Politique & social

Un vote aux municipales, c’est aussi un vote (indirect) pour le président de Metz Métropole

Dans un mois, les citoyens des 46 communes de la métropole de Metz, seront invités à élire le nouveau maire de leur commune. Derrière les municipales se cache une autre élection, dont l’importance est tout aussi cruciale pour l’avenir du territoire : la désignation du président de la métropole.

Si le maire est élu directement par les électeurs, le vote est au scrutin indirect pour la présidence métropolitaine. Chaque citoyen est donc en droit de se renseigner, et d’interpeller les candidats pour savoir qui il soutiendra pour cette seconde échéance, et être en mesure d’orienter son choix avec les informations nécessaires.

Un vote aux municipales est indirectement un vote pour le futur président de la métropole, dont beaucoup sous-estiment encore le pouvoir.

Photo du conseil métropolitain.

En France, le maire est de loin l’élu préféré de la population, avec 60 % ayant une « bonne » ou une « très bonne » opinion de ce dernier. Son rôle est le plus facilement compréhensible. Le maire est présent sur place, inaugure des projets et vient régulièrement à la rencontre des habitants, dans les cérémonies ou les conseils de quartier.

La mairie est une collectivité s’inscrivant dans une longue histoire. Henri Jacques POUTET devient le premier maire de Metz le 8 février 1790. Bien avant cela, sous la République messine, un maître échevin gère les affaires de la ville dès le XIème siècle. Les noms s’enchaînent sans discrimination sur les murs de l’hôtel de ville, preuve d’un héritage solide.

La métropole est quant à elle une création relativement récente. Si un district de l’Agglomération Messine est créé dès 1975, et que de nouvelles communes sont peu à peu incluses au fil des années, la construction est lente. Metz Métropole obtient le statut de métropole seulement le 1er janvier 2018. Une jeune collectivité dont les prérogatives ne cessent d’évoluer.

Son nom aussi ne cesse de changer à la suite des procédures judiciaires successives : de Metz Métropole, à EuroMétropole de Metz, puis à nouveau Metz Métropole avant que ne soit validée la dénomination Euro-Métropole de Metz.

Ville, métropole : qui fait quoi ?

Pour la population, qui tend à méconnaître le périmètre exact et les compétences de cette nouvelle institution, il est difficile de s’y retrouver. Si quelque chose se passe à Metz, c’est vers la mairie qu’on pourrait se tourner naturellement. Pourtant, les grands projets sont pour la plupart pilotés par l’institution métropolitaine qui dispose des moyens les plus importants : Mettis, Serpentine, rénovation de l’Opéra-Théâtre, ouverture d’un Pavillon de la Biodiversité au musée de La Cour d’Or, nouvelle piscine de Woippy, etc.

La municipalité dispose de pouvoirs propres : ils restent non négligeables, notamment en matière de police municipale, d’urbanisme, d’action sociale et d’éducation. La métropole travaille elle à l’aménagement du territoire par la réalisation de documents stratégiques comme le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) annulé par le tribunal administratif de Strasbourg. Elle veille aussi au développement des mobilités et gère les grands équipements culturels. Le résumé est ici succinct tant les missions sont vastes.

Ces prérogatives peuvent paraître claires et bien définies, mais, en réalité, la distinction entre ce qui relève de la ville et ce qui relève de la métropole est souvent floue. Beaucoup de compétences se recoupent, se chevauchent, d’où la présence régulièrement de co-financements de projets ou d’événements partagés entre les deux collectivités. Par exemple, la propreté des rues est une compétence municipale, mais la collecte des poubelles est métropolitaine, tout comme la valorisation des déchets.

Un maire-président, ou un maire et un président ?

Les différences entre les deux collectivités étaient plus claires lorsque les pouvoirs étaient partagés politiquement entre Dominique GROS, ancien maire de Metz, et Jean-Luc BOHL, ex-président de la métropole. Désormais, François GROSDIDIER occupe les deux responsabilités et la logique est de mutualiser autant que faire se peut les services. 

En tant que maire, il est le véritable « patron » de la commune, exerçant une double fonction d’agent exécutif de la collectivité et de représentant de l’État sur son territoire. Dans le cadre de son rôle de président de la métropole, François GROSDIDIER délègue une partie de ses fonctions à un bureau composé de vice-présidents, souvent les maires des autres communes du territoire, mais pas uniquement. Il est ensuite chargé de faire appliquer les décisions votées par le conseil communautaire.

Ce cumul, qui offre au maire-président des pouvoirs conséquents, est une pratique courante dans les grandes agglomérations françaises. Elle rend d’autant plus indispensable pour l’exercice démocratique la bonne compréhension par la population des modes de scrutin et des compétences des deux collectivités.

Un vote, deux élections

Le système électoral actuel fait que l’électeur participe avec un seul bulletin au choix de son maire, mais aussi à la composition du conseil métropolitain, et par extension à la désignation du président de la métropole. L’électeur fait son choix, puis les jeux de pouvoir s’opèrent en interne. Pour les municipales, le citoyen ne vote pas théoriquement pour son maire, mais pour une liste. Ce sont ensuite les conseillers municipaux qui désignent le nouveau maire. Le raccourci est fait car il y a une visibilité sur le choix de la personne : une différence notable avec l’élection métropolitaine, où le vote se fait à bulletin secret.

Explications en vidéo :

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YouTube de Intercommunalités de France (2020)

L’attribution des sièges, tant au niveau municipal que métropolitain, se fait donc selon un scrutin de liste à la représentation proportionnelle, avec une forte prime majoritaire. La liste qui arrive en tête (avec la majorité absolue au premier tour, ou une majorité relative au second) se voit attribuer la moitié des sièges à pourvoir. L’autre moitié est répartie proportionnellement entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages.

Les conseillers communautaires ou métropolitains sont élus par « fléchage » selon le même mode de scrutin et par le même vote que les conseillers municipaux (article L. 273-6 du code électoral). Ainsi, les conseillers communautaires doivent obligatoirement être issus de la liste des conseillers municipaux. Nul ne peut être conseiller communautaire s’il n’est pas conseiller municipal.

Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité

Le candidat à la mairie de Metz est généralement l’un des principaux prétendants à la présidence de la métropole. Sa campagne municipale est aussi, implicitement ou non, une campagne pour la direction de l’intercommunalité.

Cela n’empêche pas d’autres maires de briguer le poste : la présidence de la métropole n’est pas automatiquement acquise au maire de Metz. En 2020, François GROSDIDIER l’avait même emporté d’une courte avance, à 51 voix contre 46, face à Jean-Luc BOHL, maire de Montigny-lès-Metz.

Dès les résultats des municipales annoncées le 22 mars prochain, commencera une seconde campagne courte, mais intense. Chaque prétendant à la présidence de la métropole cherchera alors à s’assurer de ses soutiens. Souvent moins médiatisée, elle sera pourtant aussi importante que celle des municipales.

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