Politique & social

Investissements : 40 millions et l’union sacrée pour la cité des loisirs d’Amnéville

Malgré de nombreux travaux et mouvements prometteurs (lire plus bas), des nuages noirs menaçaient de s’amonceler à nouveau au dessus de la Cité des loisirs d’Amnéville en raison de l’état du Galaxie et du Pôle Thermal.

Mobilisés autour de cet élément clé de l’animation touristique et économique dont 2500 emplois découlent directement, les collectivités et l’Etat ont pris des décisions de poids dans le but de ne pas seulement colmater les brèches, mais surtout d’accroître le potentiel et le développement futur de la Cité des Loisirs.

40 millions d’euros vont être investis sur deux piliers majeurs du plateau d’Amnéville, alors que plus de 20 millions ont déjà été injectés pour repenser les flux de circulation et moderniser les lieux. La SPL1 en charge de ce programme va également changer de pilote et de nom : le Conseil Départemental en prendra la présidence le 30 juin 2022 en devenant son actionnaire principal.

Eviter un effet domino dévastateur

Sans la rénovation du Galaxie (par manque de maintenance au cours des 30 dernières années et avec des fonctions limitées par son architecture), et celle du Pôle Thermal (dont une partie des installations menace de partir en lambeaux du fait de la corrosion de l’eau)…

« la fermeture de ces deux équipements majeurs du site d’Amnéville aurait été inévitable »

Patrick WEITEN, le Président du Conseil Départemental, le 24 juin 2022

Pire : la perte du pôle thermal aurait entraîné, de facto, la fermeture du Seven Casino d’Amnéville ; l’existence de ce dernier étant, par la loi, directement liée à l’existence du premier. Derrière, les autres grandes écuries se seraient alors vues menacées, alors même qu’étant en convalescence. Ceci vaut pour le zoo et le snowhall notamment, le tout affaiblissant les autres structures de taille moyenne et le tissu des bars et restaurants environnants.

Dès lors, un effet domino devenait plausible, pour ne pas dire probable, et transformer le plateau amnévillois en une sorte de friche de zone de loisirs, ramenant l’activité du plateau de divertissement de la vallée de l’Orne à l’état d’avant 1974, lorsque le Docteur KIFFER avait imaginé, devant des parterres d’incrédules, transformer cette friche industrielle en un lieux touristique et de loisirs.

Car on parle ici de ce qui est devenu au fil du temps la plus grande zone touristique de la région Grand Est, qui a elle seule égraine des chiffres imposants : 2500 emplois, 650 millions d’euros de Chiffre d’Affaires, 1,2 millions de visiteurs par an… Réunis sous la bannière « Cité des Loisirs », les établissements d’Amnéville boxeraient quasiment dans la catégorie d’Eurodisney ! Patrick WEITEN explique à notre micro toute l’importance de l’intervention des collectivités sur le dossier :

Rassembler des acteurs concernés, pour réaliser des investissements hors de portée de la commune

Le changement de capital et d’actionnariat de la SPL était inévitable au regard du niveau des investissements à prévoir, hors de portée d’une commune de la taille d’Amnéville. On parle de 40 millions d’euros au minimum, 20 pour chaque établissement (Galaxie et Pôle thermal), qui viennent s’additionner aux millions déjà investis pour réorganiser et embellir la zone ou encore rationaliser le stationnements et les flux.

Un travail de mise en convergence a donc été effectué par le maire Eric MUNIER, qui annonçait déjà la couleur en 2014, anticipant la nécessité de regrouper des collectivités au chevet de la cité des loisirs, pour la sauver déjà, mais aussi pour la développer. Il explique les enjeux et les potentiels du site et de la commune à notre micro :

Il aura fallu rassembler autour d’un projet commun avec l’Etat, les communes directement en prise avec le plateau, les Communautés de Communes ainsi liées également, la région Grand Est, et une autre collectivité locale de poids : le Conseil Départemental de la Moselle.

Ce dernier, fraîchement auréolé d’une labellisation comme destination touristique officielle de la région après une bataille féroce menée par le président WEITEN pour éviter à la Moselle d’être effacée de la carte touristique de l’Est par l’exécutif régional (et son agence régionale de tourisme, dont le siège lui aussi est basé en Alsace), va donc prendre la présidence de la SPL Destination Amnéville en devenant le principal actionnaire du consortium.

Bien que quelques observations aient été glissées dans leurs interventions respectives lors de la conférence de presse du 24 juin organisée pour l’occasion, les élus ont insisté sur la responsabilité qui était la leur de s’entendre sur cet épineux dossier par-delà leurs différences de bord politique ou d’intérêt directs.

Les architectes de la nouvelle organisation de la SPL Destination Amnéville-Moselle expliquent le projet lors d’une conférendce de presse le 24 juin 2022. De gauche à droite : Julien FREYBURGER (CC. Rives de Moselle), Patrick WEITEN (Conseil Départemental de Moselle), Eric MUNIER (maire d’Amnéville), Olivier DELCAYROU (secrétaire général de la préfecture de la Moselle), Cédric GOUTH (représentant la région Grand Est) et Lionel FOURNIER (CC du Pays Orne-Moselle).

Selon leurs termes, l’intérêt général aura donc prévalu pour accoucher d’une décision engageant les collectivités à court et à moyen terme, et empêcher le déclenchement d’une spirale négative dont il aurait été particulièrement compliqué de sortir. A contrario, c’est bien vers un développement et un renforcement de la Cité des Loisirs d’Amnéville que le cap a été fixé.

Le financement du programme d’investissement se répartira entre l’Europe, l’Etat, la Région, le Département, les EPCI et la SPL. Les travaux sont évalués à 65 M€, financés sous la forme de subventions (pour un total de 30,6 M€), le reste étant supporté par l’augmentation de capital (qui passe à 14 M€), des emprunts assis sur les cessions foncières et les loyers perçus.

Augmentation de capital, pour une SPL qui a déjà beaucoup œuvré

Créée en en 2017 afin de reprendre en mains la situation du plateau d’Amnéville, la SPL Destination Amnéville avait commencé à réfléchir aux moyens de remettre la Cité des loisirs d’Amnéville en marche vers un avenir plus florissant, et proposé une vision du site à 20 ans (à réécouter en bas d’article). Elle avait également entamé la marche en avant.

Un certain nombre de travaux de réaménagement avaient été actés, et réalisés depuis (tel que le plateau piétonnier, inauguré en juin 2021, l’affichage électronique des places libres, ou encore la très récente suppression des lignes électriques qui défiguraient le paysage).

Des opérateurs privés avaient aussi repris en gestion certains équipements dépendant auparavant de la commune, avec plus ou moins de bonheur et dans un contexte (covid notamment) assez compliqué. Certains sont encore là : Arenadour pour le pôle thermal (cure, Thermapolis et Villa Pompeï), S-Pass pour le Galaxie, Snowworld pour le snowhall, le Golf par Gaïa…

Dans ce contexte de 2017, la commune d’Amnéville restait propriétaire de ses établissements, et constituait l’actionnaire majoritaire d’une SPL au capital de 350.000€. Une situation qui changera donc en 2022 avec la reprise du Galaxie par le Département, et le transfert de la présidence.


(1) SPL : Société Publique Locale. Loi de 2010 qui permet aux collectivités territoriales et à leurs groupements de créer des sociétés publiques locales (SPL) dont ils détiennent la totalité du capital.

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