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Débat d’orientation budgétaire à Metz : des économies pas si faciles à trouver

Passage obligé de la fin d’année, le débat d’orientation budgétaire s’est déroulé ce 24 novembre 2016 lors du conseil municipal de la ville de Metz. Objectif pour la majorité : présenter ses choix pour le budget 2017, tout en défendant une partie de son bilan.

Débat d'Orientation du budget de 2017 pour a ville de Metz au conseil municipal du 24 novembre 2016.

Débat d’Orientation du budget de 2017 pour a ville de Metz au conseil municipal du 24 novembre 2016.

Tout va bien, ou pas

Maintien des taux d’imposition à leur position identique depuis 7 années, poursuite de la politique d’investissement, maintien d’une stratégie axée sur l’attractivité et d’une dette faible, les élus de la majorité se sont félicités d’une gestion saine, tout en ayant remis la ville en marche grâce à des choix ambitieux, et tout en restant sous les moyennes des autres villes de sa strate en matière d’endettement. Voilà pour le résumé des « tout va bien ».

Ces annonces ont, bien entendu, été battues en brèche par l’opposition (les « tout va mal »), rappelant par exemple que si le taux de la taxe d’habitation était resté stable, le maire avait actionné d’autres dispositifs alourdissant la note pour les ménages de 13,2 millions d’euros.

Chacun faisant parler les chiffres à sa manière, les élus de l’opposition ont calculé les hausses « vertigineuses » de certains chiffres selon l’expression de Nathalie Colin Oesterlé, exemples : la multiplication par 9 de la dette par habitant en deux mandats, et le dérapage dangereux des dépenses de fonctionnement, ayant augmenté deux fois plus vite que les recettes.

Emmanuel Lebeau, bien que félicité par le Maire pour la clarté et le courage de ses 7 propositions drastiques, dont aucune n’aura été retenue, a rappelé comme à son habitude que « la dette d’aujourd’hui constituait les impôts de demain« , relayé en ce sens par Marie Jo Zimmermann avertissant Dominique Gros sur de futures hausses des taxes pour la ville.

S’appuyant sur la stratégie publiée par la municipalité en janvier 2016 dans le magazine Metz Mag (page 26), l’opposition a enfin brandit un argument fort : les actions prévues pour la baisse des frais de fonctionnement n’auraient pour la plupart pas été mises en oeuvre à ce jour.

Faites ou pas faites, les actions prévues ?

Les 13 propositions listées dans Metz Mag ont-elles toutes été oubliées ? La réponse est non, même s’il est vrai que certaines n’ont effectivement pas été entamées à ce jour.

Ainsi, la réduction des subventions aux sports professionnels est effective, le rapprochement de l’EPCC Metz en scène et de l’ONL également, avec la création de la cité musicale messine, et dès janvier 2017, c’est un opérateur privé qui gérera les contraventions du stationnement de surface.

D’autres sont moins faciles à défendre : les mairies de quartiers prévues pour être fermées ? « On y réfléchit » répond le Maire. La fermeture des écoles ? « Madame Bori en a déjà fermé trois, et pas de gaieté de cœur ». La réduction des dépenses de personnel en hausse de 1,1% ? « 136 postes vont être supprimés, cela ne se fait pas à la va-vite ». Dominique Gros se défend au milieu de la bataille des chiffres et des interprétations comptables.

Et là, c’est le drame

Ce débat d’orientation budgétaire s’est globalement très bien tenu, en tout cas jusqu’à ce qu’une provocation d’Emmanuel Lebeau n’entraîne une réponse du maire décrite comme « déplacée et inacceptable« , suivie du départ dudit conseiller municipal d’opposition.

Sachant le maire particulièrement réactif lorsque l’on s’adresse à lui en le taxant de « maire de quartier », suite à une précédente altercation avec Nathalie Colin Oesterlé il y a quelques semaines, Emmanuel Lebeau a tenté sa chance, sans plus de succès… sauf si le succès consistait à se faire renvoyer dans les cordes avec les mêmes termes : « le Maire de quartier vous emmerde ».

Bref, une nouvelle fois donc, le conseil municipal aura été le théâtre d’une pièce prometteuse, au début, mais qu’un acte déplorable aura malheureusement inutilement dégradé. Au final, personne ne sera sorti grandi de cette séquence de la « politique d’avant ».

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