Après avoir vécu une période de turbulences, le tiers-lieu messin Bliiida va mieux. C’est le message que son directeur Jean-Pierre BURGER a voulu porter en conviant les journalistes locaux ce jeudi 19 février 2026. Il veut aujourd’hui se projeter vers l’avenir qu’il aborde avec confiance, mais surtout avec ambition.

« Je suis arrivé en juillet 2021 à Bliiida dans une espèce d’ambiance un peu chaotique », rappelle Jean-Pierre BURGER. Un changement de cap politique, une gouvernance en crise, une pandémie du Covid-19 et une situation économique compliquée étaient alors autant de facteurs qui ont laissé un temps planer un doute sur l’avenir du tiers-lieu. Certains affirmaient alors qu’il fallait réduire la voilure, d’autres, au contraire, voulaient investir massivement pour donner une nouvelle dimension au site.
Avec un taux d’occupation supérieur à 90 % et 104 structures résidentes pour plus de 150 emplois, le tiers-lieu s’est, chemin faisant, refait une santé. « Bliiida est un lieu en croissance puisqu’en 2021 l’association faisait 950 000 euros de chiffre d’affaires, aujourd’hui en 2026 on est sur un prévisionnel de 1,4 million », explique le directeur, qui met en avant la solidité des partenariats établis ces dernières années, dont celui avec Fluxus, l’incubateur culturel de la DRAC.
Si Bliiida a pu être perçu par le passé comme un espace hybride, voire fourre-tout pour ses détracteurs, le site se définit désormais de plus en plus comme un centre de la création culturelle et de l’innovation artistique :
« Là on est vraiment aujourd’hui dans une voie qui est clairement identifiée : on est dans un pôle des industries culturelles et créatives, avec du spectacle vivant, des artisans d’art, des créateurs ».
Gautier RAGUENAUD, responsable du développement de Bliiida
Le déplacement du « pôle des start-ups » vers le technopôle, accompagné par le départ de l’incubateur The Pool et l’ouverture de la MIEUU, la maison de l’innovation et de l’entrepreneuriat, a un temps inquiété en interne, mais ce n’est désormais plus le cas. « Au final, ça a permis une forme de clarification qui a renforcé notre identité et nous permet d’être mieux identifiés auprès des acteurs culturels », confie Gautier RAGUENAUD.
Bliiida a aussi su modifier ses statuts internes : « On a moins de politique dans le conseil d’administration, c’est ce qui avait été demandé, on est passé de 14 à 6, 3 de la métropole et 3 de la ville de Metz. Cela s’accompagne aussi d’une plus grande participation des membres de l’association » détaille Jean-Pierre BURGER.
Les projets de Bliiida
Maintenant que la structure est stabilisée, le grand objectif de Bliiida est d’assurer sa pérennité : le site est mis à disposition de l’association jusqu’à fin 2026, mais une solution à long terme est souhaitée. « Si on a un bail emphytéotique, on sécurise le lieu sur du long terme, on parle de 30 ans, 40 ans, voire plus. On stabilise le modèle économique et surtout on va se créer une capacité d’investissement », affirme Jean-Pierre BURGER.
Le projet est de continuer à travailler la nouvelle identité de Bliiida en exploitant au mieux ses espaces, mais aussi d’ouvrir encore plus largement le site aux Messins. « On a envie que ce soit ouvert tout le temps. C’est-à-dire qu’à 9h00 les gens puissent rentrer à Bliiida, puissent aller voir un atelier de céramique, puis boire un café, avant d’aller à l’atelier numérique partagé pour utiliser une imprimante 3D », ajoute le directeur. L’idée d’avoir un jour un restaurant sur place est aussi envisageable.
Retrouvez ici son intervention :
Cette prise de parole des équipes de Bliiida intervient dans un contexte électoral : celui des municipales 2026. Pour Jean-Pierre BURGER, l’idée est de réexpliquer l’importance du site aux prétendants à la mairie « pour que tout le monde soit sur le même pied d’égalité » et casser les préjugés existants encore sur le tiers-lieu.