Pour les automobilistes, les travaux se sont traduits par une simple limitation de vitesse à 70 km/h au lieu de 90 km/h sur le viaduc de Beauregard, à hauteur de Thionville, sur l’A31. Pourtant, l’enjeu réel était tout autre. C’est la survie de l’ouvrage lui-même qui était dans la balance avec le risque d’une fermeture partielle ou totale de l’autoroute si rien n’était fait.
En coulisses, il fallait donc faire vite pour sauver ce vieux viaduc en souffrance et éviter un « scénario catastrophe » allant de la coupure de l’autoroute à un effondrement pur et simple de l’ouvrage. Alors que la région Grand Est a convié la presse à découvrir le résultat des opérations ce mardi 23 juin 2026, c’est le soulagement qui est de mise. La menace est désormais écartée.

Les investigations techniques menées par l’État avaient mis en évidence une dégradation structurelle de l’ouvrage construit au début des années 70 avec une technique aujourd’hui interdite. « Les études avaient révélé une importante corrosion des parements métalliques et la présence de ruissellement d’eau », explique Benjamin COLLIN, adjoint au responsable du service d’ingénierie routière auprès de la DIR Est. Résultat, le viaduc affichait des mouvements jugés inquiétants, qui nécessitaient une intervention immédiate.
« Il y avait un risque de basculement de l’ouvrage. Sans ce chantier, on aurait dû interdire l’accès du viaduc aux poids lourds ou peut-être même couper la circulation sur l’A31. »
explique Thibaud PHILIPPS, vice-président de la région Grand Est dédié aux mobilités
Une coupure du viaduc de Beauregard, qui supporte chaque jour le passage de près de 80 000 véhicules, dont 15 % de poids lourds, et qui assure un rôle névralgique dans le flux entre Metz et le Luxembourg, aurait eu des conséquences dramatiques pour le quotidien des usagers.
Pour résoudre le problème sans couper la circulation, les ingénieurs ont dû s’adapter. La solution choisie consiste à bâtir une structure protectrice tout autour de la zone malade. Les ouvriers ont ainsi dû procéder à la plantation de 148 pieux de fondation de grand diamètre ancrés jusqu’à 20 mètres de profondeur. Un imposant mur de béton de 8 mètres de haut et de 80 centimètres d’épaisseur est sorti de terre sous le viaduc. Plus de 30 000 tonnes de remblais ont été mobilisées.
Le nouveau dispositif vient former un « sarcophage » pour bloquer définitivement toute déformation de la structure d’origine. Reste pour les équipes à finir de poser les « écailles en béton sur les côtés de l’ouvrage, une opération qui devrait encore durer quelques semaines. Les travaux doivent ainsi permettre de prolonger d’une centaine d’années la viabilité du viaduc.
Le coût du chantier s’élève à 13,1 millions d’euros indique la région Grand Est. Découvrez ici les travaux en images (cliquez sur les photos pour les agrandir) :













