. De voir des emplacements repris et des cellules qui se remplissent à nouveau, c’est très positif. Il est temps que la rue Serpenoise redevienne la vraie rue commerçante que l’on a connue à l’époque », souligne le commerçant.
Gloire, responsable dans une boutique de prêt-à-porter, voit elle aussi les choses de manière optimiste. « La rue est devenue un peu plus dynamique et cela a ramené du monde au centre-ville par rapport à avant. C’est plus beau, plus animé avec de la musique ou des décorations lors des fêtes. Pour nous, les commerçants, c’est très bien, ça fait bouger les choses », témoigne-t-elle.
À l’inverse, le ressenti est plus mitigé pour Axelle, salariée dans la restauration : « Je ne trouve pas qu’il y ait eu un grand changement entre avant et après. La rue paraît un peu moins vide grâce aux brumisateurs l’été, mais au niveau de la fréquentation du centre-ville, je trouve qu’il y a de moins en moins de passage », analyse-t-elle. « On attend de voir si l’arrivée de nouvelles enseignes comme la Fnac apportera du renouveau », ajoute la jeune femme.
L’arrivée de la Fnac d’ici la fin 2027 est attendue avec enthousiasme par plusieurs commerçants. Certains aimeraient déjà voir d’autres grandes enseignes emblématiques s’installer dans la foulée. D’autres confient qu’ils souhaiteraient plutôt l’arrivée d’un lieu culturel, ou proposant des animations nouvelles, pour continuer à diversifier l’offre. Pour eux, l’enjeu est de faire de la rue Serpenoise un espace vivant, et pas seulement un lieu de passage.
Si des cellules vides sont encore visibles sur place, un magasin Mephisto et une salle de sport On Air ouvriront prochainement. L’Euro-Métropole a également acquis un local dans le cadre de son Opération de revitalisation de territoire (ORT) avec l’ambition de rénover, redécouper les cellules et les remettre sur le marché à des tailles plus intéressantes pour les commerçants.
La position de la mairie
Pour le maire de Metz, François GROSDIDIER, la Serpentine est à replacer dans un projet global pour la Serpenoise qui avait besoin d’un coup de neuf :
« Ce n’est pas qu’un an de la Serpentine, c’est un an de la rénovation complète de la rue. Il s’agissait au départ d’abord de changer les réseaux qu’il y avait en dessous, qui autrement auraient explosé et dans quelques quelques années, on se serait retrouvé avec de temps en temps une rue Serpenoise inondée. Le pavage n’était pas très heureux, il était glissant, il était moche, et il était à 25 % rustiné. À cela s’est ajouté la Serpentine, qui, contrairement à ce qui a pu être dit, avait un coût marginal par rapport à l’ensemble de l’opération. »
déclare François GROSDIDIER
« On n’entend aujourd’hui plus aucune critique », affirme le maire. Selon lui, les Messins se sont appropriés l’installation. « La végétation commence à s’étoffer et les brumisateurs ont été très appréciés. La nuit, la Serpentine s’illumine et je vois énormément de touristes se prendre en photo à côté », développe-t-il.
Les données sur les locaux vacants sont très encourageantes pour la collectivité. « Le taux de vacance commerciale sur la rue Serpenoise était de 32 % en 2021. Il est passé à 25 % en 2025 et se situe à 20 % aujourd’hui », indique le maire, qui souligne que ce taux « tombera à 12 % après les prochaines ouvertures annoncées », si aucun commerce ne venait à fermer entre-temps.
L’élu insiste sur le fait que la rue sera encore plus attractive une fois les grands travaux réalisés, que ce soit au niveau du nouveau siège de la Fnac, ou de l’autre côté de la rue, où 114 logements sont réalisés dans l’ancien Printemps. La hausse récente de la taxe sur les locaux commerciaux vacants devrait également contribuer, selon François GROSDIDIER, à « poursuivre sur cette bonne dynamique ».