Municipales 2026 à Metz : Bertrand MERTZ fera cavalier seul pour le 2nd tour, un pari politique. De leur côté Charlotte LEDUC et Jérémy ROQUES s’unissent pour présenter leur union aux électeurs. Il y aura donc 2 listes de gauche au second tour, qui actent d’avance la défaite face au maire sortant, et se mettent en concurrence l’une face à l’autre. Aux électeurs de gauche de faire un choix.
Face à un François GROSDIDIER qui doit maintenir ses électeurs mobilisés pour l’emporter sereinement dimanche prochain, la gauche messine se retrouvait face à ses responsabilités après le 1er tour des municipales à Metz, actant d’une division prévisible. Dans cet autre temps politique de l’entre-deux tours où l’on peut imaginer alliances, recompositions et unions, Bertrand MERTZ a tiré le premier en ce lendemain de scrutin.
En exprimant en préfecture dimanche soir une grande déception à la lecture des chiffres du premier tour, Bertrand MERTZ n’affichait pas à ce moment-là, le visage combatif que certains auraient peut-être voulu voir, l’impression laissée étant plus celle de la gestion d’une (plus que) probable défaite face à François GROSDIDIER.
Après avoir annoncé dès les résultats connus qu’il maintiendrait son refus de fusionner avec la candidate LFI en raison des positions nationales du parti d’extrême gauche, Bertrand MERTZ a annoncé ce lundi matin à 9h45 par voie de communiqué que les « exigences inacceptables » de Jérémy ROQUES (9,94% des voix, et donc sans possibilité de maintien), le conduisaient à maintenir l’intégralité de sa liste au second tour, et à placer ainsi Jérémy ROQUES sur la touche pour ce qui le concernait.
Des versions très opposées de la lecture d’un désaccord, et une place de leader de l’opposition de gauche en jeu
À 14h00, Jérémy ROQUES apparaissait aux côtés de Charlotte LEDUC, à qui il se ralliait officiellement pour le second tour, celle-ci ayant sauvé de justesse (10,40%) sa capacité à se maintenir. Se faisant, Jérémy ROQUES préserve ainsi la capacité de sa liste d’origine à maintenir une présence au conseil municipal pour le prochain mandat, ce dont la décision Bertrand MERTZ la privait d’office.
Tout en confirmant que des échanges avec Bertrand MERTZ avaient bien eu lieu en soirée avant de tourner court, Jérémy ROQUES a accusé le candidat du PS de lui avoir fait une proposition « indigne », avec seulement deux places aménagées parmi les dix premières dans la liste de second tour.
Dans la foulée, Bertrand MERTZ s’est à nouveau exprimé sur les réseaux sociaux pour rétablir sa « vérité des faits » sur l’union de la gauche, où il dénonce lui même le comportement de Jérémy ROQUES.
« Les méthodes de Jérémy Roques ne sont pas conformes à l’idée que je me fais de ce que devrait être l’action politique et ne permettent pas d’établir le climat de confiance sans lequel il n’y a pas d’entente possible. »
explique Bertrand MERTZ
Sa liste fera donc face à celle de Charlotte LEDUC et de Jérémy ROQUES réunis, à celle du candidat du RN Étienne ANSTETT, et bien sûr à celle de François GROSDIDIER, dans une quadrangulaire ce dimanche 22 mars. Avec 13,4% des suffrages exprimés au 1er tour en sa faveur, Bertrand MERTZ peut difficilement imaginer battre le maire sortant qui émarge à 43,1% au 1er tour.
Le candidat semble néanmoins faire le pari politique qu’en glanant des voix du côté des soutiens de Ludovic MENDES (4,8% au 1er tour) il pourrait s’imposer comme le leader d’une opposition de gauche ouverte sur le centre s’il termine 2ème du scrutin. Reste que ce candidat, qui est aussi député de la 2ème circonscription de la Moselle, n’a pas transmis de consigne de vote aux 1 556 électeurs qui ont glissé son nom dans l’urne ni exprimé un quelconque soutien, et il nous a confirmé qu’il ne le ferait pas.
Les voix des électeurs ne sont pas des mathématiques exactes dans une élection, et elles n’appartiennent à aucun candidat. Ensemble, Charlotte LEDUC et Jérémy ROQUES ont réuni 6 634 bulletins au 1er tour. Le pari de Bertrand MERTZ, qui en a cumulé 4 361 à lui tout seul, peut s’avérer risqué pour ce qui est du leadership de la gauche d’opposition au conseil municipal. Ces quatre là réunis ont aligné 12 551 voix, là où François GROSDIDIER en a récolté 14 056. L’abstention, elle, a représenté près de 38 000 électeurs absents des bureaux de vote.