Dans un communiqué publié ce mercredi 10 juin 2026, le président de la région Grand Est, Franck LEROY, s’insurge contre la baisse drastique des dotations de l’État allouées aux collectivités pour l’apprentissage. Cette décision prise sans concertation est selon lui dangereuse pour l’avenir des jeunes apprentis tout en étant contreproductive pour l’économie du pays.

Alors qu’une baisse de 50 % des enveloppes données par l’État aux régions pour soutenir l’apprentissage était redoutée en 2026, la coupe budgétaire atteint finalement 88 %. Pour l’association Régions de France, qui a immédiatement dénoncé cette décision de Bercy, la dotation globale s’effondre de 268 millions d’euros à 33 millions d’euros.
Pour le Grand Est, la sanction financière est immédiate. Le budget alloué à la région passe de 17,1 millions d’euros programmés à seulement 2,1 millions d’euros pour l’année en cours. Une véritable faute politique pour Franck LEROY. « Derrière ces chiffres, il y a des établissements, des formateurs, des entreprises et surtout des milliers de jeunes qui ont choisi la voie de l’apprentissage pour construire leur avenir », explique-t-il.
Le président de région dénonce le double discours de l’État, qui ne cesse d’évoquer le besoin de réindustrialisation tout en revenant aujourd’hui sur les crédits apportés à l’apprentissage.
Comment prétendre défendre l’industrie française tout en fragilisant les filières qui forment ses futurs salariés ? Comment parler de réarmement économique tout en désarmant les territoires qui préparent les compétences de demain ? »
s’interroge-t-il
Depuis la réforme de l’apprentissage votée en 2018, les régions ont perdu la majorité de leurs prérogatives en la matière, mais elles continuent néanmoins d’investir pour la modernisation, la rénovation et le fonctionnement des CFA de proximité, qui pourraient se voir fragilisés par les coupes budgétaires.
« Les crédits régionaux financent des équipements, des plateaux techniques et des investissements concrets dans des établissements comme le CERFAV de Vannes-le-Châtel, le CFA hôtellerie-restauration de Colmar ou encore le CFA BTP de l’Aube », rappelle Franck LEROY dans son communiqué.
La région Grand Est demande donc à l’État de revenir sur sa décision « parce que l’apprentissage n’est pas une dépense mais un investissement », que « la jeunesse française ne peut servir de variable d’ajustement budgétaire » et que « l’avenir industriel de notre pays se construit dans nos CFA autant que dans nos usines ».