Politique & social

Départementales 2015 : le bilan en Lorraine

Après la seconde soirée électorale des départementales 2015, c’est l’heure d’un premier bilan à l’échelle de la région Lorraine. Voici ce qu’il faut retenir avant l’installation des assemblées départementales et des nouveaux élus cette semaine.

Rien de neuf en Lorraine ?

La Meurthe et Moselle est à gauche, les trois autres départements sont au centre et / ou à droite. C’est la situation qui perdure aux (ex-)cantonales depuis 1998, et le scrutin de 2015 n’a rien changé à ce niveau de lecture.

Si l’on rentre dans le détail, on notera certains résultats marquants, comme :

  • la défaite de Christian Namy (UDI), ex-président du Conseil Général de la Meuse, face à un binôme divers droite. La présidence pourrait ainsi revenir à Claude Léonard.
  • la défaite de Fabien Engelmann (FN) à Hayange face à un binôme PS
  • la victoire de Mathieu Klein (PS – Président du Conseil Général 54 depuis le décès de Michel Dinet) à Nancy 2, conforté malgré sa défaite il y a un an aux municipales.
  • les 2 cantons sur 3 remportés par le PS à Metz, (écoutez la réaction de Dominique Gros à notre micro ici, et celle du binôme Sélima Saadi / Sébastien Koeing là). Le troisième canton Messin est remporté par le binôme Nathalie Colin-Oesterlé / Denis Jacquat, qui savourent la victoire (à écouter par ici) face à Jean Michel Toulouze (qui s’exprime là)
  • la nouvelle défaite de Bertrand Mertz à Thionville, après celle des municipales
  • le président sortant Patrick Weiten (UDI – Moselle) qui sort renforcé du scrutin et qui élargit sa majorité départementale dans l’assemblée. Ecoutez sa réaction ici à notre micro.

En Moselle, 20 candidats sortants réélus, et 34 nouveaux conseillers départementaux qui font leur apparition. Un tout nouveau visage pour l’assemblée départementale, pour la première fois à parité égale entre hommes et femmes.

A noter que dans la future région Grand Est, la Meurthe et Moselle sera le seul département tenu par la gauche.

L’abstention : plus grand parti de France

49,83% au premier tour, et 50,01% au second au niveau national. L’abstention a une nouvelle fois marqué ce scrutin de sa présence dans un silence fracassant. Et les élus de se demander de quelle manière ils pourraient bien contrer cet effet, et ramener les français aux urnes.

En Lorraine, le meilleur (ou plutôt le moins mauvais) élève est la Meuse avec 47,73% d’abstention. De l’autre côté, le moins bon est la Moselle, avec 55,36% des électeurs qui n’ont pas jugé nécessaire de se déplacer. Entre les deux, la Meurthe & Moselle annonce un mauvais score de 52,11%, et les Vosges 48,58% d’abstention.

Le vote blanc, comptabilisé à part depuis 2014 au cours d’un scrutin, n’a pas été très marqué. Au niveau national, le taux est de 5,71% au premier tour, et de 3,29% au second, ce qui fait tout de même plus de 1,1 million d’électeurs (sur les 40 millions d’électeurs au total, et les 20 à avoir voté) à faire entendre leur désarroi de la sorte.

La gauche affaiblie

Sur les 4 départements lorrains, seule la Meurthe & Moselle conserve une majorité de cantons à gauche. Au niveau de la Lorraine, la proportion de conseillers départementaux de gauche est en baisse par rapport à la mandature précédente.

En Moselle, 7 cantons ont pu être préservés par la gauche (contre 17 avant la réforme). Sur 54 conseillers départementaux, 14 sont donc désormais à gauche, et les 40 restants vont à l’UDI et à l’UMP (qui en avait 35 sur 52 avant le redécoupage). La majorité départementale aura donc les coudées franches pour cette mandature.

La Lorraine dit « non » au FN, ou presque

La vague de premières places au premier scrutin, et de présence au second tour du Front National n’aura pas d’effet dans les hémicycles départementaux, à une exception près (voir encadré ci-dessous). Ce résultat se retrouve d’ailleurs un peu partout en France, là où le FN était pourtant particulièrement bien représenté.

Si l’on ne prend que le cas de la Moselle, sur les 24 cantons (sur 27) où le FN alignait un binôme, pas un seul élu n’a été retenu par les électeurs. La soit-disant adhésion générale au parti d’extrême droite ne s’est donc pas traduite dans la réalité, et les citoyens votants se sont rendus aux urnes majoritairement pour dire oui à d’autres candidats, et donc non au FN, sans même un afflux supplémentaire au vu du taux de participation.

Pour autant, l’impressionnant alignement de candidats FN au second tour est à lui seul un marqueur de ce scrutin, car il constitue une première du genre. Sans la mise en place d’un élan républicain globalement assez respecté, le résultat eut été tout autre.

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Le cas Villemin

Le seul canton lorrain qui a basculé côté FN se situe en Meuse, à St Mihiel, et cette accession n’est pas le fruit du hasard. Fief du premier vice-président de la région Lorraine, Thibault Villemin (PS), il fut l’objet d’une triangulaire au second tour. Le jeune élu socialiste (42 ans), qui a la réputation d’être brillant et que certains voient avec un avenir plein de succès, est arrivé 3ème au premier tour, mais il a en effet refusé de suivre la consigne de « front républicain » demandée par le parti socialiste.

Résultat : il est aujourd’hui désigné comme celui qui aura permis de « lâcher » un canton au Front National. Le choix était particulièrement risqué, et il y a fort à parier que Thibault Villemin portera cette décision comme une croix pendant un certain temps au sein de son parti. Pour autant, en politique plus qu’ailleurs, il est toujours possible de s’en sortir après une traversée du désert.

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Messages au gouvernement

Le « message FN » des électeurs au premier tour ne ciblait probablement que peu l’assemblée départementale en elle-même, et le signal s’adressait clairement au gouvernement socialiste, qui a réagi après cette débâcle en disant « qu’il avait entendu le message des électeurs » et que cela devait l’inciter « à renforcer son action ». Nous verrons bien dans les prochains jours ce que Manuel Valls entend par là.

Les frondeurs, de leur côté, réclament un infléchissement de la politique du gouvernement, notamment au niveau économique. Alors que les départements français basculent majoritairement à droite, ces élus réclament une politique plus à gauche pour récupérer leurs électeurs fâchés.

La prochaine échéance électorale se déroulera les 6 et 13 décembre prochains, avec les élections régionales, de nouveaux messages, et un nouveau saut dans l’inconnu.

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