La Française de l’Énergie (FDE) a annoncé le 23 mars 2026 que le forage profond réalisé à Pontpierre en Moselle est un succès. L’opération confirme une présence très importante d’hydrogène naturel, l’hydrogène « blanc », dans le sous-sol. Il pourrait même s’agir de l’un des gisements les plus importants de la planète.
Un forage d’une profondeur de 3 655 mètres
Après la découverte d’hydrogène naturel réalisée à Folschviller, la FDE a lancé en 2023 le programme de recherche REGALOR II en partenariat avec la région Grand Est et l’Union européenne « afin de mieux comprendre le système de génération de cette énergie décarbonée, qualifier sa présence et préparer les étapes de caractérisation nécessaires à toute valorisation potentielle », rappelle la Française de l’Énergie dans un communiqué de presse.
La présence d’une réserve contenant potentiellement jusqu’à 34 millions de tonnes d’hydrogène suscitait déjà des réactions plus qu’enthousiastes en Moselle alors que les études se poursuivaient. Ainsi, les premières conclusions des travaux menés à Pontpierre, petite commune située juste à côté de Folschviller, étaient particulièrement attendues par les observateurs.
Elles sont désormais publiques, puisque l’entreprise vient d’annoncer le succès du forage, qui est à ce jour le forage le plus profond au monde dédié à l’hydrogène naturel. Ce puits expérimental, nommé PTH-2, a en effet atteint la profondeur de 3 655 mètres et a déjà livré de précieux enseignements pour la suite du projet.
Il a notamment permis de confirmer « de nouvelles occurrences d’hydrogène naturel » et de recueillir « les données nécessaires aux futurs travaux de certification en amont d’un éventuel développement industriel ». Les scientifiques ont aussi pu mieux comprendre les mécanismes de formation de l’hydrogène dans l’aquifère souterrain. Des résultats plus qu’encourageants pour la Française de l’Énergie qui se réjouit d’avoir franchi « un jalon stratégique » pour la filière.
Quel est le planning ?
Les prochaines étapes de recherche sont déjà connues. « D’ici fin avril, le puits PTH-2 sera équipé avec la sonde SYSMOG™ afin de réaliser des mesures in-situ de concentration d’hydrogène dissous puis avec la sonde SYSPROG™ afin de tester des membranes destinées à séparer l’hydrogène et l’eau en profondeur », précise la FDE.
En parallèle, à la suite de l’obtention du plus grand permis européen de recherche exclusif sur l’hydrogène naturel, dit des « 3 évêchés » d’une surface de 2 254 km2, FDE va pouvoir étudier l’ensemble du bassin afin d’en délimiter l’étendue, d’en évaluer le potentiel et d’engager les travaux préparatoires à une première certification visée à partir de 2027.
extrait du communiqué de la FDE
Suite aux avancées réalisées, le groupe précise que des discussions sont en cours en vue du lancement de programmes de recherche adaptés aux configurations locales, en Allemagne, au Luxembourg ainsi que dans l’ancien bassin minier du Pas-de-Calais. Des recherches sont aussi prévues dans le Kansas, aux États-Unis, où des sondages pourraient débuter dès le second semestre 2026. La Moselle se retrouve donc au centre des échanges.