En décembre dernier, seuls 41% des français se déclaraient optimistes pour 2026 (selon un sondage IPSOS). Cette statistique tombait alors que les guerres se succèdent à l’international jusqu’aux frontières de l’Europe, que les effets de la crise énergétique se font encore sentir et que la réalité du dérèglement climatique inquiète toujours plus. Et depuis, il y a eu le Vénézuela, le Groënland, l’Iran… et la hausse du prix du carburant qui va en découler. Dans ce contexte, il est parfois difficile d’intéresser les Messines et Messins à la vie de la cité. C’est pourtant bien à l’échelle locale que sont prises nombre de décisions qui ont un impact direct et visible sur la vie quotidienne des citoyens, et c’est bien pour les élections municipales 2026 qu’ils seront dans quelques jours appelés aux urnes afin de choisir quelles mesures les intéressent.
À quelques jours du premier tour, qui se tiendra le 15 mars, la rédaction de Tout-Metz vous propose de vous intéresser aux attentes des électeurs du territoire métropolitain. Une analyse réalisée grâce aux données recueillies auprès de nos lecteurs dans le cadre de notre enquête qui s’intéresse à leur opinion réalisé du 14 février au 1er mars, où 895 participants se sont exprimés.
L’une des principales questions posées au sujet de l’avenir proche était la suivante : « Parmi les enjeux suivants, veuillez classer par ordre de priorité les domaines qui devraient être au cœur du programme du/de la futur(e) maire de Metz ». Les 9 priorités suivantes étaient « en concurrence », à classer selon la perception de chacun(e) :
- Lutte contre l’insécurité
- Amélioration de la propreté urbaine
- Développement des transports en mode doux (piétons, vélos)
- Attractivité pour les commerces / le centre ville / les quartiers
- Logement et politique d’urbanisme (rénovation, construction)
- Renforcement de l’offre culturelle
- Renforcement de l’offre sportive
- Accélération de la transition écologique
- Soutien aux associations et renforcement du lien social
Des thèmes à la fois liés à la ville mais aussi à la métropole (même si à ce niveau il n’y a pas de vote direct, lire ici), des thèmes intergénérationnels, pour demain mais aussi pour les générations à suivre.
Les résultats démontrent des tendances claires et une certaine logique qui transcende les préférences politiques, avec des priorités très dominantes pour chaque strate du classement (de 1 indiquant une priorité absolue, à 9, la moins importante des priorités par rapport aux autres), même si des distinctions assez radicales existent sur certaines thématiques.
Pour cette analyse, nous nous intéressons ici aux choix dominants (le plus grand nombre de votes pour chaque priorité, visibles dans le tableau ci-dessous), mais aussi aux moyennes calculées par le cumul des données (2nd tableau, plus bas dans la page, qui démontre la classification proprement dite de l’ordre des priorités).

La lutte contre l’insécurité est sans conteste la plus grande attente des votants avec 514 répondants la plaçant en 1ère position. Aucun autre thème ne recueille un score comparable et lorsque l’on analyse la liaison politique des répondants, il est notamment largement en tête chez les soutiens de François GROSDIDIER, le maire sortant, et d’Étienne ANSTETT, le candidat du Rassemblement National. Plus largement, ce sont les électeurs de plus de 50 ans qui plébiscitent la lutte contre l’insécurité comme enjeu dominant. À gauche, notamment chez les partisans de Charlotte LEDUC et de Jérémy ROQUES notamment, cette priorité est très majoritairement bien plus basse, et souvent en dernière position, dans l’ordre des priorités. Un véritable clivage gauche / droite, les premiers disant que la ville est suffisamment sûre, et les seconds disant qu’elle ne le serait pas encore assez (lire ici : l’avis des lecteurs sur le bilan du maire sortant, au paragraphe « La sécurité : un axe fort du mandat, qui ne paye pas »).
Le centre et la gauche sont moins unanimes sur leurs aspirations prioritaires. Reste que les thèmes « Accélération de la transition écologique », « Développement des transports en mode doux (piétons, vélos) » et « Logement et politique d’urbanisme (rénovation, construction) » se hissent systématiquement vers la tête du classement chez les électeurs plus jeunes et ceux souhaitant l’élection d’un candidat de gauche, souvent de la 1ère à la 3ème place. L’attente est donc forte sur la prise en compte d’un avenir qui s’assombrit chaque jour sur le front environnemental.
L’amélioration de la propreté urbaine, un sujet somme toute classique des municipales se trouve classée en 2ème position par 371 votants. Une fois encore ce sont les électeurs de François GROSDIDIER et d’Étienne ANSTETT qui se prononcent massivement pour cette thématique. Mais comparé aux autres, le sujet se positionne néanmoins en 4ème position sur la moyenne de l’intégralité des réponses.
En 3ème position se distingue le développement des transports en commun (378 votes). La priorité est particulièrement plébiscitée par les soutiens des candidats de gauche (le sujet remonte à la 2ème place en prenant la moyenne de tous les participants). L’attractivité des commerces est le plus souvent classée 4ème (363 votes) mais remonte à la 3ème place en note moyenne, tandis que le logement apparaît le plus souvent en 5ème position (379 votes).
Le renforcement de l’offre culturelle est majoritairement classé en 6ème (415 votes). Suit ensuite en 7ème position le renforcement de l’offre sportive (433 votes), l’accélération de la transition écologique en 8ème position (405 votes). Globalement, l’écologie se retrouve régulièrement reléguée en fin de classement pour les répondants de droite ou d’extrême droite. Elles est généralement bien plus élevée le l’autre côté du spectre politique. Mais comparée à toutes les priorités, ce n’est visiblement pas la plus urgente.
Le soutien aux associations arrive globalement en 9ème position (451 votes).
| Classement | Priorité interrogée | Position moyenne de la priorité (sur 9) dans tous les votes |
|---|---|---|
| 1 | Lutte contre l’insécurité | 3,15 / 9 |
| 2 | Développement des transports en mode doux (piétons, vélos) | 3,72 / 9 |
| 3 | Attractivité pour les commerces / le centre ville / les quartiers | 3,97 / 9 |
| 4 | Amélioration de la propreté urbaine | 4,15 / 9 |
| 5 | Logement et politique d’urbanisme (rénovation, construction) | 4,33 / 9 |
| 6 | Renforcement de l’offre culturelle | 5,66 / 9 |
| 7 | Accélération de la transition écologique | 6,14 / 9 |
| 8 | Renforcement de l’offre sportive | 6,93 / 9 |
| 9 | Soutien aux associations et renforcement du lien social | 6,95 / 9 |
Il paraît ici important de signaler qu’une thématique mal positionnée ne signifie pas pour autant qu’elle n’intéresse pas le répondant, et vice-versa, mais l’information est à remettre dans le contexte d’un ordre de priorités qu’il cherche dans un programme pour les municipales à Metz.
Quel type de candidat privilégie les Messines et Messins ?
Parmi les sondés, 603 se sont exprimés sur le profil du candidat qu’il aimerait voir élu en 2026. Les propositions visaient à « tirailler » les répondants dans une autre forme d’interrogation que celle centrée sur les profils en lice, sans quoi la question aurait été inutile.

Le profil le plus populaire (31,2% des avis) est celui du candidat d’expérience ayant déjà exercé une fonction, 24,9 % des participants votent avant tout pour un parti ou une orientation politique. Le 3ème profil le plus souhaité est celui d’un jeune candidat, à 20,6 % des avis. Le candidat issu de la société civile arrive ensuite en 4ème position avec 14,4 % des votes. Ces résultats peuvent être mis en perspective avec les intentions de vote exprimées par nos lecteurs pour le 1er tour des municipales à Metz à consulter ici.
Les votants sont donc relativement divisés sur le profil qu’ils souhaitent voir accéder à la mairie. Une majorité d’électeurs (un peu plus de la moitié) cherchent à être rassurés ou confortés par l’appartenance à un parti ou le vote pour une figure d’expérience.
Une certaine logique générationnelle est respectée dans le détail des profils des répondants : le profil d’expérience trouve un écho auprès des électeurs plus âgés : massivement chez les 65 ans et plus et de manière significative chez les 50-64 ans, tandis que le candidat jeune et porteur d’un renouvellement est populaire aussi bien pour les 18-25 ans, que les 26-35 ans et les 36-49 ans. Le désir d’un candidat de la société civile transcende les générations avec une répartition plus homogène des (faibles) soutiens.
L’étiquette politique que l’on pourrait imaginer secondaire dans une élection municipale représente néanmoins près d’un quart des voix des lecteurs qui ont répondu. Le poids de la logique d’appareil est donc bien présent.
Qui pour présider la métropole ?
Notre enquête a également invités les participants à se prononcer sur la provenance du futur président de la métropole. La question était de savoir s’ils préféreraient avoir un(e) président(e) de la métropole maire de Metz, maire d’une autre commune, ou si c’était en réalité un non sujet.
Les Messins préfèreraient une Présidence messine de la Métropole
Pour les participants indiquant voter à Metz (603 personnes), c’est bien le maire de Metz qui doit présider le conseil métropolitain. Cet avis est partagé par près de la moitié des sondés (47,3 %). Seuls 15,1 % des participants déclarent préférer voir le maire d’une autre commune que Metz comme président de la métropole.

Les métropolitains (hors Metz) préféreraient l’inverse
Parmi les personnes qui votent dans l’une des 45 autres communes de la métropole (hors Metz donc) (159 réponses), 50,9 % déclarent privilégier un président de la métropole qui n’est pas maire de Metz. Seuls 28,9 % indiquent préférer un maire issu de la ville centre tandis que 20,1 % ne s’intéressent pas à cette problématique.
L’idée d’avoir un président issu d’une des 45 autres communes hors de la ville centre apparaît donc comme populaire.

Des métropolitains qui souhaitent connaître à l’avance le choix de leurs propres candidats
La transparence en politique… un sujet qui ne divise pas les électeurs, et les lecteurs de Tout-Metz qui ont répondu à notre enquête non plus.
73 % d’entre eux considèrent que les candidats dans leur commune doivent les informer à l’avance de leur préférence pour la présidence de la métropole avant le 1er tour des municipales tandis que 10 % souhaitent le contraire. Les 17 % restants ne se positionnent pas. Face à cette donne, il sera intéressant de constater si le vote pour la présidence de la métropole sera réalisé de façon confidentielle (dans une urne) tel que celui qui avait été effectué en 2020, ou à mains levées.
Un pourcentage également évocateur d’une prise de conscience majeure quant à l’importance et l’impact des missions la métropole sur le quotidien des 46 communes, et donc des orientations les concernant qui y sont prises.
Rendez-vous dans notre rubrique municipales 2026 pour consulter nos articles sur le bilan de François GROSDIDIER en cliquant ici.
Enquête réalisée entre le 14 février et le 1er mars 2026 auprès de 895 répondants anonymes, lecteurs de Tout-Metz, classés selon 3 groupes principaux, 603 indiquant voter à Metz, 158 indiquant voter dans l’une des communes de la métropole, en précisant laquelle. Cette enquête n’est pas un sondage au sens de la loi française du 19/07/1977, elle ne présente donc pas les garanties de méthode et de de représentativité exigées d’un sondage électoral.