Politique & social

Metz : la stratégie de stationnement en ville débattue au conseil municipal

Si le contexte de l’année 2020 ne permet certes pas de disposer d’une année de référence en matière de stationnement, la nouvelle municipalité a, dans le cadre du conseil municipal de ce 3 décembre 2020, fait le point sur un certain nombre de dossier grâce à l’examen pour l’exercice 2019 des rapports annuels des délégations. Une première base pour se projeter, et pour un premier débat avec les oppositions, aux points de vue très différents.

Le stationnement, qu’il soit en voirie ou en ouvrage, étant pour l’essentiel confié à différentes délégations, l’occasion fut donc donnée d’un premier échange de points de vue, l’élément étant considéré comme un facteur d’attractivité majeur, et, surtout, un point de crispation systématique avec l’opposition au cours des deux mandats précédents de Dominique GROS.

La majorité municipale, par la voix de Béatrice AGAMENONNE, a également commencé à esquisser la stratégie qui sera progressivement mise en place “même si cela ne sera pas facile d’inverser la tendance” selon Nathalie COLIN OESTERLE, qualifiant la situation qui prévalait jusqu’alors de

“foutoir total où l’on ne comprend rien”.

Une situation récupérée de la majorité précédente où elle était portée par Guy CAMBIANICA, présentée par Julien HUSSON (rapporteur du point) comme une stratégie “foirée”, et illustrée par Béatrice AGAMENONNE (qui, pour rappel, faisait partie aussi de la majorité précédente) en ces termes

“même nous les conseillers municipaux, à la réunion tous les lundis, nous n’arrivions pas à comprendre comment l’organisation mise en place fonctionnait”.

La volonté est donc de faciliter la compréhension et la lecture de la stratégie de stationnement, pour permettre de changer l’image d’une ville au parking “trop cher”, aux zones et durées “incompréhensibles”, le tout en travaillant à un “nouvel équilibre pour permettre à chaque type de mobilité de cohabiter dans la ville pour en favoriser l’attractivité”, selon qu’on utilise les transports doux pour les habitants, ou que l’on y arrive en voiture depuis l’extérieur.

Un exemple de cette nouvelle stratégie à destination des véhicule sera ainsi précisé par Béatrice AGAMENNONE en ces termes :

“pour le stationnement de courte durée, désigner la voirie,

pour le stationnement plus long, le stationnement en ouvrage”

Le tout sera accompagné d’une signalétique renforcée afin d’améliorer la compréhension des durées et des tarifs correspondants à chaque zone de stationnement, tout en cherchant à favoriser progressivement le report modal de la voiture au vélo, au bus ou à la trottinette.

Trois points de vue éloignés pour un même objectif

Il est clair qu’ils resteront irréconciliables sur le sujet du stationnement jusqu’à la fin du mandat en cours : la majorité municipale, le groupe UNIS (écologistes et socialistes) et enfin le RN (extrême droite).

Le sujet est clivant, même si l’objectif est strictement le même pour chacun : favoriser l’attractivité, notamment commerciale, de la ville.

Du côté du RN de Françoise GROLET, la gratuité doit être privilégiée pour favoriser le pouvoir d’achat des messins.

Au sein du groupe UNIS, Xavier BOUVET dégaine des chiffres du CEREMA prouvant qu’un stationnement gratuit diminue la rotation sur les places de stationnement, et donc de fait le nombre de clients pouvant fréquenter le centre ville. Le chef de file de l’opposition fut appuyé par sa collègue Marina VERRONNEAU, inquiète de la non-prise en compte au sens plus large d’une stratégie des mobilités intégrant une vision environnementale sur le long terme

“j’ai l’impression que vous ne luttez pas avec les bonnes armes, mais plutôt avec celle de l’urbanisme du passé”

Renvoyant ses oppositions dos à dos, François GROSDIDIER conclura le débat en s’inquiétant, lui, de la vision manichéenne de la jeune conseillère municipale d’opposition. Rappelant que son équipe était à la recherche du difficile équilibre des flux pour le commerce de centre ville :

“Nous ne proposons pas le tout voiture, mais pas le zéro voitures non plus […] Vous, vous ne pensez pas aux clients qui viennent à Metz faire leurs achats depuis les villes autour de la métropole… nous si !

Vous ne voulez pas entendre, vous ne voulez pas saisir les nuances que nous venons d’exposer, vous raisonnez en mode binaire.”

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