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Toponymie de noms de rues à Metz

La toponymie, c’est l’étude des noms de lieux ! Peut-être pas grand chose, ça peut paraitre simple, mais c’est un outil des plus utiles pour l’histoire.

Parfois, la mémoire des noms garde un souvenir bien plus ancien que la mémoire de la pierre.

Un petit exemple très simple : prenons un village qui a sur son territoire une vallée qui s’appelle “Château Lacombe”. Et bien, on peut penser que cette vallée, cette combe, a abrité de par le passé un château, même s’il n’y a aucun reste apparent !

Des recherches archéologiques et documentaires pourront ensuite affirmer ou contrecarrer l’idée proposée… L’étymologie raconte l’histoire des noms, l’histoire des lieux, quand on l’étudie en profondeur.

Et Metz, par sa longue histoire, est une source phénoménale de noms anciens, disponibles à l’étymologie.

Ainsi, la belle et attirante rue Serpenoise, au centre-ville piéton. Pas très évident, d’où peut bien venir ce nom de “Serpenoise” ?

En bref, la rue a été construire sur l’une des très grande voies romaines, qui amenait les légionnaires partout dans l’empire romain.

Et ainsi ici, c’est la voie qui allait de Lyon à Trèves qui peut se retrouver sous la rue Serpenoise. Et cette voie romaine a été nommée du nom d’un village qui se trouve au milieu de son tracé : Scarpone, qui est l’ancien nom de Dieulouard, près de Nancy !

Ainsi, la voie de Scarpone (Via Scarponensis en latin), a donné les fondations de la rue Scarponensis de Metz. Et les déformations des langues et du temps, nous donne aujourd’hui le nom de la rue Serpenoise.

J’avouerais que ce cas reste complexe, mais il montre alors toute la difficulté que peut avoir cette étude des noms ! Mais à côté de cela, bien des études restent simples, et passionnantes.

La “Fournirue” est la rue qui descend de la cathédrale à la place des Paraiges puis place Saint-Louis à Metz.

Quand la rue Serpenoise (qui se continue dans la rue Taison) était l’axe nord-sud de la ville, et également la voie romaine allant de Trèves à Lyon ; la Fournirue était l’axe est-ouest, et par ailleurs la voie romaine qui conduisait de Reims à Strasbourg.

Mais d’où lui vient ce nom de “Fournirue” ? Cette fois-ci, pas si complexe ! La “Fournirue” était… la rue des Fourneaux !

Car c’était le quartier où travaillait la majorité des orfèvres et fondeurs de Metz au Moyen-âge.

Des travailleurs Messins du fer, de l’or et de l’argent, qui étaient réputés être des maîtres, des artistes majeurs, au début du Moyen-âge.

Une petite dernière, pour montrer la prudence qu’on doit garder dans ces études : colline Sainte-Croix, rue d’Enfer !

Qui ne penserait pas directement au diable, à Satan et Belzébuth, au feu et aux tortures du monde des morts sous-terrain ? Mais non ! Rue d’Enfer, car avant rue “Inferior” en latin, c’est à dire, “inférieur”, ou “plus bas”.

En effet, la rue d’Enfer permettait aux habitants de la colline Sainte Croix de descendre cette rue escarpée pour arriver aux jardins du bas de la colline ! Les jardins plus bas… d’où rue plus bas, rue “Inferior”, transformée par le temps en “rue d’Enfer”.


Illustrations : ville de Metz ; Yatahonga ; la Lorraine Gallo-Romaine ; Christian Batisse.

7 commentaires

  1. Enfin la solution à une question posée par mon prof d’histoire de 3ème , il y a plus de 30 ans et restée sans réponse pour cause de départ en grandes vacances !
    C’était ma madeleine de Proust….

  2. Pour un plan historique de Metz avec les différents noms qu’ont eu ces rues dans l’histoire de la ville, se référer au très bel ouvrage de Sebastien Wagner, “Dictionnaire historique des rues de Metz”, édition Serpenoises !

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