Si l’écopâturage connaît désormais un essor de plus en plus important en France, certaines communes ont été pionnières dans la pratique. À Montigny-lès-Metz, la ville a délaissé depuis 2015 les engins mécaniques au profit d’une méthode plus naturelle pour l’entretien de certains espaces verts. Ces tondeuses à quatre pattes et deux cornes font désormais bien partie du paysage.

Aujourd’hui, Montigny-lès-Metz compte deux sites d’écopâturage, à la prairie Jean-Marie Pelt et au stade Ney, où des vaches de race Highland Cattle entretiennent le paysage. Karl LENAOUR, responsable de la direction des paysages de la ville, se souvient des débuts en 2015 :
« À l’époque, on a cherché comment faire parce qu’à ce moment-là, ce n’était pas une pratique courante. On a finalement trouvé un éleveur local qui avait des Highland Cattle. C’était un souhait de la municipalité d’avoir ce genre de vaches qui n’étaient pas présentes à Montigny. »
explique-t-il.
Un partenariat a alors été noué avec les Highlands du Warndt, un élevage local situé à Merten, en Moselle.
Le choix des Highland Cattle, des vaches avec un long pelage et des cornes impressionnantes, n’est pas purement esthétique, bien au contraire. Cette race écossaise supporte bien le climat mosellan et peut rester dehors de Pâques à la Toussaint. « Elles ont surtout un appétit féroce », souligne le responsable.
Il ne s’agissait donc pas simplement de faire « joli », mais de trouver unesolution efficace pour que les espaces verts n’aient plus à intervenir sur la zone. « On ne tond plus, ce sont elles qui s’occupent de tout », s’enthousiasme Karl LENAOUR, qui défend l’efficacité redoutable de ces animaux capables de raser des herbes très hautes « là où les machines peinent parfois à être efficaces ».

Le recours à des vaches ou à des moutons a des avantages écologiques évidents. Une terre en écopâturage contient jusqu’à 10 fois plus de vers de terre qu’une terre entretenue par des machines. Les insectes sont eux aussi plus nombreux, ce qui fournit plus de nourriture pour les oiseaux nichant près de la Moselle. Le nouvel équilibre naturel favorise ainsi le développement de la biodiversité dans son ensemble, faune et flore comprises.
Sensibiliser à la biodiversité
Les vaches se trouvent sur un lieu vert, en bord de Moselle, entouré d’une forêt nourricière, du Jardin des Découvertes et d’un espace de pique-nique aménagé dans le cadre du budget participatif. Apporter de la vie animale dans ce cadre bucolique doit donc contribuer à sensibiliser les Montigniens.
« On crée des lieux conviviaux, des lieux de partage où l’on est bien. C’est pour ça qu’on travaille sur cette sensibilisation pour rendre tout le monde responsable de ce qui se passe aujourd’hui », raconte Véronique KREMER, adjointe à la transition écologique, aux parcs et jardins et à la vie animale en ville.
Ainsi, la municipalité a investi dans un panneau pédagogique pour expliquer l’intérêt de la démarche aux passants et a même ajouté des cartels présentant les espèces locales.

L’élue réaffirme l’importance de transmettre ces messages aux enfants dès le plus jeune âge. Ainsi, des élèves d’établissements scolaires du secteur, comme ceux du lycée de Courcelles-Chaussy, viennent ponctuellement visiter le site.
C’est souvent par des choses simples qu’on peut sensibiliser un enfant et lui permettre de se dire : « Pourquoi on ne laisse pas tondre les animaux au lieu d’utiliser une tondeuse qui fait du bruit ? ».
explique Véronique KREMER
La pédagogie transmise est aussi celle du bien-être animal. « On rappelle toujours qu’il ne faut pas nourrir les animaux », insiste l’adjointe au maire, qui précise que ce lien créé avec les animaux sert également à mobiliser les visiteurs pour lutter contre la pollution des espaces verts.