Actualité locale & société

Le siège de Metz par Charles Quint

Evènement majeur de la grande histoire pour le retour de la puissance française sur la scène européenne, et évènement majeur pour l’histoire locale de Metz qui devint française

Origine du conflit

Le siège de Metz par Charles Quint peut marquer en outre la rencontre de 3 vies, 3 idéaux : l’héroïsme du duc de Guise et des Messins, la fatigue et le réalisme de Charles Quint, et entre eux deux, les progrès et le dynamisme d’Ambroise Paré.


Henri II et Charles Quint XVIème siècle. Les deux souverains les plus puissants d’Europe sont Henri II, roi de France, et surtout Charles Quint.

Empereur aux 17 couronnes, il contrôle notamment les Espagnes, les Amériques et les Italies, le Bénélux actuel et la Franche-Comté, le Saint Empire (Allemagne), l’Autriche et la Hongrie…

En remerciement d’avoir aidé les Protestants allemands révoltés contre Charles Quint, Metz se donne à la France avec quelques autres villes. Elle est alors la 4ème ville la plus riche de l’empire d’Allemagne : l’empereur Charles Quint veut la récupérer, nous sommes en 1552.

Le siège de Metz

Il vient assiéger la ville défendue par le duc de Guise, 5 000 fantassins, 600 cavaliers et quelques canons, en leur opposant 60 000 hommes et 150 canons.

porte Serpenoise Dès les premiers jours des combats, le duc de Guise, surnommé le balafré malgré son jeune âge, va lui-même combattre.

Il permet ainsi une victoire importante aux abords de la porte Serpenoise, en se battant sur les ruines d’une brèche de la muraille !

Avec lui, les Messins veulent montrer leur liberté à Charles Quint : ils ont choisis, et il n’a plus son mot à dire dans l’affaire.

Dessin siège de Metz

(dessin d’époque : le siège de Metz)

L’empereur prend de son côté de plus en plus conscience de la réalité. Ses idéaux se sont écroulés, et après un siège terrible de 4 mois il va ordonner la retraite.

La victoire d’un jeune officier au service du roi de France et d’une petite troupe face à sa très puissante armée impériale sera une véritable gifle qui résonnera dans toute l’Europe. Nous sommes en janvier 1553.

Du haut d’une colline, il dira en regardant Metz : “La fortune (= le destin) est comme la Femme : elle aime plus jeune roi que vieil empereur”

Quelques années plus tard, il abdiquera, se retirera comme moine, et décèdera.

Au milieu de la bataille

Ambroise ParéEt dans cette guerre, entre les deux combattants, Ambroise Paré, père de la médecine d’aujourd’hui, tentera de sauver les blessés des deux camps, et fera des miracles.

Cet homme considéré comme l’un des plus grands médecins de l’histoire, et qui a laissé son nom à de nombreux hôpitaux, dira d’un patient : “Je le pansais, Dieu le guérit”.

Ses soins à Metz et les enseignements qu’il y fera révolutionneront la médecine. Il remplace par exemple la brûlure au fer rouge pour cicatriser, par les points de suture !

Après leur victoire, les Messins écriront une chanson sur Charles Quint humilié dont le refrain est : “Empereur tu biens plorer, pendre tristesse et doléance
D’avoir perdu si beau meroer, chemin et passage de France.
Tu as bien connu la puissance du roi Henry asseurément
Des quatres villes de l’empire, la plus belle tient maintenant
Le dernier mercredy de l’an”.


Sources :
informations : B. Bennassar et J. Jacquart, “le XVIème siècle”, 2002, éditeur Colin. ; http://ambroise.pare.free.fr/ ; mairie de Metz ; “Sièges et réductions (1552-1663)” de M. Duvigneau et B. Balland, 2003, éditeur : archives départementales de Moselle
– illustrations : Portrait d’Henri II, François Clouet, 1560-80 ; Portrait de Charles Quint par Le Titien, 1548 ; photo de la porte Serpenoise par Manu ; Siège de Metz par Antoine Caron ; portrait d’Ambroise Paré.

6 commentaires

  1. Merci pour cet article!

    Un peu d’histoire fait toujours plaisir, et c’est un épisode que je connais à peine, et qui finalement est assez peu connu en Lorraine, j’ai l’impression. Est-ce aussi le cas à Metz?

    Une nuance que j’aimerais apporter, mais sous forme de question: Metz ayant bénéficié de fortifications conséquentes, et les techniques de siège n’étant pas encore celles du XVIIème siècle, le rapport de force est-il si écrasant que ça? (certes, loin de moi l’idée de dire qu’il n’est pas défavorable aux défenseurs!)

  2. Il est vrai que cet épisode reste bien méconnu même à Metz pour les non-initiés à l’histoire… Mais pour une époque qui elle-même reste assez méconnue en général !

    Pour la question des fortifications, je dois avouer que c’est une question bien interessante que vous avez là ! :p

    Mais qui s’explique simplement : quand Metz passe sous domination française, Henri II sait que Charles Quint voudra la récupérer.
    Il envoie alors le duc de Guise à Metz, pour préparer la ville : à son arrivée, il trouve une ville du passé. Elle était des plus puissante au moyen âge, mais n’a pas évolué depuis.

    Si ses murailles étaient hautes et crénelées, elles n’étaient pas faite pour lutter contre les canons. 🙁

    Le duc mobilise alors toute la population pour faire des travaux urgents : il détruit déjà tous les faubourgs autour de la ville, comme le Sablon, et fait raser la grande abbaye Saint Arnoul. Ce noble montrera l’exemple, il aidera de ses mains aux travaux. Les portes et les murs sont fortifiés à la hâte, et les munitions sont abrités en ville.

    Quand Charles Quint arrivera, la ville sera prête, mais même si tout a été renforcé, les murailles restent médiévales.
    Celà explique la brèche dans la muraille, près de la porte Serpenoise dès les premiers jour du conflit ! 😉

    Et ça accentue donc le rapport de force : ce n’est pas une ville invincible mais fortifié à la hâte qui vaincra les impériaux !



    C’est les fortifications des siècles suivants qui nous restent aujourd’hui et qui donneront sa réputation à Metz : une fois la ville Française, elle est une place forte isolée et importante, et on la fortifiera.

    La citadelle située sur l’arsenal et l’esplanade (dont il nous reste un magasin devenu hôtel 4 étoiles) commence à être construite dans les années 1559, 7 ans après le siège. 😎

    Et Metz sera entouré de murailles modernes, avec une double couronne en étoile (sur la rive gauche de la Moselle, et la rive droite de la Seille) qu’on peut encore voir aujourd’hui, sur un projet de Vauban de 1675, enfin réalisé par Cormontaigne de 1728 à 1749.
    Les vieilles portes médiévales seront détruites, on ne gardera que la porte des allemands.


    Donc en bref, les fortifications de Metz n’étaient pas encore des plus conséquentes. Et c’est justement le fait que les techniques de siège n’étaient pas encore celle du XVIIIème siècle qui ont sauvés la ville. 😉

    On peut dire ici que les fortifications hâtives en arrêtées les quelques 12 000 boulets lancés sur la ville, et que le reste du siège s’est déroulé dans la tradition médiévale.

    Ce siège a été à la fois le dernier siège médiéval de Metz, et le premier siège moderne.

    Je vous remercie pour votre question 🙂

  3. Je vous remercie de mon côté pour la réponse précise, rapide, à la rédaction fort agréable, à l’acuité louable, remettant en cause à juste titre mes aprioris erronés sur les fortifications messines! Je connais très mal Metz, bien que voisin, et c’est ce genre d’article qui me donne envie de venir y déambuler et voler quelques photographies… même d’autres choses que des vestiges!

    “Fraternellement”, de la part d’un amateur de pierres et d’acier vivant à Nancy!

    (ces jours-ci, il est bon d’affirmer cette possible fraternité! 😉 )

  4. Ce fut un honneur ! 🙂

    Je dois avouer en retour que moi-même, je ne connais que trop peu Nancy…

    Mais si nos deux cités furent pendant longtemps opposés, je veux croire que la fusion programmée de nos deux universités, en un grand campus modèle de niveau européen, formera de nouvelles générations à la fois Nancéennes et Messines.
    Ils étudieront ensemble, et vivront ensemble ! 😎

    “Fraternellement”, de la part d’un amateur de pierres et d’acier vivant à Metz! 😀

    P.S. : je me permet de me promener, émerveillé, sur votre site. Et j’admire, vraiment. 😉

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