Budget primitif : 5,3 millions d’euros d’économies et pas de hausse des impôts en 2016 à Metz

Pas d’augmentation des impôts et le lancement d’un plan tri-annuel d’économie de 12 millions d’euros à terme, dont 5,3 millions en 2016… voici les deux grandes annonces faites lors de la présentation du budget primitif de la ville de Metz pour 2016.

Faire face à la baisse des dotations

Ce n’est pas nouveau, l’Etat fait partager sa pauvreté aux collectivités locales par le biais d’une baisse des versements (dotations – DGF) pour la ville d’environ 4,7 millions en 2016, et près de 11 millions d’ici à 2017.

Pour faire face à cette baisse, la majorité a présenté lors du conseil municipal de ce 17 décembre 2015, un projet de plan d’économie de 12 millions étalé sur 3 ans. En 2016, ce sont 5,3 millions qui ne seront pas dépensés par rapport à 2015.

Budget 2016 Metz 1600

Les économies sont réalisées d’un côté par la baisse et l’optimisation des dépenses : diminution du nombre de véhicules de la ville, baisse de la masse salariale (35 personnes en moins en 2016 sans licenciement, presque la moitié des économies prévues), diminution des frais de fonctionnement et baisse de subventions. Certaines dépenses sont carrément abandonnées, telles que la bourse aux permis de conduire.

De l’autre côté, la hausse de certaines recettes. permettront à la marge (523.000 euros) de compléter le dispositif.

L’opposition dénonce un budget en trompe l’oeil…

Comme attendu, l’opposition a dénoncé ce budget, contre lequel elle a d’ailleurs voté.

Qualifiant le budget de « trompeur », l’opposition s’est évertuée, tout en reconnaissant que ce budget était en baisse par rapport à 2015, à mettre en perspective ce même budget par rapport à 2009, date à laquelle Dominique Gros était déjà aux manettes de la ville (1er mandat) et où l’on anticipait alors, la future baisse des dotations de l’Etat.

Reprenant différents indicateurs, l’opposition a notamment démontré que les dépenses de fonctionnement étaient certes en baisse sur un an, mais toujours bien plus élevées qu’il y a quelques années, années pendant lesquelles elles n’ont cessés d’augmenter.

Fustigeant la gestion d’un maire « drogué à la dépense publique », les différents conseillers d’opposition (J. Aldrin, P. Thil et N. Colin Oesterlé) en ont conclu que, puisque les baisses étaient finalement réalisables, c’est que sa gestion des années passées avait été mauvaise.

A noter aussi deux sorties de Nathalie Colin Oesterlé, qui a pointé du doigt la baisse des recettes de la taxe de séjour (près de 8%), preuve selon elle de la baisse de l’attractivité et du tourisme, dont le dynamisme est pourtant régulièrement brandi par Dominique Gros. Une remarque qui a obtenu pour réponse un autre taux : +9,6% de nuitées. Deux chiffres logiquement opposés, qui sont expliqués par le fait que les recettes prévisionnelles de 2015 avait été estimée de façon trop optimistes.

Aaah les chiffres, que ne pourrait-on pas le faire dire…

…et une dette en hausse

Dernier point à relever, celui de la hausse (attendue) de la dette par habitant passée de 97€ / habitant avant le premier mandat socialiste, à 318€ par habitant au premier janvier 2016, du fait notamment du recours régulier à l’emprunt.

Selon Jérémy Aldrin, ce chiffre devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, qui cite le plan d’investissement prévu pour le mandat, qui prévoit de poursuivre le recours à l’emprunt. Ainsi, la dette globale devrait s’approcher, en 2020, des 100 millions d’euros, ce qui porterait la dette par habitant à près de 850€.

L’adjoint aux finances Jean Michel Toulouze confirme ces chiffres, mais explique ce plan par une métaphore : lorsque l’on investit dans un bien immobilier, on ne le paye pas « cash« , on emprunte pour en financer l’achat dès maintenant. Mais il le rappelle : il s’agit d’investissement, pas de dépenses de fonctionnement.

Ce qui aurait, on en est sûr, fait réagir Emmanuel Lebeau qui aurait cité l’une de ses phrases favorites : « l’emprunt d’aujourd’hui, ce sont les impôts de demain ». Il nous l’a d’ailleurs confirmé !

40,1 millions d’euros d’investissement en 2016

Les investissements seront poursuivis en 2016, avec, selon l’adjoint aux finances M Toulouze, une orientation ayant pour objectif l’attractivité de la ville. On retrouvera notamment :

  • le Palais des Congrès à Metz
  • l’espace de création numérique TCRM Blida
  • la première tranche des travaux de rénovation du plateau piétonnier
  • la rénovation des écoles et le plan numérique des écoles
  • une nouvelle crèche à Metz Borny
  • les travaux à la médiathèque et pour l’Agora de la Patrotte

Un débat budgétaire sans E. Lebeau, ça n’a pas la même saveur

Autant il est capable, lorsqu’il dégaine ses chiffres, de taper a minima sur les nerfs de la majorité, autant il est inhabituel de ne pas entendre l’organe du conseiller municipal d’opposition Emmanuel Lebeau lorsqu’on en vient au budget.

Il faut le reconnaître, le niveau sonore général dans la salle du conseil s’en est ressenti positivement. Mais tout de même, l’épice ajouté par Emmanuel Lebeau lorsqu’ils cite des litanies de chiffres et de ratios saupoudrées d’accusations abruptes, a manqué au cirque habituel pendant les échanges sur le budget primitif.

On vous rassure, bien que ce soit après la bataille, M. Lebeau est arrivé à temps pour parler des tarifs des services… en pleine forme, et très concis.

Le budget primitif 2016 a été adopté par la majorité, l’ensemble de l’opposition a voté contre.

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