Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé il y a quelques jours la subvention de 490 000 euros octroyée par la ville de Metz à l’association Grande Mosquée de Metz. Alors que la collectivité a déjà annoncé son intention de faire appel de la décision les réactions fusent de toutes parts. Retour sur cette décision de justice.

En juillet 2024, le conseil municipal de Metz décidait d’attribuer une subvention de 490 000 euros pour soutenir la construction de la nouvelle Grande Mosquée de Metz, avec l’aval de conseillers de la majorité et de la gauche messine, et malgré l’opposition des conseillers RN. L’Union des Familles laïques (UFAL) de Metz avait saisi la justice pour contester la légalité de ce financement.
La décision rendue le 30 décembre 2025 par le tribunal administratif de Strasbourg a finalement annulé la subvention. Ce n’est pas une annulation en raison du financement d’une association à vocation cultuelle – rappelons que le Concordat est toujours en application en Moselle – mais sur la capacité de la ville à démontrer aux juges que cette subvention « répond à un besoin local », comme le précise le tribunal dans son communiqué.
Si la commune de Metz a exposé que la pratique du culte musulman s’exerçait dans des locaux, notamment les mosquées Amine et Amitié, d’une capacité insuffisante, elle n’a toutefois pas démontré avoir procédé à une analyse des besoins, et n’a produit pendant l’instruction de l’affaire aucun élément chiffré, ni état des lieux, de nature à établir que les capacités existantes seraient réellement insuffisantes.
indique la décision du tribunal de Strasbourg (communiqué)
Le tribunal a donc considéré qu’au vu du « montant conséquent de la subvention » l’existence d’un « intérêt public local n’était pas établie ».
Les réactions se multiplient après l’annulation
L’analyse du tribunal est contestée par la ville. Le maire de Metz, François GROSDIDIER, a notamment réagi en dénonçant une « décision qui paraît hors sol » et en confirmant qu’un appel est prévu.
Les conditions actuelles offertes à Metz pour la pratique du culte musulman ne répondent pas aux besoins. Il s’exerce de surcroît dans des conditions indignes pour ces pratiquants et insupportables pour les riverains…
François GROSDIDIER, maire de Metz (communiqué)
L’association de la Grande Mosquée de Metz a exprimé sa vive incompréhension « face à une décision qui ne reflète pas du tout la réalité vécue par les fidèles musulmans à Metz ». Elle affirme que le manque de places n’est pas limité aux grandes fêtes religieuses comme le soutient le tribunal, mais que la saturation est chronique et persistante, justifiant de l’intérêt du projet. L’association veut maintenant apporter analyse « complète et factuelle en appel pour que la situation locale soit pleinement prise en compte ».
Jérémy ROQUES, président du groupe Unis pour Metz, avait à l’époque voté pour cette subvention qu’il considérait comme une « mesure de justice », malgré son opposition de principe au Concordat. Le candidat Maintenant pour Metz aux municipales pointe maintenant du doigt la gestion de l’affaire par la majorité :
« Cette nouvelle décision de justice démontre une fois de plus l’amateurisme de François Grosdidier et de son entourage. Le maire actuel a passé une délibération en conseil municipal sans qu’une analyse des besoins et une étude de la salubrité et de la sécurité des sites actuels n’aient été réalisées. C’est confondant d’impréparation. »
a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux
Une analyse partagée par Étienne ANSTETT, candidat du RN aux municipales 2026 à Metz. « Cette décision s’inscrit malheureusement dans une série de signaux préoccupants qui montrent un amateurisme criant dans la gestion de la ville : contentieux répétés, méconnaissance du droit local, PLUi annulé », a-t-il précisé. Il indique se préoccupé dans le même temps d’une « instrumentalisation des subventions publiques à des fins électorales » et des « risques très forts de séparatisme portés par ce projet ».
L’UFAL a salué une « victoire pour la laïcité » alors que les procédures judiciaires sont appelées à se poursuivre et qu’une nouvelle décision devrait dans les mois à venir clarifier le devenir de cette subvention.