À l’approche du 1er tour des élections municipales 2026, l’intérêt des citoyens pour le scrutin augmente, malgré la situation internationale qui peut détourner certains électeurs des questions locales. La rédaction de Tout-Metz vous propose ici de faire le tour des communes à enjeu en Moselle que les aficionados de la politique ne manqueront pas de surveiller.
Combien de maires sortants parviendront à se maintenir ? Quels seront les équilibres pour le 2nd tour avec une gauche éclatée à Metz comme à Thionville ? Le RN peut-il obtenir de nouvelles mairies ? Les questions sont nombreuses en Moselle alors que les municipales 2026 sont vues par certains comme une première étape avant la présidentielle de 2027.

Commençons par éliminer les cas sans enjeu. Sur les 725 communes que compte la Moselle, une grande partie des élections municipales se dérouleront sans véritable suspense : 475 d’entre elles ne présentent qu’une seule liste, soit 65,5 % des communes. Le candidat ou la candidate qui s’y présente sera élu(e) dès le 1er tour. Dans la métropole de Metz on peut ici citer La Maxe, Mey, Mécleuves, Peltre ou Scy-Chazelles. L’observation du nombre de votes blancs sera le seul indicateur intéressant de la « température » dans ces communes, bien plus que l’abstention.
211 communes ne comptent que deux listes, comme à Marly, Montigny-lès-Metz, Saint-Julien-lès-Metz pour la métropole, ou encore Fameck, Yutz, Maizières-lès-Metz, Sarrebourg, Freyming-Merlebach, Algrange, Marange-Silvange, Farébersviller, Moyeuvre-Grande, Rombas et Talange pour ne citer que les plus peuplées. Dans ces cas-là, l’élection se déroule également en un seul tour. La liste qui obtient la majorité absolue des suffrages exprimés (plus de 50 %) remporte l’élection. Des basculements sont possibles, des surprises aussi, mais il n’y aura pas de 2ème tour pour choisir. Dans ces communes, si les habitants souhaitent du changement ou éviter l’accession d’un candidat au fauteuil de maire pour 7 années, il faudra se mobiliser fortement.
La Moselle n’est pas une exception pour cette élection. En France, c’est plus de 30 000 communes qui ne connaîtront pas de second tour aux municipales 2026.
Un scénario incertain à Metz
9 listes pour Metz, la capitale de la Moselle, c’est le plus grand nombre de candidats dans le département pour ce scrutin. Le maire sortant François GROSDIDIER tentera de conserver son siège face à une gauche éclatée au 1er tour : Charlotte LEDUC (LFI), Bertrand MERTZ (PS et DVG), Jérémy ROQUES (EELV et DGV), mais aussi 3 listes d’extrême gauche, du NPA-R, de Lutte Ouvrière et une liste soutenue par le Parti des Travailleurs.
Au centre, le député centriste Ludovic MENDES se présente lui aussi à l’élection, avec semble-t-il un programme plus proche de la gauche que de François GROSDIDIER qui cherche à se débarrasser de son étiquette de droite. Entré assez tard en campagne, difficile de connaître l’impact de sa candidature. Metz votant traditionnellement au centre, son résultat sera très observé. Sa posture d’entre deux tours encore plus. Personne ne sait comment se déroulent les discussions derrière les rideaux, mais une chose est sûre : ça discute.
Réunies d’une façon ou d’une autre entre les deux tours, même si LFi est encore repoussé par Bertrand MERTZ à ce stade dans le cadre de la posture nationale du PS, les entités de gauche peuvent gagner l’élection, d’autant plus si des accords peuvent être trouvés avec Ludovic MENDES. Tout dépendra de l’ordre d’arrivée, des écarts, des egos, des éventuelles consignes nationales et des volontés locales d’empêcher le maire sortant de faire un 2ème mandat consécutif. Avec très peu de réserves de voix, et si le RN se maintient au 2nd tour, François GROSDIDIER pourrait se retrouver sur les bancs de l’opposition pour 7 ans si la gauche s’entend et construit une alliance large, ce qui, comme on peut le voir, n’est pas gagné d’avance.
Le Rassemblement National, qui a investi le jeune Étienne ANSTETT, espère créer la surprise. Il est le seul candidat à la tête d’une liste RN sur les 46 communes de la métropole de Metz. Costaud aux municipales de 2014 (époque FN), plutôt faible en 2020 en sauvant de justesse le maintien, le RN est poussé au niveau national par un nouveau visage et une nouvelle stratégie. S’il peut se maintenir au 2nd tour alors qu’il reprend tout juste le flambeau des mains de Françoise GROLET, Etienne ANSTETT occupera le flanc droit de cette élection, et figera en partie les voix d’électeurs fidèles et mobilisés. Une partie de cet électorat aura-t-il voté RN au 1er tour comme un signal, pour ensuite se tourner vers le maire sortant ?
En somme, il est pour l’instant difficile d’y voir clair avant un premier tour incertain et un entre-deux tours qui promet déjà d’être mouvementé et intéressant. A terme, le sujet est également celui de la représentativité des obédiences politiques sur les bancs de la majorité du conseil municipal.
Cela se bouscule aussi à Thionville
Deuxième agglomération de Moselle, Thionville compte le deuxième plus grand nombre de listes avec 7 candidats qui se sont présentés aux électeurs. Ici aussi, le maire sortant Pierre CUNY tentera de se maintenir aux manettes face à une gauche en ordre dispersée : Brigitte VAÏSSE (PS), Bouabdellah FRAHLIA (LFI), Guy MAURHOFER (LO) et Philippe NOLLER (PCF et écologistes) font leur proposition pour une alternance à l’hôtel de ville. Le trublion Yan RUTILI est à la tête d’une liste citoyenne. Quant à Lionel BIEDER, il propose une liste des droites républicaines dans le cadre d’une campagne pragmatique.
Arrivé au terme d’un mandat consistant où Thionville semble avoir gagné certaines batailles, Pierre CUNY se présente également auréolé d’une récente fusion réussie avec l’agglomération voisine du Val de Fensch et son président Michel LIEBGOTT dont le camp politique est bien différent. Reste à savoir comment les électeurs témoigneront leur point de vue tant sur le bilan du mandat que sur les nouvelles propositions, mais aussi au sujet de la création de cette agglomération de taille installée entre Metz et le Grand Duché de Luxembourg et le choix politique de s’entendre par dessus la logique d’appareil que l’opinion semble appeler de ses vœux dans les élections locales.
Plutôt de centre-droit et affichant l’étiquette Horizons (le parti d’Edouard PHILLIPE l’ancien premier ministre), Pierre CUNY n’a pas à affronter de concurrent d’extrême droite, contrairement à François GROSDIDIER. Sa situation apparaît donc comme moins difficile qu’à Metz. Reste à savoir si les électeurs thionvillois sanctionneront ou non son dernier mandat.
Des villes à la portée du RN ?
Tout à l’Est, à Forbach, la ville dirigée par Alexandre CASSARO (LR) est une cible de choix pour le Rassemblement national mené par Eric DILIGENT, qui se présente pour la troisième fois. Le candidat d’extrême droite a pu compter sur le soutien actif de Laurent JACOBELLI dans sa campagne. Quatre autres listes sont en compétition : « Forbach place à l’action » par Abdah GRIFFETE, « Forbach mérite mieux » par Khédidja MERABTINE, « Citoyens de Forbach » par Bernard GEITER, « Forbach à gauche » par Florence RENARD. Le maire sortant est donc lui aussi dans une configuration où il pourrait se retrouver cerné au second tour.
À Saint-Avold, c’est un duel entre maires qui prend place dans une élection à 6 listes. René STEINER, maire sortant, et André WOJCIECHOWSKI, ancien maire, sont tous deux candidats. Tristan ATMANIA (centre) et Amandine GUERIN sont à la tête de listes « divers ». Christian PORTA se présente avec une liste « Ouvrière et solidaire » de gauche. Hervé SIMON est lui le candidat du Rassemblement national. Le député RN Alexandre LOUBET est sur le ticket. Ce dernier avait obtenu 44,59 % des suffrages à Saint-Avold aux dernières législatives de 2024. Le RN peut-il y créer la surprise ?
Amnéville semble être elle aussi à la portée du Rassemblement National. Le parti de Jordan BARDELLA a investi Grégoire LALOUX, exfiltré du conseil municipal de Metz pour être parachuté à Stahlheim dans cette perspective. Forte d’un score de 59,54 % aux dernières législatives sur la commune, la victoire de l’extrême droite est une possibilité. Éric MUNIER, le maire sortant, est bien décidé à garder sa place, mais il devra faire avec une concurrence en interne : Emmanuel HOLTZ, son ex-adjoint est sur la ligne de départ. La figure de l’opposition Xavier DIEUDONNÉ se représente une nouvelle fois après des candidatures en 2014 et 2020.
A Hayange, le maire RN Fabien ENGELMANN est une nouvelle fois candidat à sa propre succession. Il fera face à la liste de Nathalie AMBROSIN-CHINI (PS), mais aussi à une liste d’extrême gauche menée par Anne-Catherine LEVECQUE. Pour les électeurs de cette commune, le choix au soir du second tour s’apparentera à un « Stop ou encore« … si tant est qu’il y ait un second tour, car lors des élections municipales de 2020, il avait été élu au soir du premier tour avec 63 % des suffrages exprimés, dans un contexte de pandémie de Covid-19.
Une commune sans candidat
Hestroff, une petite commune de moins de 500 habitants se situant non loin de Bouzonville, fait parler d’elle depuis quelques jours. Elle est la seule de Moselle a n’avoir aucune liste qui se présente pour ces élections municipales 2026, et l’une des 68 communes du pays à se retrouver dans cette situation.
Pierre LOUNISSI, le maire sortant avait l’intention de se retirer, mais face à l’absence de candidats il envisageait bien de se représenter, comme il l’a confirmé à Moselle TV. Le retrait tardif d’une colistière a empêché la liste d’avoir la parité. Pour les communes dans cette situation, de nouvelles élections seront organisées sous trois mois. La commune sera entre-temps placée sous tutelle et administrée par trois personnes désignées par la préfecture.
Des premières tendances aux chiffres définitifs, les résultats des élections municipales 2026 seront à suivre dès 20h, pour les deux tours, sur Tout-Metz.