C’est une information qui est pour l’instant passée inaperçue, mais qui promet de faire parler d’elle à l’avenir. Les collectivités pourront très prochainement lancer par elles-mêmes des dossiers pour installer des radars sur leur territoire en accord avec la loi du 21 février 2022, dite loi « 3DS ».
À Metz, l’élu d’opposition Victor CHOMARD (RN) a interrogé la majorité sur la question ce jeudi 4 juin 2026 en fin de conseil municipal, demandant au maire de Metz, François GROSDIDIER, de clarifier sa position face au risque d’un « nouveau racket organisé » des automobilistes.

Pour qu’une collectivité, comme la ville ou l’Euro-Métropole de Metz, installe un radar il ne faudra bientôt plus que l’aval du préfet avant d’avoir le droit de soumettre le dossier à la consultation de la commission départementale de la sécurité routière, sur la base d’une étude d’accidentalité. Si le dossier est validé, la collectivité pourra alors procéder à l’achat et au déploiement du dispositif.
« Ça peut être un outil » a affirmé le maire, qui, s’il n’est pas complètement convaincu par la démarche de l’État, ne nie pas que de quelques radars pourraient améliorer la sécurité routière à Metz. « L’installation de radars en ville n’est pas pour moi une menace pour les citoyens, mais peut être une chance de les protéger, à condition que ce soit mis aux endroits accidentogènes et non aux endroits piégeux », a expliqué François GROSDIDIER, soulignant que l’État « a trop souvent fait le choix de la rentabilité ».
Des radars pourraient donc apparaître là « où il y a un vrai problème de vitesse excessive » et « où le reste a échoué ». L’exemple de la rue de Vallières a notamment été évoqué comme un axe qui pourrait un jour accueillir une installation de ce type. « L’insécurité routière passe bien souvent devant les autres formes d’insécurité dans les réunions publiques », a insisté le maire.
L’exercice lui laissant le droit de s’exprimer une seconde fois, Victor CHOMARD s’est montré dubitatif devant les retours de la majorité. « On note que vous ne dites pas non par principe. On n’a aucune indication que les élus locaux seront plus vertueux que l’État », s’est-il inquiété.
Un faux problème selon François GROSDIDIER, qui a précisé que « 20 % des recettes iront aux collectivités, mais la redistribution se fera à l’échelle nationale, de manière décorrélée à l’installation des radars. Nous n’aurons pas un euro de plus si nous en installons ». Ainsi, les coûts des dispositifs seront entièrement à supporter par les collectivités tandis que l’État empochera la part du lion.
« On n’a même pas le tarif » a nuancé le maire, ne désirant pas faire des annonces sans avoir tous les éléments. Il a néanmoins ajouté que d’autres solutions ont été mises en place pour faire lever le pied aux automobilistes à l’image des pancartes d’enfants qui se généralisent dans la commune.