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Gilets jaunes : bilan du week-end en Moselle, des blocages encore en cours

Le mouvement des gilets jaune a divisé la France ce 17 novembre 2018

L’opération avait été annoncée et elle a bien eu lieu ce week-end. Les gilets jaunes se sont rassemblés sur plusieurs dizaines de points stratégiques ce samedi 17 novembre 2018, afin de bloquer circulation et commerces un peu partout en France.

Pour le cas spécifique de la Moselle, les points de concentration les plus importants se sont focalisés sur les autoroutes et les zones d’activités commerciale. Une trentaine de points « durs » ont été dénombrés dans le département.

Alors que des blocages se sont poursuivis sur les axes autoroutiers dimanche, il reste des poches de manifestants, qui bien que peu nombreux, réussissent à prolonger les blocages en ce lundi 19 novembre. C’est notamment le cas sur l’autoroute A4, et sur certains accès aux zones commerciales.

Ces derniers blocages peuvent entraîner des ralentissements, et la SANEF appelait les automobilistes à la plus grande prudence, car des manifestants peuvent se déplacer à pied sur ou près des voies.

Un mouvement visible

L’autoroute A4 (à Sainte-Marie-aux-Chênes et Saint-Avold), et l’autoroute A31 (à Metz, Thionville jusqu’au Grand Duché de Luxembourg) et la RN4 sur le secteur de Sarrebourg ont ainsi été occupées et coupées à la circulation. La ZAC d’Augny a été occupée une bonne partie de l’après-midi. L’accès à la zone commerciale de Marly a été totalement bloqué.

L’effet de concentration sur les zones occupées, très visible grâce aux gilets jaunes portés par les protestataires, aura donné un effet de masse important. Si les chiffres officiels au niveau français annoncent 244.000 participants, la réalité du terrain laisse supposer que ce chiffre, difficile à évaluer avec exactitude, était plus grand.

Moins engagés sur les barrages, des automobilistes ont également soutenu le mouvement en plaçant un gilet jaune sous leur pare-brise.

Le mouvement, récupéré et poussé par l’extrême droite et par l’extrême gauche au grand dam de certains manifestants, n’aura en tout cas pas pu passer inaperçu. Le premier ministre a cependant indiqué qu’il ne changerait pas de cap.

Tensions

Dans les blocages, il y a les pour, les contre, et ceux qui ne s’intéressent pas au sujet. En la matière, les « pour » avaient décidé d’imposer leur point de vue aux autres pour les faire réagir.

Si le dialogue a pu être réalisé en bien des endroits, la privation de liberté de se déplacer a cependant engendré des tensions plus ou moins importantes en certains points, et des réactions de nervosité entre les parties ont été observées tout au long du week-end.

On ne dénombre fort heureusement pas de décès ou de blessé grave (en Moselle), la préfecture a cependant dénombré quelques dizaines de blessés légers.

La guerre de communication, notamment via les réseaux sociaux, a également provoqué bon nombre d’altercations et d’échanges houleux. La diffusion d’images destinées à manipuler les internautes ont ajouté de la confusion un peu partout.

Dans les familles et entre amis, bien loin des zones d’action, des tensions ont également eu lieu, et les avis contraires ont électrisé certains échanges. Les bonnes relations entre pour et contre ont été mises à rude épreuve.

Le mouvement n’aura en tout cas pas réussi à provoquer le consensus généralisé souhaité par les organisateurs et les partis politique d’opposition.

Dégâts, agressions et cocktails Molotov

Un mouvement de protestation à l’origine pacifique contre l’importance et le poids des taxes sur le carburant dans le budget des citoyens, que certains participants ont transformé en gâchis, ou tenté de faire s’envenimer.

Ainsi, les infrastructures autoroutières de l’A4 ont été fortement dégradées, notamment à Sainte-Marie-aux-Chênes où les feux de pneus ont fragilisé le portique de signalisation et abîmé les chaussées. La SANEF a évalué l’étendue des dégâts et intervient depuis dimanche pour permettre la réouverture complète des voies à la circulation le plus rapidement possible.

Au-delà du matériel, des personnes ont été agressées physiquement par des gilets jaunes. Un agent de la SANEF a été molesté, un gendarme a été blessé par un projectile, deux policiers ont été malmenés par les manifestants. A Sainte-Marie-aux-Chênes, des cocktails Molotov ont même été utilisés contre les forces de l’ordre.

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