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République Messine du Moyen-âge

sceau de MetzPour la plupart d’entre nous, le moyen-âge, c’est des histoires de rois et de seigneurs chevaliers. Et qui imaginera alors Metz comme une république au temps des épées et des couronnes ?

République oligarchique peut-être, où seule une élite peut participer à la vie politique, mais république tout de même ! En avance sur son époque, et deuxième plus riche ville de l’Empire Germanique après Cologne !


En effet, Metz fut donc comme certains le savent déjà une ville germanique durant le moyen-âge. Dirigée par un seigneur-évêque, elle connaitra un essor de plus en plus important, et la naissance d’une classe bourgeoise nouvelle.

Au XIIIème siècle, ces bourgeois obligent de plus en plus l’évêque à les compter dans la politique, et finissent par faire partie du pouvoir, avant de pousser l’évêque dehors à Vic sur Seille.

Ils permettent à Metz de devenir indépendante, une “ville libre” de l’Empire, et lui donne des institutions et un véritable âge d’or. 118 familles bourgeoises se regroupent dans cinq puis six “paraiges”, sortes de clan. Et parmis ces paraiges, on procède aux élections.

Remarque : chacune des 118 familles, fières de leurs noms, s’étaient associées une vertu. La famille de Gournay était le courage, les Barriseys le courage. L’honneur était représenté par celle des Raigecourt, ou encore la fermeté par les Groignat…

Le maître-Echevin, élu, est le véritable chef de la république de Metz pour l’exécutif, il dirige tout dans son conseil des Treize échevins, élus et tirés au sort, qui allient législatif et judiciaire.

Enfin, les Septeries, nommés, qui sont comme leur nom l’indique des commissions de sept fonctionnaires, s’occupent de l’application pour différents domaines allant du Trésor (les finances) aux Fortifications (bâtiments militaires), en passant par l’Hospital (la santé).

Stable, la République évite la dictature en imposant à toutes les charges un mandat annuel, et en s’assurant le soutient du peuple par un petit droit de parole aux corporations (les ensembles d’artisans).

La ville aura son sceau (voir 1ère photo, lapidation de Saint-Etienne), sa propre monnaie, sa maison commune, son beffroi (la tour de la Mutte), sa milice et ses murailles. Elle permettra ainsi avec ce bon système politique, et placée à un carrefour international, un développement des richesses exceptionnels.

De très nombreuses foires auront lieu à Metz : on y échange du vin, des céréales et bestiaux, de la laine… Les banquiers étrangers s’installeront aussi par dizaines. La république dirigera à son apogée 214 villages et 90 000 habitants.

Mais c’est aussi un fort développement culturel qui naîtra : des livres épiques seront écrits à Metz, trouvères et troubadours y viendront, la place St Louis sera le lieu de représentation des Mystères, des pièces de théâtre chrétiennes…

Divers problèmes entraineront son déclin au XVème siècle, elle gardera quelques libertés en devant française au XVIème siècle, mais la République disparaitra progressivement.

Les témoins de cette époque sont bien trop nombreux pour être présentés ici… Mais nous proposeront au lecteur de jeter un coup d’oeil à l’actuel maison du 3ème âge, rue du Grand Cerf, ancien hôtel des Gournay, une des plus grands familles de Metz qui fournit de nombreux maîtres-Echevins.

hotel de Gournay

Ou encore, de noter que la place Saint-Louis, ancienne place du Change, est entouré des maisons des banquiers italiens attirés par la république Messine, et qui assurèrent sa richesse.


Sources : – informations : en-moselle.free.fr ; mairie de Metz ; Florent Roemer, Les institutions de la République Messine, édition Serpenoise, 2007 ; Jean Schneider, La ville de Metz aux XIIIe et XIVe siècles, 1950.– illustrations : premier sceau de Metz (GDFL) ; Vue de Metz ou vu de Jérusalem avec la Déploration de François de Nomé, 1592 ou 1623 ; palais de Gournay, photo de la ville de Metz.

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