Depuis le soir du 1er tour des élections municipales 2026, Étienne ANSTETT se réjouit publiquement de son score de 17,05 % qui le place en 2ème position, loin derrière le maire de Metz, François GROSDIDIER (43,1 %), mais devant les candidats de la gauche. Une question se pose néanmoins. Est-ce un si bon score pour le candidat du Rassemblement National ?

Étienne ANSTETT, jeune personnalité inconnue dans la sphère politique locale, a été désigné dès octobre pour mener la liste du Rassemblement National dans la capitale de la Moselle. Le candidat s’était rapidement fait remarquer avec quelques déclarations audacieuses, affirmant vouloir gagner la mairie dès le 1er tour, puis se corrigeant en indiquant avoir pour objectif de terminer en première position au 1er tour.
Dès l’annonce de ses premières mesures, sa stratégie semblait alors clairement de déborder François GROSDIDIER par la droite sur les questions de sécurité, tirant à boulets rouges sur la politique du maire que ce soit en conférence ou sur les réseaux sociaux, l’accusant de laisser certains quartiers à l’abandon. En parallèle, Étienne ANSTETT voulait aussi séduire plus largement les Messines et Messins en abordant les questions d’écologie, de bien-être animal et de culture, sans en faire toutefois le fer de lance de sa campagne. Une stratégie gagnante ?
Avec 17,05 % des suffrages exprimés, soit un total de 5 561 voix, ce dimanche 15 mars, le candidat de la liste « Un avenir à Metz » (soutenu par le RN et l’UDR) valide bien son ticket pour le second tour. Ses perspectives pour l’emporter semblent plus que ténues, tant l’avance du maire sortant est confortable. Cela ne traduit-il pas finalement un échec du candidat qui n’aura pas réussi à capter au-delà de la base électorale de son parti ?
En effet, son score est sensiblement similaire, bien que légèrement inférieur, à celui obtenu par Marine LE PEN à Metz lors du 1er tour de la présidentielle de 2022 (17,48 %), mais très loin du score du second tour de la candidate RN de 32,81 % (13 736 voix). Certes, Étienne ANSTETT fait mieux que le score de Françoise GROLET aux municipales de 2020 (11,79 % au 1er tour), mais reste loin de l’année de référence de l’extrême droite à Metz avec les 21,32 % de Françoise GROLET au 1er tour des municipales en 2014.
Une position de 2ème convoitée
Son statut de « premier opposant » au maire de Metz qu’il revendique aujourd’hui pourrait ne pas survivre au 2nd tour. La liste de l’écologiste Jérémy ROQUES a échoué à se qualifier au 2nd et s’est ralliée à Charlotte LEDUC. Les deux avaient ensemble rassemblé plus de 20 % des suffrages exprimés au 1er tour et pourraient donc théoriquement dépasser la liste d’Étienne ANSTETT.
Le député Ludovic MENDES avec 4,8 % des voix a lui aussi perdu dès le 1er tour. Ainsi, ces reports pourraient bénéficier à Bertrand MERTZ (PS), susceptible d’augmenter son total de voix pour potentiellement talonner, voire dépasser, le candidat RN. Le candidat socialiste tente d’ailleurs un pari risqué en maintenant l’ensemble de sa liste, sans négocier de ralliement ou de fusion.
Du côté d’Étienne ANSTETT, les réserves potentielles sont plus discutables. En 2014 puis en 2020, Françoise GROLET avait rassemblé moins d’électeurs au 2nd tour qu’au 1er, certains préférant se reporter sur le candidat de droite (Marie-Jo ZIMMERMANN en 2014 et François GROSDIDIER en 2020) par opposition à la gauche plutôt que de renouveler leur vote. Le statut de favori du maire sortant et la division de la gauche devraient cette fois lui éviter le phénomène. Reste que s’il veut inverser la tendance, le candidat du RN devra tout de même mobiliser avec comme cœur de cible les abstentionnistes, notamment ceux qui ont déjà un jour glissé un bulletin LE PEN dans l’urne.
Alors que le Rassemblement National est désormais bien installé en Moselle, et réalise une percée à Amnéville, le maintien d’une forme de statu quo à Metz pourrait apparaître comme une déception pour le parti de Jordan BARDELLA. Conserver cette 2ème position, et par extension être la première force d’opposition au conseil municipal, semble donc essentiel pour pouvoir prétendre à une victoire électorale. Le nouveau scrutin du 22 mars devrait être riche en enseignements.