Metz de 1918 à 1945

En 1918, c’est la fin de la guerre et l’Alsace-Moselle est rendue à la France. Dans ce contexte, le journal « le Républicain Lorrain » est créé, parmi un renouveau des arts et de la littérature. En ré-étudiant les axes de transport, la ville s’ouvre, et accueille des immigrés.

Puis c’est le retour de la guerre en 1939, et une nouvelle annexion, très brutale cette fois-ci. La résistance s’organise mais les déportations sont terribles. Après une ultime attente, Metz est enfin définitivement libérée en 1945, et reçoit la reconnaissance de toute la France.

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Metz Française en 1918 | Seconde guerre mondiale et nouvelle annexion
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Metz française en 1918

Après la libération de Metz en 1918, la plupart des immigrés allemands repartent dans leur pays, et les Français qui s’étaient exilés reviennent pour quelques-uns.

On acclame les visites du président de la république Poincaré, du président du conseil (1er ministre) Clémenceau, et de centaines de députés maréchaux et généraux, ambassadeurs…

La ville reçoit la croix de la légion d’honneur. Et on célèbre tous ceux qui ont protégé la ville en leur élevant des statues, des députés aux soldats, des morts de la ville à la colonne soutenant la vierge de la place Saint Jacques.

C’est aussi l’époque où Victor Demange voulut alors installer un journal libre et indépendant, dans un contexte ou tous les journaux étaient très orientées politiquement.

Le Metzer Freies Jounal naît donc, et devient rapidement le républicain lorrain en Français en 1936. Et de là naît un très rapide essor.

La ville de Metz quand à elle rencontre à nouveau un problème qui va durer : déjà elle avait été en opposition avec Nancy avant l’annexion, maintenant tout renaît. Et elles luttent à nouveau toutes les deux pour qui sera LA métropole de l’est, et aura le siège des grandes institutions nationales.

Mais après le départ des allemands, la ville ne compte plus que 62 000 habitants. On la dit ville-morte, et on ramène une garnison de 10 000 à 12 000 hommes pour aider à sa résurrection. Et tout repart. La population augmente, accueillant en plus les allemands qui fuient le nazisme, par les juifs, et les italiens.

La littérature et les arts renaissent. Et d’un autre côté vient le commerce : car si les investissements industriels ne viennent pas pas, les petites entreprises locales sont prospères.

Le transport routier est amélioré, on construit une ligne plus directe vers Paris, la Moselle est canalisée entre Metz et Thionville. Mais tout ce dynamisme prometteur est stoppé par un nouveau coup dur.

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La Seconde guerre mondiale : une nouvelle annexion.

La guerre de 1939 ne surprend pas les Messins, ils l’avaient vu venir, par les menaces d’Hitler et les troupes à la frontière. Les militaires prennent position en ville, on notera la visite du roi anglais Georges V.

En 1940, c’est l’attaque allemande : la guerre éclair (blitzkrieg) est lancée de la Hollande à l’Alsace, et en 6 semaines la France est envahie jusqu’à la Loire.

Lorsque l’on ouvre les portes de la ville à l’ennemi, la population fuit, et les allemands entrent dans une ville vide.

Le lendemain, c’est l’appel du général de Gaulle, cet ancien colonel d’un régiment messin. « La France a perdu une bataille, mais pas la guerre ! ». Et la croix de Lorraine devient un symbole de la résistance.

Quand la France signe l’armistice, ses 2/3 sont occupés. L’Alsace-Moselle est elle occupée de fait tout de suite, et ses institutions deviennent allemandes.

Et contrairement à la 1ère annexion de 1870, celle-ci est très brutale. On tente de germaniser sans ménagements. Si on parle Fançais, c’est la prison ou la déportation, tous les noms de rues et de places sont changés, les statues enlevées, le port du béret interdit.

On s’exile, les allemands expulsent les Messins, et gardent leurs richesses. Le mois de novembre 1940 compte plus de 10 000 expulsions !

Parallèlement à cela, on espionne et on dénonce, et la Gestapo surveille chaque quartier.

Une vraie propagande est lancée, par les discours, les journaux, les éducateurs, les organisations… Les Messins deviennent citoyens allemands, et subissent le service du travail obligatoire et le service militaire.

La résistance s’installe alors : on va vers le maquis. Des filières d’évasions, de « passeurs » s’organisent pour aider à traverser les frontières.

Dès le début, le groupe de « L’Espoir Français » se forme, autour de jeunes Messins, mais ils sont arrêtés.

Ensuite c’est l’instituteur Jean Burger, évadé d’un camp allemand, qui crée le groupe « Mario », avec plus de 3 000 cheminots de Montigny, Basse-Yutz et Sarreguemines, et quelques ouvriers.

Mais Jean Burger est arrêté avec une centaine d’autres,  il est déporté, et mourra dans un camp. Finalement, ce sont les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.) qui organiseront la résistance en 1944.

On peut compter en tout plus de 2 000 Messins de déportés, et les camps et prisons de la ville, comme le fort de Queuleu, auront triste réputation.

C’est en gare de Metz que Jean Moulin, le grand résistant de France, mourra, après des tortures dans un train.

Vint enfin l’heure de la libération. Des bombardements aériens sur le Sablon font 78 victimes civiles, mais le débarquement allié arrive.

Extrèmement vite, la IIIème armée américaine du général Patton va vers la Moselle. Toul est libérée le 5 septembre 1944, et Maizières-les-Metz le 7 septembre.

C’est alors un sauve-qui-peut général : tous les allemands fuient par autobus. Mais Hitler choisit une zone de guerre avec Metz pour centre, et les américains, trop loin des renforts et ravitaillements, n’arrivent plus à avancer.

Par ailleurs, le fort d’Ancy est rempli d’une garnison fanatisée, et deux attaques échouent.

Metz va alors supporter deux mois d’une ultime attente très dure. Les Allemands sont revenus, et on réquisitionne tous les hommes de 16 à 60 ans pour creuser des tranchées anti-char.

Le 8 novembre, les attaques recommencent, par le sud et par le nord. Les résistants aident les soldats en ville, et par de sanglants combats, on avance doucement…

Enfin, la ville est libérée et redevient Française le 22 novembre. Les derniers forts allemands se battront, isolés, jusqu’au 13 décembre 1944.

De Gaulle est acclamé lors de son passage, comme Churchill, comme le président de la République Vincent Auriol.

On remet la croix de guerre avec palme à la ville, et c’est tout le pays qui reconnait la très digne attitude de la ville pendant cette dure nouvelle occupation.

On entre dans la dernière étape chronologique de notre dossier : Metz après la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours.

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Sommaire principal
Frise chronologique
Préhistoire
Époque Celte
Époque gallo-romaine
Haut Moyen âge
Moyen âge central
Bas Moyen âge
Début de l’époque moderne
Fin de l’époque moderne
Début du XIXème siècle
XIXème siècle
Début du XXème siècle
XXème siècle
Vers le XXIème siècle

 



Crédits des illustrations : studio cathédrale Metz ; Républicain Lorrain ; Scorpion de Bord à bord ; ministère de la défense ; microsoft encarta ; semperfi.centerblog.net ; archives Républicain Lorrain.