Politique & social

La ville de Metz débloque 500 000 euros pour la venue du pape Léon XIV

À l’occasion du vote du budget supplémentaire par le conseil municipal ce vendredi 10 juillet 2026, la venue du pape est revenue dans les débats. La municipalité a inscrit dans ses comptes une provision de 500 000 euros pour accueillir le souverain pontife, une mesure qui a suscité de vifs échanges. Retour sur les prises de position.

Affiche du pape Léon XIV devant la cathédrale Saint-Étienne de Metz.

« De nouveaux crédits ont été inscrits pour couvrir les dépenses non prévues au budget parmi lesquelles l’organisation exceptionnelle de la journée d’accueil du pape. Il y a une provision de 250 000 euros en investissement accompagnée de 250 000 euros en fonctionnement », a détaillé Emmanuel LEBEAU, rapporteur du budget supplémentaire lors de sa présentation à l’assemblée.

Une partie de la somme servira donc à l’organisation et l’encadrement de l’événement en lui-même, à l’image de la sécurité, tandis que le reste pourra servir à l’achat d’équipements. Le demi-million n’est pas une dépense actée, mais c’est une provision, qui peut être en partie ou totalement utilisée en fonction des besoins. 

Qu’en pense l’opposition ?

« Il faut se poser la question du coût pour notre ville de la venue chef religieux, et c’est valable que ce soit Beyoncé, le dalaï-lama, de Donald Trump ou Céline Dion », lance Jérémy ROQUES, conseiller municipal membre du groupe d’opposition Union de la gauche et des écologistes.

« 500 000 euros, c’est énorme. Il s’agit d’un voyage apostolique. Ce mot à un sens : c’est dans la définition un voyage d’étude sur le bon fonctionnement de l’église. Nous payons le pape pour qu’il vienne faire une étude à Metz. »

dénonce Jérémy ROQUES

Cette position n’a pas fait l’unanimité au conseil municipal. « Le pape est le souverain pontife. Ce n’est ni Beyoncé, ni un chanteur, il mérite un peu plus de respect », lui a notamment répondu Etienne ANSTETT (RN) dans son intervention, qui n’a lui pas formulé d’opposition à la mesure. 

De son côté, Bertrand MERTZ (PS) a voulu adopter une position plus nuancée. « Je ne vous fais pas de reproche sur les 500 000 euros que vous avez inscrits. Cette visite vous est imposée, même si nous accueillerons tous le pape avec beaucoup de bienveillance J’imagine qu’il ne s’agit pas de dépenses somptuaires, mais notamment d’assurer la sécurité d’une des personnes les plus en vue du monde ». 

La majorité y voit une chance pour Metz

En réponse, la majorité défend le caractère exceptionnel de la visite. « C’est un voyage d’État, un événement exceptionnel. Ce sera la troisième fois dans l’histoire de la ville de Metz qui est trimillénaire que la ville accueille un pape. Ça dépasse la ville, ça dépasse même notre département », souligne Emmanuel LEBEAU. 

Il insiste également sur le message porté par Léon XIV, qui servirait « l’intérêt général et la concorde » selon l’élu. « C’est une visite sous le signe de la réconciliation des peuples. Au-delà des batailles qu’on a eues on sait se parler. Aujourd’hui nous devrions tous être en concorde, être heureux et fiers de recevoir le pape », affirme-t-il.

« Si on fait des investissements c’est pour que ça dure dans le temps, même s’ils ne seront peut-être pas nécessaires. Dans le doute, on s’est fixé cette somme, mais elle sera sûrement loin d’être dépensée. Les 250 000 euros de fonctionnement eux le seront », précise le maire de Metz François GROSDIDIER, qui se réjouit d’accueillir « un événement mondial, et pas seulement pour la communauté catholique ».

« Il nous fait l’immense honneur de choisir la ville de Metz, qu’il voit comme un exemple de réconciliation, un exemple de paix et de prospérité. Il vient à Metz pour donner cet exemple au monde, au pays qui connaissent des conflits. Il choisit notre ville pour le faire. Votre critique est mal venue. »

François GROSDIDIER

Pour l’édile, la ville est gagnante sur tous les plans. « Si je parle en technicien de la communication, être de 14h00 à 18h00 en mondovision sur le cœur historique de la ville de Metz, je ne peux pas rêver mieux pour 250 000 euros. On parle de plusieurs centaines de millions de téléspectateurs, peut-être jusqu’au milliard. Il n’y a pas une campagne télévisuelle qui pourrait avoir un tel impact », assure François GROSDIDIER. « La dépense me paraît totalement justifiée », conclut-il.

Plus d’informations sur le programme du pape en cliquant ici.

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