Politique & social

Dette, écologie, logement : un débat animé avant le vote du budget 2026 de l’Euro-Métropole de Metz

Le conseil communautaire de l’Euro-Métropole de Metz s’est réuni ce jeudi 16 avril à la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Moselle. À l’ordre du jour figurait le débat d’orientation budgétaire (DOB) pour l’année 2026, une étape obligatoire avant le vote officiel du budget primitif qui interviendra prochainement. Les échanges se sont révélés animés au vu des points de vue plus que disparates entre la majorité et ses oppositions.

Photo du conseil communautaire du 16 avril 2026.

C’est au rapporteur du budget, Thierry HORY, vice-président de la métropole en charge des finances, qu’est revenue la tâche de présenter les orientations pour 2026. Son intervention a débuté par un mot sur le contexte international difficile avant d’évoquer le poids des décisions de l’État dans l’élaboration du document. « Il s’inscrit dans un cadre particulièrement contraint, notamment en raison des dispositions de la loi de finances 2026 », a-t-il expliqué.

Entre la surpression de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle, le décalage de perception de TVA ou encore l’augmentation des cotisations demandées aux métropoles, ce sont près de 10 millions d’euros qui seront amputés des comptes de la collectivité.

Dans le même temps, le Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI) 2022-2026 arrive à son terme avec une hausse logique de l’investissement pour mener à bien les projets entrepris. « On assiste à un effet ciseau avec des dépenses qui augmentent et des recettes qui diminuent en parallèle », a résumé Thierry HORY. Le recours à un emprunt d’équilibre à hauteur de 71 millions d’euros sera donc proposé lors du budget 2026 pour financer des dépenses d’investissement à hauteur de 139 millions d’euros. Un emprunt de 52 millions avait déjà été nécessaire pour boucler le budget 2025.

Le taux d’imposition devrait quant à lui rester inchangé à l’occasion du vote à venir. « Nous avons eu auparavant une politique de désendettement qui nous permet maintenant d’avancer sereinement », s’est félicité le rapporteur.

Parmi les projets qui seront financés on retrouve entre autres la construction de la ligne Mettis C avec le verdissement de la flotte par l’achat de bus hydrogènes, les travaux de l’Opéra-Théâtre, la construction de la piscine métropolitaine de Woippy, l’acquisition de la Maison forestière sur le Mont Saint-Quentin, l’Opération de revitalisation du territoire, la construction d’un siège pour la police métropolitaine, ou le lancement d’une nouvelle procédure pour l’élaboration du PLUi.

La gauche dénonce un sous-investissement chronique, le RN met en garde

Premier à s’exprimer, Bertrand MERTZ (PS) a fait part de son souhait d’avoir un « débat constructif » tout en évoquant une politique d’investissement qui manque d’ambition et un manque de vision stratégique de la majorité. « La Chambre régionale des comptes avait déjà dit que la métropole était en sous-investissement et le taux de réalisation du PPI n’est que de 46 % » a-t-il rappelé, avant d’ajouter que « ce qu’il manque dans ces orientations budgétaires, c’est une vision stratégique de ce que doit être une métropole. Il faut se donner les moyens d’attirer les grands investissements ».

Charlotte LEDUC (LFI) a ensuite dénoncé une « stratégie budgétaire peu ambitieuse » face à « l’urgence sociale et écologique ». L’élue qui a fait sa campagne sur la gratuité des bus et Mettis a ensuite proposé au président de la métropole, François GROSDIDIER, de « passer à la gratuité des transports en commun tant que les prix de l’essence n’ont pas baissé ».

« Plus d’un Mettis sur deux est actuellement en panne en raison de votre manque d’anticipation, ce qui force les usagers à prendre des bus vieux de 10 ans loués à la RATP. C’est la qualité du service qui en pâtit », a par la suite ajouté Jérémy ROQUES (EEELV). « Le bus reste le parent pauvre à Metz », a-t-il déclaré, souhaitant que la collectivité « s’engage plus pour les transports en commun lors du prochain PPI ».

La question du logement est elle aussi venue dans les débats avec l’échec du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) annulé par la justice. « S’il fallait avoir une préoccupation, c’est celle de l’arrêt de l’artificialisation des sols », a jugé François SECONDÉ, fustigeant une volonté de « grossir à tout prix ».

Étienne ANSTETT (RN) est intervenu sur un tout autre terrain, s’intéressant à la méthode qui a servi à l’élaboration du budget qu’il juge perfectible. Selon lui, « ce document ne saurait se limiter à une succession de lignes mais doit s’inscrire dans une logique d’évaluation et de performance ». Il désire pour les prochaines versions que des « indicateurs clairs soient inscrits pour juger l’impact des politiques passées avant de décider ou non s’il est logique de les reconduire ».

Son intervention a ensuite pris la forme d’une mise en garde sur la dette. « La dégradation de l’épargne brute à 14 millions d’euros est à prendre en compte alors que les taux directeurs risquent d’augmenter en 2026. Pour ces raisons, je ne pourrai pas soutenir ces orientations budgétaires », a conclu Étienne ANSTETT.

Une majorité qui continue sur sa lancée

Après le temps des critiques est venu celui des réponses pour les élus de la majorité. Cédric GOUTH a tout d’abord voulu rappeler le travail entrepris lors du mandat précédent pour redynamiser la SEM EMH (Eurométropole Metz Habitat) et lancer d’importants travaux de réhabilitation sur le parc de logement sociaux. Pour lui, il ne faut surtout pas diaboliser les nouvelles constructions. « C’est dans ce cadre-là qu’on permet aux personnes dans les logements sociaux de rentrer dans des pavillons et qu’on leur permet de continuer à vivre dans leurs secteurs », a-t-il martelé, face aux critiques de la gauche dénonçant une urbanisation outrancière de la métropole.

Sur cette question Thierry HORY, a voulu rappeler que « une commune qui ne se développe mais c’est aussi des classes fermées comme nous l’avons vu dans l’actualité », précisant que sur la question de l’étalement urbain « évidemment il ne faut pas faire comme avant, mais on doit être mesuré ».

Emmanuel LEBEAU a salué un « budget de vérité » qui « s’inscrit dans un fin de cycliste d’investissement de plus de 500 millions d’euros pour moderniser le territoire ». Il a appelé à travailler avec rigueur face au contexte financier. « Tout ne pourra pas être fait, il nous faudra choisir, hiérarchiser, et parfois renoncer, malheureusement. Préparer l’avenir c’est bâtir un programme ambitieux mais soutenable », a-t-il affirmé.

« On dénonce le manque de vision quand on ne sait pas quoi dénoncer d’autre », a lancé François GROSDIDIER en fin de séance. Le président de la collectivité reconnaît que la métropole est « dans une situation extrêmement difficile » du fait des décisions de l’État. « Heureusement que nous avons investi fortement mais de façon modérée. Si nous avions investi comme notre opposition le souhaitait à l’époque nous serions dans la nasse budgétaire », a-t-il ajouté.

Il n’a pas exclu des évolutions possibles de la fiscalité sur le mandat si les circonstances l’exigent. « Mais nous allons chercher toutes les façons de l’éviter », a-t-il précisé.  


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