Une grande enquête sur les déplacements des ménages lancée sur 1/3 du territoire mosellan

Comment se déplacent les ménages aujourd’hui, par quels moyens, à quelles heures, pour aller où, ou encore pour y faire quoi ? De novembre 2016 à février 2017, une grande enquête sur ces déplacements sera lancée à l’échelle du SCOTAM (voir explication plus bas).

Environ 7.550 personnes, sur les quelques 393.000 habitants de ce territoire, vont ainsi pouvoir répondre aux questions de plus d’une centaine d’enquêteurs.

La dernière étude du genre datait de 1992, autant dire une éternité, et sur un territoire beaucoup plus restreint. Il convenait donc de remettre ces données à jour.

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Sur Metz Métropole, les enquêtes se feront lors de rendez-vous « face à face » d’environ 1 heure fixés avec les 4160 habitants ayant été tirés au sort. Pour les 3575 habitants des autres communes, les questions seront posées par téléphone.

Noémie KOCH, chargée d’étude mobilité au sein de l’AGURAM 1, explique à notre micro la façon dont cette enquête va se dérouler :

Il aura fallu près de 3 années de travail pour préparer l’enquête, qui correspond à une méthodologie très précise édictée par l’Etat, et qui coûtera 650.000 €, pris en charge à 20% par l’Etat, le reste étant supporté par les intercommunalités, et, cela reste à confirmer, par la Région Grand Est.

L’étude, qui sera menée hors période scolaire à compter du 4 novembre prochain, va ainsi fournir un monceau de données qui permettront d’ajuster les prises de décision lors de choix liés à l’aménagement du territoire.

Un outil jusqu’alors manquant, à l’heure où les politiques liées à la mobilité, à l’écologie, ou encore aux restrictions de dépenses pour l’aménagement du territoire sont plus que jamais au coeur des problématiques de chaque collectivité.

Marie Anne Isler Béguin, vice-président en charge de la mobilité à Metz Métropole, précise au micro de Tout-Metz les raisons de recourir à une telle étude :

Les premiers résultats de l’enquête déplacement seront divulgués aux alentours de septembre 2017.

Pour en savoir plus sur l’étude, téléchargez la plaquette en cliquant ici.

SCOTAM ? 2

Un Schéma de Cohérence Territoriale (ou SCoT) est un outil de planification intercommunale. Il définit, pour un territoire, les orientations d’aménagement et d’urbanisme pour les années à venir, et prépare ainsi les conditions de vie de demain.

Le SCoTAM est donc un syndicat mixte qui représente le SCOT de l’Agglomération Messine. Ses frontières dépassent de loin celles de Metz Métropole, et sont à l’échelle d’un bassin de vie. Installé depuis mars 2007, le SCoTAM est composé de 8 intercommunalités : la communauté d’agglomération de Metz Métropole, et les Communauté de Communes du Pays Orne-Moselle, du Haut Chemin, du Val de Moselle, du Sud Messin, du Pays de Pange, Rives de Moselle, et enfin celle du Pays Boulageois.

La carte du SCOTAM (2015)
La carte du SCOTAM (2015) – Cliquez pour agrandir

Le SCoT sert de cadre de référence et de cohérence pour l’ensemble des politiques publiques qui sont menées sur ce vaste territoire notamment en matière d’urbanisme, d’habitat, de transports et déplacements, de développement économique, d’implantation commerciale, d’environnement et d’organisation de l’espace.

Les orientations du SCoT se déclinent dans les documents d’urbanisme (PLU ou cartes communales), les programmes d’habitat, les plans de déplacements, les plans paysages ou toute autre politique menée par les communautés de communes, les communautés d’agglomération ou les communes incluses dans son périmètre de projet.

Plus qu’un simple document d’urbanisme, le SCoT exprime un projet de territoire qui intéresse au quotidien tout habitant : trouver un logement adapté à ses attentes, se déplacer facilement vers son lieu de travail, de résidence ou de loisirs, satisfaire ses besoins d’achats au quotidien… Ce sont autant de préoccupations qu’un SCoT doit prendre en compte pour construire l’avenir du territoire.

Grande timidité sur l’open data

Une enquête de ce type génère forcément de grandes masses de données. En 2016, il pourrait sembler évident que celles-ci soient structurées pour être ensuite restituées aux citoyens, en libre accès, dès lors qu’aucune donnée nominative ne s’y trouve.

On appelle cela l’open data, et l’intérêt de ce mouvement d’ouverture des données publiques a conduit à l’attribution d’un prix Nobel d’économie en 2009. Ainsi  Elinor Orstrom, a démontré par ses travaux que 3

« les biens communs informationnels s’apparentent à des biens publics, car leur usage par l’un ne remet pas en cause l’usage par l’autre.

Mais ce sont des biens publics d’un genre inédit : non seulement leur utilisation n’appauvrit pas le stock commun, mais au contraire il l’enrichit. »

On a vu, notamment au cours des différents Hackathon organisés depuis plusieurs années par différents organismes et associations, que ces données pouvaient parfaitement être exploitées par des personnes, pour en produire de nouvelles formes de visualisation, des applications, et même des emplois lorsqu’elles suscitent des idées de business… en bref, de la valeur.

Aux questions posées sur le sujet, lors de la conférence de presse organisée ce 27 septembre au sujet de l’enquête décrite plus haut, les réponses n’ont pas permis de savoir si, enfin, le tournant de l’open data et de ses prometteuses déclinaisons serait pris.

Une preuve que la révolution digitale reste, pour certains, trop souvent une menace, bien moins qu’une option, et certainement pas une formidable opportunité.

Si, en toute logique, une nouvelle enquête devait être organisée pour mettre à jour les données, elle le serait dans approximativement 10 ans.


1 AGURAM : Agence d’Urbanisme d’Agglomérations de Moselle

2 Source : www.scotam.fr

3 Extrait – Source (pour aller plus loin) : Paristechreview

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