Politique & social

Régionales 2015 (1er tour) : l’équation du second tour dans le Grand Est

Le Front National en tête des régionales 2015 dans le Grand Est (et dans 5 autres régions de France) au 1er tour… un scénario annoncé dans les sondages, et qui s’est bel et bien déroulé, laissant la droite et la gauche face à un épineux problème, et moins d’une semaine pour le régler maintenant qu’ils sont face au fait accompli.

Avec, pour le moment, trois listes qui sont en capacité de se maintenir au second tour, l’équation de la potentielle triangulaire du Grand Est semble à la fois simple et bien complexe à résoudre.

Les chiffres à retenir pour la région Grand Est au 1er tour

Après les confrontations d’idées, place aux chiffres, ceux livrés par les urnes. Dans la région Grand Est, voici le poids des forces en présence pour le second tour :

  • 52,08% : le score de l’abstention
  • 36,06% : le score du FN (moyenne nationale : 28,7%)
  • 25,83% : le score de l’union du centre et de la droite (moyenne nationale : 26,9%
  • 16,11% : le score du PS (moyenne nationale : 23,2%)
  • 22% : en cumulé, le score des listes non qualifiées au 2nd tour
[note color= »#ffcc00″]Sur les quasi 3,9 millions d’électeurs de la région Grand Est appelés aux urnes (3 884 785 exactement), plus de 2 millions n’ont pas fait le déplacement (2 022 982 pour être précis). Les 1 861 803 votants ont donc fait le choix des listes candidates au second tour, et de leurs poids respectifs.[/note]

La liste de centre-droite, pas impériale

Créditée de 25,83% des voix, la droite, qui ne s’attendait pas à devoir remonter un tel retard dans les suffrages, n’est pas à la fête, surtout avec de faibles réservoirs de voix.

A notre micro, François Grosdidier appelle les électeurs à faire bloc, et à ne pas croire aux chimères brandies par le FN :

On aura noté que, selon François Grosdidier, le poids des attentats de Paris dans la décision des électeurs lors de ce premier tour. Même si ce facteur n’a pas été anodin, la posture politique visant à ne pas assumer une part de responsabilité dans le score chancelant de la liste d’union du centre et de la droite, fait probablement se poser des questions aux électeurs ayant tenté de transmettre un message.

Masseret prend le risque ?

Du côté du PS et de la liste de Jean Pierre Masseret, la décision de se maintenir, criée sur les toits avant le premier tour du scrutin, a été confirmée localement dès les premières tendances connues. Elle tranche par rapport aux décisions immédiates observées dans le Nord et en PACA, où les responsables politiques socialistes n’ont pas cherché à calculer face à l’idée de faire barrage aux frontistes.

D’impérieux messages sont envoyés depuis le siège du parti à Paris, mais aussi par le président (PS) du conseil départemental Mathieu Klein, ou encore le maire (PS) de Strasbourg Roland Ries, pour que la liste se retire au profit d’un fond républicain. Ce lundi matin, Jean Pierre Masseret envoyait bouler Jean Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS.

Avec 16,11% des votants au compteur, les socialistes prennent une correction, mais se comportent comme s’ils étaient second quasiment sans se remettre en question à la lueur du score. En effet, ce résultat ne les empêche pas de croire en leur projet comme l’expliquait Paola Zanetti à notre micro en milieu de soirée :

Le calcul de l’équipe Masseret est de poursuivre, pour préserver la présence d’élus socialistes dans la future assemblée, même si leur poids est tel qu’ils ne pourront rien imposer ni interdire si l’extrême droite prend la tête de la région, y compris en s’alliant avec la droite, bonus oblige. Le PS semble estimer ainsi qu’avec le réservoir de voix des partis de gauche éliminés (environ 10% en cumulé au 1er tour), et un retour aux urnes des électeurs de gauche qui se sont abstenus mais qui se mobiliseront pour faire face au FN, ils pourront tirer leur épingle du jeu.

Balayant toute culpabilité sur le fait qu’un maintien au second tour ouvrait un boulevard au FN, les responsables politiques socialistes lorrains qui se sont exprimés au soir de ce premier tour prennent aussi le risque de donner aux observateurs l’image de cette ancienne politique qui fait le lit de la progression frontiste.

S’ils ne se désistent pas d’ici là, ils sauront le 13 décembre, quelle part des électeurs de gauche sera en accord avec cette stratégie de Jean Pierre Masseret, et quelle part lui fera payer cette dernière décision.

L’équipe Masseret a jusqu’à ce mardi 18h, heure limite du dépôt des listes pour le second tour en préfecture, pour finaliser une négociation ou en tout cas de grandes discussions qui se déroulent probablement en arrière-plan, et prendre sa décision.

Le FN boit du petit lait

Au soir de ce 1er tour du scrutin, crédités de 36,06% des voix, les élus du parti d’extrême droite jubilent en douceur, peu habitués à se trouver réellement en capacité d’emporter une telle élection.

Françoise Grolet, candidate frontiste n°2 sur la liste de Florian Philippot, livre une réaction à chaud à notre micro. Dans cet interview, elle insiste sur l’honnêteté de Jean Pierre Masseret, et se satisfait de son maintien au second tour. Elle répond également à nos questions au sujet de génération identitaire, la faction dure qui flanque le FN, dont elle minimise leur comportement et les liens qui les unissent :

Elus et militants extrémistes comptent tranquillement les points s’accumuler, et écoutent avec délectation les autres candidats parler devant tous les micros et caméras qui se tendent, d’un FN dangereux et sans programme, plutôt que de profiter de ce temps pour mettre en avant leur propre projet. Qui cracherait sur un adversaire qui sert de principal promoteur à votre propre marque ?

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