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Metz : plus commerçante qu’il n’y parait ?

A l’occasion de la conférence de presse pré-Conseil municipal du mardi 26 avril, les élus présents ont tenu à remettre les choses à leur place, chiffres à l’appui : oui, Metz est une ville commerçante, et s’en sortirait même mieux que ses consœurs de taille équivalente.

Source : Ville de Metz
Source : Ville de Metz

« Sur les quatre premiers mois de l’année, nous avons un solde positif de créations de commerces. Par ailleurs, les déménagements se font surtout dans le centre-ville et très peu entre le centre-ville et l’extérieur. »

se félicite Patricia Sallusti, adjointe au maire chargée entre autres du commerce et de l’artisanat. On serait donc loin de la croyance populaire selon laquelle le cœur de ville messin se désertifierait, au profit de centres commerciaux comme Waves, installés en périphérie.

Au contraire, Metz s’en sortirait même mieux que la majeure partie des villes françaises de tailles comparables. Ainsi, selon le bureau d’études Procos, le taux de vacance commercial (c’est-à-dire le pourcentage de locaux commerciaux vides) du centre-ville messin serait de 6,3% , contre 7,5% de moyenne pour les centres-villes comportant entre 500 et 700 commerces.

Un chiffre contesté par l’opposition, en la personne de Nathalie Colin-Oesterlé, lors du conseil municipal du jeudi 28 avril :

« Les chiffres parlent quand ils sont exhaustifs. Ce chiffre de 6.3% ne prend en compte ni le centre St-Jacques, ni le quartier Outre-Seille. » 

Cette dernière s’insurge également contre la construction de centres commerciaux, faisant de Metz la ville où la densité commerciale serait la « plus importante de France ».

« Y’a-t-il une complémentarité entre Muse et le centre-ville ? Là on est en train d’en créer un deuxième. »

Du côté de la majorité, autre signe de la « bonne santé » du commerce messin, le taux d’enseignes nationales, également supérieur à la moyenne (42% contre 36,4%). Des enseignes concentrées principalement dans les rues piétonnières, notamment Serpenoise et des Clercs. Pourtant, tout n’est pas si simple. Ainsi, l’élue prend l’exemple du magasin l’Occitane, qui aura mis près de sept ans à s’installer dans cette dernière…

« Nous ne sommes pas dans une économie administrée »

Dernier chiffre prouvant que, contrairement à d’autres communes, tout n’irait pas si mal à Metz, le chiffre commercial de l’hyper-centre serait 30% supérieur à celui des autres villes de cette strate.

« Ce qui expliquerait les loyers importants dans ce secteur. »

ajoute Patricia Sallusti.

Un frein important, sur lequel la Ville aurait peu d’emprises.

« Nous ne sommes pas dans une économie administrée, où les investissements sont municipaux. Par contre, nous pouvons faire beaucoup de choses pour que ça se passe bien. »

explique Dominique Gros.

L’élu cite alors les différents projets mis en place pour assurer l’attractivité de la Ville, comme les transports en commun, les aménagements en cours (Muse, Centre des congrès, Hôtel Starck,…) ou les événements récurrents, comme les Marchés de Noël ou le Livre à Metz.

« Pas pire ni mieux qu’ailleurs »

Si les chiffres lui paraissent plausibles, notamment en termes de créations de commerces, le président de la Fédération des commerçants Alain Steinhoff tient toutefois à relativiser la situation. Et met en avant le climat général… et le mauvais temps.

« Le commerce à Metz ne va ni pire ni mieux qu’ailleurs. Nous sommes dans une période difficile, avec un climat qui n’est pas bon depuis quelques mois. Le mois d’avril notamment n’a vraiment pas été terrible, contrairement à l’an dernier. »

explique-t-il, avant d’avancer une autre hypothèse sur le déclin du commerce.

« Actuellement, les gens achètent un peu moins en ville et plus sur Internet. Par contre, lorsqu’il fait bon, on voit du monde en ville. »

Concernant les actions menées par la Ville, Mettis en tête, et leur impact sur la consommation, le président de la Fédération des commerçants est plus évasif.

« Il faut un certain temps pour que les gens s’approprient ces choses et prennent leurs habitudes. Après, le fait que le Mettis circule tard le soir est une bonne chose. »

 

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Un commentaire

  1. J’habite en Nouvelle Ville, un quartier toujours très commerçant dans Metz, mais je vois les belles rues se « clochardiser » depuis quelques années (la mandature Gros, il faut le dire): la rue Pasteur devient un désastre avec ses enseignes désertées: le plus terrible, 2 adresses dans un état lamentable (1 ancien bar et 1 ancienne pâtisserie). La rue Gambetta, emblématique , est sur la même voie de déshérence, même si pour l’instant les 2 antiquaires partants gardent leurs vitrines esthétiques. Je sais que l’objectif de l’équipe municipale est de déplacer le centre ville , vers Muse & autres Waves, pour quel objectif financier à court terme? soyons sérieux. Metz a une belle histoire culturelle et économique qu’ils semblent ignorer. Nous avons par ailleurs un cinéma d’art et d’essai magnifique, qu’on vend à kinepolis, quel désastre…

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