Economie & emploi

A Metz, les employés du Printemps en grève, écœurés par leurs conditions de licenciement

Ils étaient une grosse vingtaine d’employés, ce 30 mars 2021, sur les 36 que compte le magasin Printemps situé rue Serpenoise à Metz, à s’être mis en grève. Magasin rendu inaccessible, tracts aux passants, discussions avec les élus de passage et coup d’éclat, voici le menu de la journée d’un groupe d’employés désabusés par la situation.

Car c’est inéluctable et ils le savent, le magasin Printemps de Metz fermera quoi qu’il arrive, comme cela avait été annoncé en novembre dernier. Mais après la fin des négociations le 29 mars, les employés contemplent avec consternation le résultat des échanges avec la direction.

L’objectif de l’action de grève du jour : la défense des droits des salariés, qui seront a priori tous licenciés, et pour qui les conditions de rupture de contrat sont rudes : « Ce PSE c’est le minimum syndical ! » dit cette employée qui souhaite garder l’anonymat, « 8000 euros d’indemnités pour 40 ans de boutique, c’est un scandale ! » dira cet autre, qui à 55 ans se demande bien au vu du contexte, de quoi sera composé sont avenir professionnel d’ici à sa retraite, surtout au vu des conditions économiques du moment.

« Depuis quatre mois, les discussions n’ont rien apporté, aucune proposition de reclassement en CDI n’a été faite, et aucune formation pour effectuer une reconversion professionnelle n’a été proposée… de toutes façons où pourraient-ils bien nous envoyer ?

On a plus rien à perdre, on recommencera plusieurs fois, il ne nous reste qu’un mois avant que le PSE ne soit entériné par la DIRECCTE (1) »

Une employée du magasin Printemps à Metz, désarmée face à la situation

Alexandre KURZEPA, employé de Printemps, est écoeuré par les négociations, « et cela vaut pour tout le personnel de tous les Printemps de France qui vont fermer ». Sans compter que « la date de fermeture exacte n’arrête pas de changer », ajoutant une ambiance délétère à la détresse de la situation. Il témoigne à notre micro :

Derrière les 36 employés, ce sont en tout une centaine d’emplois qui sont directement menacés par cette fermeture.

Ces « autres emplois », ce sont ceux des démonstrateurs et démonstratrices, pour qui les marques louent un espace au sein du magasin. Eux n’entrent pas dans le PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) au contenu dénoncé comme rachitique. Mais le résultat sera en bonne partie le même, car il n’y a pas de lieu où relocaliser les stands des marques en question.

L’action entre dans le champ politique municipal

Enième épisode d’un scénario que connaissent la quasi-totalité des centre villes de France, la fermeture du Printemps de Metz, en plus d’entraîner des pertes d’emplois et d’attractivité en cascade, pose la question du devenir d’une artère commerciale messine qui fait face au bouleversement des modes de consommation, sans avoir su s’adapter à temps.

Un dossier qui se situe sur le bureau de François GROSDIDIER et de ses adjoints en charge de la question depuis leur arrivée aux affaires en juin 2020 en pleine crise sanitaire, mais dont les prémices sont bien plus anciennes.

Du côté de l’opposition, Françoise GROLET (RN, extrême-droite) s’est fendue d’un communiqué cinglant :

Dès l’annonce de la fermeture en novembre dernier, le Secrétaire général de la CFDT Services en Moselle […] appelait à ce que la municipalité fasse baisser le prix des stationnements en ville et des loyers pour les cellules commerciales.

Six mois après, aucune mesure « électrochoc » n’a été actionnée par l’exécutif municipal et métropolitain pour soutenir à la fois les employés du Printemps et également notre centre-ville. Pire, en ce 30 mars, le Maire, Président de la Métropole, candidat aux élections régionales, vient interroger les salariés en grève devant micros et caméras pour tenter de faire oublier six mois d’immobilisme sur ce sujet.

Cette récupération politique sur la détresse de salariés est absolument indigne. Les employés du Printemps et leurs familles attendent des perspectives d’avenir, à Metz.

Françoise GROLET, communiqué du 30/03/2021

(1) DIRECCTE : Direction des Entreprises,de la Concurrence,de la Consommation,du Travail et de l’Emploi

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Personnalité(s) :

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