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Cyanobactéries en Moselle : quels sont les risques pour la santé ?

Les Mosellans sont invités à la vigilance près des points d’eau, tout particulièrement lors des périodes de fortes chaleurs. L’hydrocution n’est pas le seul risque, car les cyanobactéries prolifèrent. Lamia HIMER, déléguée territoriale de la Moselle pour l’ARS Grand Est, rappelle que derrière les traînées verdâtres se cachent des micro-organismes dont les toxines peuvent avoir de réelles conséquences sur la santé.

Photo de la Moselle à Metz (9 juillet 2026).

« Quand on parle des cyanobactéries, on évoque un ensemble de micro-organismes et d’amas capables de se conglomérer. Ils peuvent donner l’impression d’algues à la surface de l’eau, ou former des dépôts verts, orangés ou bruns sur les cailloux en bordure des plans d’eau », explique d’emblée Lamia HIMER.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la cyanobactérie en soi qui est dangereuse, mais les toxines qu’elle produit. Pour une personne en bonne santé, les risques se traduisent par des irritations de la peau ou des muqueuses en cas de contact. Des maux de ventre ou des nausées sont également à craindre en cas d’ingestion. Les femmes enceintes, les enfants et les nourrissons sont les publics les plus à risque et doivent donc redoubler de prudence.

Chez les animaux de compagnie, le danger est beaucoup plus important. « Pour les animaux qui s’abreuvent, en particulier les chiens, le risque est global. Ils présentent des symptômes similaires aux nôtres : des nausées, les yeux globuleux, un état baveux ou anxieux, des tremblements ainsi que des pertes d’équilibre. Dans ces situations, il faut consulter un vétérinaire en urgence », explique la déléguée territoriale.

L’ARS met en garde les baigneurs qui choisissent d’aller piquer une tête dans une zone non contrôlée. « Quand il n’y a pas de surveillance, la qualité de l’eau n’est pas connue. Les citoyens qui pratiquent ce type de baignade hors zone s’exposent encore plus. », insiste Lamia HIMER

Quand l’alerte est-elle déclenchée ?

En Moselle, les sites de baignade reconnus font l’objet de contrôles réguliers avec deux seuils d’alerte. Le premier niveau correspond à une vigilance visuelle où les cyanobactéries sont visibles, mais la présence de toxines n’est pas confirmée. Les nageurs peuvent encore aller à l’eau, sauf si les responsables préfèrent faire preuve de prudence en interdisant la baignade par anticipation.

C’est par exemple le cas de Metz Plage, où le seuil d’alerte 1 a été déclenché. Si la présence de toxine n’est pas conformée, la municipalité a depuis l’ouverture décidé, par précaution, d’attendre des analyses plus approfondies avant d’ouvrir sa baignade naturelle.

« En alerte 2, des toxines sont détectées. À ce stade, il n’y a pas de gradation : dès que des toxines apparaissent, même en quantité minime, la baignade est interdite et il ne faut absolument pas s’y aventurer. »

détaille Lamia HIMER

Lorsque l’alerte 2 est déclenchée, la baignade est donc absolument proscrite. Il est également interdit de consommer les poissons pêchés dans ces eaux-là. Parmi les nombreux points d’eau surveillés sur le département, aucun n’a pour l’instant atteint ce seuil d’alerte.

Les cours d’eau ne sont pas tous égaux : si certains sont particulièrement touchés, d’autres sont toujours épargnés. La prolifération peut être provoquée par de nombreux facteurs. « La présence de cyanobactéries peut être liée à des matières organiques qui sont déposées ou présentes dans l’eau plus ou moins en grande quantité. Quand il y a aussi des problématiques de manque d’oxygène, des déchets, ou des rejets parfois de certaines stations ou de certaines pollutions », énumère Lamia HIMER.

Si la question s’invite de plus en plus fréquemment dans l’actualité, c’est aussi que les conditions météorologiques sont de plus en plus propices aux cyanobactéries. « Ce phénomène est lié au changement climatique, à commencer par la chaleur. Nous étions moins confrontés à cette problématique il y a encore sept ou huit ans, elle était moins prégnante. Maintenant, ce phénomène s’accentue et semble en augmentation constante », affirme-t-elle.

À l’heure actuelle, il n’existe aucune solution chimique ou biologique validée pour nettoyer une zone contaminée par les cyanobactéries. « Des produits avaient été expérimentés dans une baignade du Sud, mais ce n’est pas porteur. Aujourd’hui, au niveau européen, il n’existe pas de traitement », se désole la déléguée territoriale, qui précise que « dans certains cas, il est possible d’aller draguer les bordures pour retirer un peu les amas et limiter la production de toxines ».

En Moselle, les cyanobactéries peuvent être signalées sur le site de la préfecture de la Moselle en cliquant ici.

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