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François Hollande à Uckange : entre coup de comm’, et espoir d’un avenir meilleur

Il l’avait promis, il l’a fait : revenir à Florange pour tirer un trait au bas de l’opération entamée, en 2012, sur le toit d’une camionnette. Depuis cette « fameuse » date, pas mal d’eau a coulé sous les ponts en Moselle, pas mal d’entreprises ont coulé également, certes, leur nom n’était pas aussi médiatique qu’Arcelor, Alstom ou Peugeot.

François Hollande prononce un discours à Uckange le 17 octobre 2016, pour l'inauguration du premier équipement de Metafensch.
François Hollande prononce un discours à Uckange le 17 octobre 2016, pour l’inauguration du premier équipement de Metafensch.

Pour ce qui est des promesses, celle de revenir a donc été tenue, d’abord en 2014 pour initier le projet Metafensch, puis ce 17 octobre 2016 pour l’inauguration de locaux partiellement équipés… le reste viendra après les présidentielles.

Certains observateurs sur place à Uckange n’arrivent cependant pas au même résultat que François Hollande lorsqu’ils refont les comptes.

Pour François Hollande, les engagements sont tenus

François Hollande l’a martelé pendant une bonne partie de son discours :

« l’ensemble des engagements pris en 2012 ont été tenus. »

Les 629 salariés tout d’abord, « tous reclassés » sans aucun licenciement, ou partis en pré-retraite.

Le recrutement ensuite, avec 130 personnes recrutées en CDI depuis 2014.

L’investissement enfin, avec 200 millions d’euros, dont 156 déjà réalisé sur place, pour la recherche et la fabrication d’aciers de haute technologie.

Le four à fusion sous vide (VIM), premier des équipements installé à Metafensch.
Le four à fusion sous vide (VIM), premier des équipements installé à Metafensch.

Pour le Président de la République, cette liste associée au maintien d’un dispositif industriel en France constituait l’accord établi avec Arcelor Mittal après l’accès de l’équipe Hollande à la tête de l’Etat. Ce à quoi s’ajoute la Loi Florange.

Impossible cependant d’en discuter avec le président lors de cette visite, lui qui ne manque pourtant qu’assez rarement une occasion d’échanger avec la presse. Pas de confidence, ni même un complément d’information sur cette nouvelle pierre, semble-t-il consolidée, portée à l’édifice de son quinquennat… la presse a pour l’essentiel été tenue à bonne distance.

A Florange, l’amertume face au « déni de réalité »

Les vrais grands déçus, eux, se trouvent dans la population locale, et du côté d’une bonne partie des ouvriers.

En effet, de leur côté, le compte n’y est pas, et la visite de ce 17 octobre n’est

« qu’une écoeurante mascarade, juste de la communication, un coup »

selon un responsable syndical joint par téléphone après le départ de François Hollande.

Et ce dernier de commencer par la visite du président ce même jour dans les grands bureaux d’Arcelor Mittal, devant un parterre de personnels triés sur le volet, alors même que certains syndicalistes était déclarés persona non grata de leur propre lieu de travail par le service de sécurité.

Puis de poursuivre sur les chiffres, calculette à l’appui :

« Nous étions 3200 à travailler ici, il en reste 2200 aujourd’hui, dont 2000 sont sur la filière à froid, qui n’a jamais été menacée.

Faites le compte, cela fait plus de 1000 personnes en moins ! Retirez de ce nombre les 629 soit-disant reclassés, ajoutez les 130 recrutements… le compte n’y est pas, en aucun cas on ne peut dire que tout va bien !

Et encore, on ne parle pas des centaines de co-traitants et de sous-traitants complètement ignorés dans la formule. »

Bien qu’il dénonce l’habile « manipulation de chiffres« , et le fait que François Hollande « prenne ses rêves pour des réalités » en ce qui concerne le renouveau est l’espoir dans la vallée de la Fensch (« qu’il observe les scores de l’espoir dans les urnes en 2017 »), le syndicaliste à qui nous avons pu parler reconnaît que l’investissement dans les technologies d’avenir est bien réel.

Mais avec 8 personnes travaillant sur Metafensch, et malgré l’arrivée en 2017 de deux nouveaux équipements technologiques, le sidérurgiste reste bien amer sur l’ambition du projet.

L’avenir malgré tout

D’avenir, François Hollande en a longuement parlé ce 17 octobre, en inscrivant les investissements réalisés à Uckange dans un projet destiné à redynamiser l’ensemble de l’appareil industriel.

François Hollande dit croire en l'avenir de la vallée de la Fensch grâce à l'action du gouvernement - Metafensch, Uckange - 17 octpbre 2016
François Hollande dit croire en l’avenir de la vallée de la Fensch grâce à l’action du gouvernement – Metafensch, Uckange – 17 octobre 2016

Se souvenant de sa visite de 2014 dans le même bâtiment, alors particulièrement délabré, le président place Metafensch sur la trajectoire voulue par ses décisions :

« Il y a 2 ans, on était ici dans l’histoire de la sidérurgie. Aujourd’hui, avec les travaux et ces équipements, on est dans l’avenir de la sidérurgie et de la vallée de la Fensch »

Même s’il écarte, de fait, les dégâts collatéraux et le détail des calculs pointés du doigt par les responsables syndicaux, force est de constater que le lieu n’est pas entièrement devenu une friche industrielle.

La surface exploitée et le nombre d’emplois liés au projet Metafensch sont sans communes mesures avec la période glorieuse de la sidérurgie en Lorraine, mais François Hollande s’accroche à ces investissements :

« Florange n’est pas un souvenir, mais un avenir pour les générations qui viennent. »

Poursuivant son envolée, il ajoute :

« La vallée de la Fensch sera, comme toujours, au rendez-vous de l’avenir de la France »

C’est là tout le mal qu’il faut souhaiter à cette glorieuse vallée.

Le haut fourneau de Uckange, qui borde le bâtiment de Metafensch.
Le haut fourneau de Uckange, qui borde le bâtiment de Metafensch.

 

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