Après près de 10 mois sans hypermarché, les commerçants de la galerie marchande de l’avenue des Deux fontaines peuvent enfin voir l’avenir plus sereinement. Plusieurs d’entre eux reviennent pour Tout-Metz sur cette période difficile allant de la fermeture de l’ex-Auchan jusqu’à l’ouverture du nouveau magasin Leclerc ce mardi 10 mars 2026.

La disparition d’Auchan le 17 mai 2025 avait plongé les commerçants de la galerie dans une période compliquée. Privé de sa locomotive, le site fonctionnait quasiment à l’arrêt (notre article à ce sujet est à retrouver en cliquant ici). Hiacine KERDOUNE, le patron du Mag Presse, n’hésite pas à la qualifier de « grosse traversée du désert ». Lui avait fait le choix de rester ouvert pour garder ses habitués. « C’était très compliqué. 10 mois sans salaire et puis une activité qui tourne à 20 % de ses moyens », précise-t-il. Le salut est venu « des fidèles et des amis », qui ont permis de sauver un semblant d’activité en attendant les jours meilleurs.
Ce n’était pas le seul commerçant à avoir continué à faire vivre la galerie pendant l’interlude, mais c’était aussi le cas des services, comme les coiffeurs et esthéticiennes. « On a été obligés de rester ouvert parce qu’il y a des salariés qu’il faut rémunérer, le loyer », explique simplement Mireille GUYOT, la gérante d’Ac’tif coiffure. Elle admet avoir connu une petite chute de fréquentation, mais assure avoir limité la casse grâce à ses habitués. C’est aussi le cas d’Angèle, esthéticienne chez Grain de Beauté, sauvée par son « noyau de fidèles » qui continuaient de faire le déplacement. « On les remercie vraiment, parce que sinon on ne serait pas là aujourd’hui non plus pour la réouverture », confie-t-elle.
Esther, gérante du salon Mélodie Coiffure, a elle aussi fait le choix de continuer son activité, malgré l’absence préjudiciable de l’hypermarché. Installée depuis 30 ans dans le centre, elle veut rappeler que le déclin ne date pas d’hier : « Ça fait plus de 10 ans qu’Auchan n’apportait plus personne », lance la commerçante.
Certains ont même été contraints de baisser le rideau temporairement pour limiter la casse financière. C’est le cas d’Amar AMRI, responsable de la brasserie Le Rimini, qui a fermé ses portes pendant 10 mois, se retrouvant « sans argent, sans rien » et obligé d’arrêter ses employés. « On n’avait pas le choix. De toute façon il n’y avait presque personne dans la galerie », nous raconte-t-il. Le restaurateur estime en effet que s’il était resté ouvert sans la présence de l’hypermarché, sa perte mensuelle se serait chiffrée « entre 6 000 et 10 000 euros ».
Une nouvelle donne, et de l’optimisme
Ce mardi, jour de l’inauguration du Leclerc, l’ambiance était néanmoins à l’optimisme au sein de la galerie. La vue des centaines de clients venus avant même l’ouverture pour être les premiers à arpenter les rayons de l’hypermarché a redonné du baume au cœur. Tous espèrent que le rebond de fréquentation lancera une nouvelle ère.
« C’est super joli, c’est moderne, c’est doux, c’est tendance, tout est en bois », juge Esther, de Mélodie Coiffure. Elle attend désormais avec impatience « l’arrivée d’une nouvelle clientèle » que la galerie n’attirait plus.

Du côté du Rimini, les portes ont rouvert et les clients sont attendus de pied ferme. « On est très contents. J’espère que ça va marcher, j’espère même que ça va être mieux qu’Auchan », s’enthousiasme Amar AMRI.
Mireille GUYOT espère de son côté « reprendre du boulot à un rythme normal » et Angèle rêve même d’un « bon coup de boost », imaginant même pouvoir embaucher si l’affluence du Leclerc bénéficie à la galerie. « On est heureux. L’évolution ne va être que positive », résume Hiacine KERDOUNE, du Mag Presse.
Jean-Luc BRAMAS, le patron du Leclerc, envisage déjà de dynamiser la galerie. La récupération de plusieurs cellules est à l’étude avec l’objectif de faire venir de nouvelles enseignes et de compléter l’offre. « Je pense que d’ici un an on en reparlera, on aura ce qu’il faut dans la galerie », affirme-t-il. Cliquez ici pour découvrir le E.Leclerc en photos et retrouver une interview de Jean-Luc BRAMAS.