Alors que le thermomètre s’affole en Lorraine qui sera placée en alerte rouge canicule ce jeudi 25 juin 2026 dès 12h00, les équipes du Centre de Sauvegarde de la Faune Lorraine (CSFL) font face à la crise avec des vagues d’arrivées massives d’animaux sauvages victimes d’une canicule qui s’installe dans la durée.

C’est le branle-bas de combat depuis quelques jours au Centre de Sauvegarde de la Faune Lorraine à Valleroy. « On a récupéré en à peine trois ou quatre jours 235 animaux, dont 115 juste hier », explique ce mercredi Alexandre PORTMANN, responsable du CSFL.
Si les pics d’urgences sont habituels en été, la longueur de cette canicule met les capacités du centre à rude épreuve. « On est à 8 jours de canicule. Habituellement, on connaît plutôt des vagues de trois ou quatre jours où on a un afflux restreint. Mais là, c’est un afflux qui dure dans le temps. C’est quand même assez compliqué à gérer avec toutes les espèces confondues », témoigne-t-il.
La canicule étant survenue tôt dans la saison, les jeunes oiseaux sont les premières victimes, notamment des martinets et des hirondelles. Ces espèces, qui installent traditionnellement leurs nids sous les toitures ou dans les recoins des greniers, subissent des températures extrêmes, encore bien supérieures à celles dans les logements.
« Il fait 60 °C sous les toits où ils nichent alors leurs cerveaux surchauffent. Alors, les oisillons sautent des nids pour tenter de survivre », explique Alexandre PORTMANN. Pour ces petits tombés au sol, souvent âgés de seulement quelques semaines, le pronostic vital peut être rapidement engagé. Les particuliers sont donc nombreux à les récupérer pour les envoyer en urgence dans des centres de soin, tous débordés dans la région.
Le centre s’adapte face à la crise
Au sein du Centre de Sauvegarde de la Faune Lorraine, 6 soignants travaillent d’arrache-pied pour venir en aide aux animaux accueillis. Pour certaines espèces, comme les jeunes oiseaux, doivent être nourris toutes les heures, voire toutes les demi-heures. « Actuellement, on est entre 12 et 14 heures de boulot par jour pour les équipes », confie le responsable.
En réaction, le CSFL a annoncé la suspension temporaire de l’accueil de plusieurs espèces à compter de ce mercredi à 8h00. Figurent notamment les corvidés (corneilles, pies, geais…), les colombidés (pigeons, tourterelles), ainsi que les martinets, hirondelles, renards, fouines et chevreuils. En cas de doute, l’équipe invite le public à contacter directement le centre.
Si les bonnes volontés sont invitées à prêter main forte en tant que bénévoles, ils ne peuvent pas se substituer aux soigneurs. « On les oriente plutôt sur des tâches annexes : la vaisselle, la préparation de la nourriture ou le nettoyage. On ne peut pas confier des animaux de quelques grammes à des personnes sans expérience », détaille Alexandre PORTMANN.
Le CSFL en appelle désormais à la générosité des Lorrains. Une nouvelle cagnotte devrait être lancée dans les jours à venir pour faire face aux dépenses. Les personnes volontaires sont déjà invitées à s’engager au sein de l’association pour 15 € ou à réaliser des dons, déductibles d’impôts, via la page assoconnect du CSFL accessible en cliquant ici.